Eloge du blog TSF 36

  Le blog TSF36, inauguré en 2005,  est la première station de radio berrichonne qui s'écoute avec les yeux. Un concept très novateur qui lui permet d'être accessible aux sourds et aux malentendants. Et, comme il y a beaucoup d'images, elle est également accessible aux lecteurs qui ne savent pas lire.

C'est une station sans réclames et sans mauvaises nouvelles, ce qui est assez révolutionnaire dans le monde des media. Son but est de faire l'éloge de tout ce qui va bien dans le Berry ou ailleurs.
Un blog aussi élogieux est certainement, lui aussi, digne d'éloges.

                                                                            Isidore Ledoux, rédacteur en chef           
 

Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 22:14

Non, il n’y a pas que des horreurs bétonesques dans le centre de Châteauroux. Mais il est vrai qu’il faut s’être levé du bon pied, bénéficier d’un rayon de soleil (denrée rare ici comme ailleurs), lever le nez en l’air et ouvrir le bon œil pour (re)découvrir les trésors architecturaux devant lesquels on est passé mille fois dans la plus grande indifférence.

Ainsi, cet immeuble Art-Nouveau au 16 rue de la République, construit vers 1907, avec ses balcons en lignes courbes et sa profusion de sculptures florales. Certainement la plus belle façade de Châteauroux, qui mériterait une petite cure de rajeunissement.

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Et l'Hotel des Postes ! Bel exemple d’architecture Art-Déco. Œuvre de Louis Suard et Paul Guadet datant de 1928 . N’a-t-elle pas fière allure, cette proue de navire fendant l'espace et le temps ?

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Et pour terminer avec des fleurs, au 31 de la rue Victor Hugo, une superbe loggia avec mosaïques Art-Déco de 1923, des architectes Gaud et Grelier. Certainement le seul exemple de ce style dans la capitale du Bas-Berry ...

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Finalement, Châteauroux n’est pas une ville aussi moche qu’on le dit. Disons qu' elle révèle ses charmes discrets avec parcimonie ...

 

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 21:16

La rue de la gare de Châteauroux, artère ouverte en 1873, n’est peut-être pas d’une grande beauté architecturale, ni d’une folle gaité avec ses façades grises et ses commerces désertés. C'est la grande rue qui mène de la gare moche au hideux building. Pourtant il suffit de lever le nez en l’air par une belle matinée ensoleillée d’été, pour y (re)découvrir quelques petites merveilles : les guitardes !

On nomme ainsi ces lucarnes délirantes, œuvres d’ Hippolyte Moreau, dit Berry-la-Conscience, compagnon charpentier (1822 – 1900). Les ouvrages d’Hippolyte Moreau traduisent toutes les fantaisies et difficultés de son métier, et condensent, comme une sorte de testament, toute sa science du trait, c’est à dire du tracé des volumes en pénétration, apprise sur le Tour de France. 

Pour une description détaillée, voir ici :

http://www.actuacity.com/chateauroux_36000/monuments/

 

Voici donc ces fameuses maisons à guitardes, la plus spectaculaire étant celle qui fait l’angle avec la rue Ledru-Rollin :

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En descendant vers la gare, celle-ci n'est pas mal non plus :

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De même que celle-ci avec ses ardoises polychromes et son clocheton en spirale :

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Et la dernière, la plus modeste modeste, mais néanmoins sympathique :

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Un remarquable patrimoine local méconnu même des castelroussins, et qui mériterait d'être mieux mis en valeur ...

 

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Samedi 12 juillet 2014 6 12 /07 /Juil /2014 18:55

Souvenirs, souvenirs …  le Brownie Starluxe, l’appareil photo résolument moderne des années 1960. Un appareil simple, sans réglage, avec lequel tout le monde pouvait réussir des photos, même les femmes !

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La seule manipulation délicate était le changement du rouleau de pellicule, impérativement à l’ombre, sous peine d’avoir des photos « voilées ». Mais une fois le rouleau bien positionné et la languette bien fixée sur la bobine réceptrice, il suffisait de bien refermer l’appareil et on était prêt pour faire 12 photos format 4 x 4 que le photographe vous tirerait sur papier glacé au format 9 x 9 (avec marge) . On récupérait ses chefs d’œuvre dans une pochette en papier avec, à gauche, les négatifs coupés en bandes, et à droite les précieux tirages qu’on s’empressait de regarder avant de payer pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’anomalie.

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On pouvait, avec le Brownie Starluxe faire des photos en couleurs, ou des diapos, mais le commun des mortels se contentait du noir et blanc bien plus économique. Il y avait même sur cet appareil révolutionnaire un système de sécurité pour éviter la double exposition. L’obturateur ne s’armait que si on faisait avancer le film. Génial, non ?

Mais sa grande modernitude, c’est qu’il avait un flash incorporé. Il y avait à l’intérieur une pile de 22 volts et un condensateur pour griller les ampoules au magnésium (à usage unique !) qu’il fallait introduire dans le réflecteur. Comme ces ampoules valaient cher, il va sans dire qu’on en usait avec parcimonie.

Evidemment, le format carré, ce n’était pas idéal pour les paysages et le rudimentaire viseur, dans lequel on apercevait une minuscule image au bout d’un tunnel, ne permettait pas de cadrer avec une grande précision. Il arrivait donc de couper la tête à Tata Germaine ou le clocher de l’église de Nohant !

Quant à la qualité des photos obtenues … il ne fallait pas s’attendre à des miracles avec une optique aussi simpliste et peu lumineuse, mais il faut croire qu’elle satisfaisait l’utilisateur ordinaire. Vu la dimension des tirages, dont la taille réelle était de 78 x 78 mm, les défauts n’étaient guère visibles.

Voici quelques essais de numérisation à partir des négatifs de 1962, pour voir s’ils supportent l’agrandissement. On peut dire oui et non ... et inversement !

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 Mont Saint Michel (format carré respecté), très granuleux

 

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 Le phare de Ploumanac’h, (recadré)  le granit rose en noir et blanc, c’est pas terrible !

 

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 Calvaire de Plougastel-Daoulas, (recadré) assez bon piqué.

 

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Jeudi 10 juillet 2014 4 10 /07 /Juil /2014 21:34

Remontons encore plus loin dans le temps.

Voici un remarquable appareil high tech, sorti à la fin des années 1940 et qui est toujours en parfait état de fonctionnement, malgré sa grande complexité mécanique. Il est en effet constitué d’un corps en carton rigide, d’un oculaire pour l’œil gauche, d’un oculaire pour l’œil droit, et d’une sorte de tiroir muni d’un plastique translucide, permettant d’effectuer la mise au point avec une grande précision. La présentation ne faisait peut-être pas très riche, mais on sortait de la guerre et au moins c’était fabriqué en France !

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Les stéréofilms sont constitués de deux photos carrées au format 4 x 4 ce qui garantit une très bonne définition. Le descriptif de la vue est entre les 2 images afin de ne pas interférer sur l’une ou sur l’autre. Notez au passage la faute d’orthographe : le nom du patelin c’est Penmarc’h (tête de cheval en français !)

 

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Ces positifs existaient en noir et blanc ou en couleur, mais c’était beaucoup plus cher, et les touristes ordinaires se contentaient généralement des vues ordinaires en noir et blanc.

Il s’agissait simplement de tirages sur films argentiques montés en sandwich dans une enveloppe de rhodoïd afin d’assurer une certaine rigidité et de les protéger. Mais ça avait tendance à se gondoler.

 Il est très facile d’extraire les films de ce rhodoïd pour les mettre à plat et les numériser dans les meilleures conditions. On les remet ensuite en place sans dommages.

Vive l'analogique !

 

 Avis aux braves gens qui ont le même à la maison et qui croient posséder une fortune : actuellement ces appareils ne valent pas un clou ! Raison de plus pour commencer à les collectionner, ainsi que les vues qui vont avec.

Il y a de nombreuses marques et de nombreux modèles ayant différentes particularités. Jetez un oeil ici :

http://alpesstereo.chez.com/lestrade/resume/ColorBrugLestrade.html

Voilà une idée de collection originale et pas chère ! Dans un siècle, quand nos photos numériques seront retournées au néant, un stéréoscope en carton vaudra peut-être une fortune.

Le petit problème, c’est que nous aussi, serons retournés au néant …

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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 17:59

A l’intention des jeunes qui sont nés avec le numérique, voici une petite séquence nostalgique.

Dans les années 1950, le touriste ordinaire ne prenait guère de photos des lieux qu’il visitait. Tout au plus prenait-il une douzaine de photos en noir et blanc, car la pellicule était chère. Le sujet récurrent était bien entendu la femme et les enfants, avec en arrière plan un monument connu destiné à montrer qu’il était réellement allé à cet endroit. L'intérêt artistique ou documentaire de ces clichés était assez maigre et pourtant les albums de photos qu'on trouve dans tous les greniers en sont remplis.

Par contre, il était de coutume de rapporter des pays lointains des "stereocartes", une merveilleuse invention qui permettait de bénéficier de vues en couleurs et en relief à couper le souffle. C’était autre chose que les petits tirages en noir et blanc sur papier glacé.

Il fallait, pour les visionner, un appareil de haute technologie, nommé « stereoclic Brugière », qui, grâce à un astucieux système de tirette, permettait de faire défiler  8 vues en relief sans avoir à les changer une par une comme dans les anciens modèles de stéréoscopes. C’était un appareil révolutionnaire pour l’époque. Son seul inconvénient, c’est qu’il ne pouvait être utilisé que par une seule personne à la fois.

En voici un très rare exemplaire, tout en plastique fifties, avec sa boîte d’origine.

 

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Et une vue de la Tour Solidor d’une stereocarte (mais pas en relief, hélas !)

 

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En tout cas, 50 ans après, cet appareil fonctionne toujours parfaitement et les vues en relief ont gardé leurs couleurs d’origine. Qu’en sera-t-il dans 50 ans de nos milliers de photos numériques stockées sur des cartes mémoire, des clés usb, des disques durs, des DVDs ou hébergées dans le « cloud » ?

 Se seront-elles effacées à tout jamais ? Et existera-t-il encore des appareils pour les lire ?

Bien malin qui peut le dire …

 

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Dimanche 6 juillet 2014 7 06 /07 /Juil /2014 20:21

Les restaurants tibétains, ça ne court pas les rues en Bretagne. A vrai dire, celui de Rennes doit bien être le seul. Raison de plus pour tester le restaurant Dolma, situé rue Mélaine, petite rue piétonne bien connue, à deux pas du parc du Thabor. Cela offre une alternative providentielle à la galette-saucisse, la grande spécialité locale, variante rennaise du hot-dog, qu’on testera une autre fois.


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Le restaurant Dolma, c’est une salle minuscule au décor typiquement tibétain, où il est bon d’arriver tôt car il affiche rapidement complet, ce qui est d’ailleurs bon signe.

On peut y déguster les fameux momos, chaussons au bœuf (faute de yak) parfumés aux herbes et cuits à la vapeur, sous le regard bienveillant et malicieux du Dalai Lama dont le portrait orne le mur de l’établissement. Ce n'est pas mauvais du tout. Une musique douce et non intrusive agrémente l’ambiance sereine du lieu. Le service est fort aimable et la patronne, une authentique tibétaine, parle parfaitement français, ce qui est rare. Et les tarifs sont plus que raisonnables.


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C’est donc un petit restaurant à recommander, non pas en raison d’une expérience gastronomique exceptionnelle, mais plutôt pour une découverte inattendue dans la capitale de la Bretagne. Et parce qu'il a le mérite d'exister.

Vive le Tibet et la Bretagne libres !

 

                                                                                   Eugène Lemaigre

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Samedi 5 juillet 2014 6 05 /07 /Juil /2014 17:38

Qu’on aille à Saint Malo, à Quimper, à Tréhorenteuc, à Plounevez-Quintin, à Saint-Caradec-Trégomel, à Locmaria-Plouzané, à Lescouët-Gouarc, à Kernascléden, à Clocher-les-Bécasses (ville natale de Bécassine) ou à Plurien, il est bien rare de ne pas passer à Rennes, étant donné que cette grosse ville est à la croisée des chemins qui mènent vers ces localités bien connues.

La grosse ville en question que le touriste pressé contourne généralement afin d’être plus vite arrivé sur les plages ensoleillées de Bretagne ne mérite pourtant pas d’être zappée. Au milieu de ses boulevards périphériques, il y a une ville qui mérite le coup d’œil.

Le mieux est de se garer au parking des Lices, en plein centre, et de parcourir tranquillement le centre historique à pied. Une petite visite à la cathédrale qui ne paye pas de mine extérieurement, mais dont la décoration intérieure datant du XIX ème siècle est tout à fait surprenante avec ses dorures à profusion.

Ensuite, il suffit de se laisser guider par le hasard pour découvrir les rues bordées de hautes maisons à pans de bois peints de couleurs diverses et variées, les places envahies de terrasses de cafés (superbe, la Place Sainte Anne ) , les principaux monuments de style classique, dont le célèbre Parlement de Bretagne refait à neuf après l’incendie de 1994.

Un coup d’œil à la Piscine Municipale décorée de mosaïques d’Odorico. Odorico ? mais oui, le mosaïste qui a fait, entre autres, la maison bleue d’Angers. Il faudrait prendre le temps de découvrir toutes ses œuvres à Rennes et ailleurs.

Une visite s’impose au Parc du Thabor, le poumon vert de la ville. On peut y admirer une roseraie extraordinaire au sommet de sa forme au mois de Juin.

On réalise tout de même que Rennes est une grande ville au simple fait qu’en quelques heures on n’a pas le sentiment d’en avoir épuisé les curiosités. Il doit y avoir plein d’autres rues pittoresques où on n’est pas passé, des quartiers commerçants qu’on n’a pas vus, des détails insolites qu’on a ratés. Il faudrait y passer beaucoup plus de temps pour en cerner la personnalité qu’on a fait qu’entrevoir. C’est une ville qui ne se dévoile pas totalement la première fois et qui, par conséquent, donne envie de revenir.

Rennes, même rapidement survolée, laisse toutefois l’impression d’une ville jeune, dynamique, agréable à vivre.

On doit quand même y mettre quelques baies molles :

Certains quartiers sont en cours de démolition-réhabilitation, avec des palissades affreusement taguées du côté de la rue Saint Michel (dite rue de la soif) Il y a aussi les travaux pharaoniques de la future ligne de métro qui rendent certains coins invivables. Et il y a aussi la circulation, très dense, souvent agressive envers les pauvres étrangers qui ne sont pas dans la bonne file !  Et le temps qu’il faut pour sortir des banlieues tentaculaires et arriver enfin à l’autoroute salvatrice.

Mais c’est le lot commun à toutes les grandes villes. Et Rennes n’est certainement pas la pire à ce point de vue.

Ce n’est donc qu’un Kenavo , même si à Rennes on ne parle guère breton …

 


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Vendredi 4 juillet 2014 5 04 /07 /Juil /2014 09:48

A moins d’être un pigeon et aimer se faire plumer, à moins d’être un mouton (de pré salé) et aimer se faire tondre, le touriste avisé lira avec profit ce qui suit.

En effet le Mont Saint Michel, figurant parmi les lieux les plus touristiques de l’Hexagone, est aussi l’un des plus beaux pièges à touristes qu’on puisse imaginer. Ici tout est étudié pour soutirer le maximum de phynance aux touristes, principalement étrangers, vu qu’il ne s’agit pas d’une clientèle à fidéliser.

Voici donc quelques recommandations pour visiter ce site extraordinaire, sans choir dans aucun de ses pièges et sans y laisser sa chemise.

Tout d’abord, venez le matin de bonne heure, vers 9 heures par exemple, et de préférence hors saison, bien qu’il n’y ait pas vraiment de hors saison sur ce site qui attire les foules du monde entier toute l’année.

Il faut absolument arriver tôt afin de se garer pas trop loin du départ des navettes. Ceux qui arrivent tard devront se garer à l’autre bout de l’immense parking et faire 1 kilomètre à pied jusqu’aux navettes. Sachez toutefois que ce parking est payant et qu’il n’y a pas moyen d’y échapper. Les navettes par contre sont gratuites et … bondées, mais le trajet ne dure que 10 minutes.

Une fois arrivé au pied du Mont, on est accueilli par des grues, des pelleteuses et autres camions.

C’est très moche, mais il s’agit du grand chantier pour rendre au Mont son caractère maritime. Ce sera beaucoup plus chouette une fois les travaux finis, en principe en 2015, quand le superbe pont-passerelle sera en service et l’ancienne route supprimée.

Entrez par la grande porte et prenez la rue qui monte (il n’y en a qu’une), une rue étroite grouillante de Nippons (armés seulement de Nikons,  pas de sabres de samouraïs) N’ayez pas peur, ils ne sont pas agressifs. De part et d’autre de cette rue, on trouve une impressionnante concentration des magasins de souvenirs, genre boule à neige en plastique avec le mont Saint Michel, ou carrément la Tour Eiffel, et autres magnifiques objets d’art fabriqués en Chine, que rapporteront avec fierté les précités Nippons. On trouve également une impressionnante concentration de restaurants, affichant à peu près tous les mêmes menus, traduits en japonais, issus de chez le même imprimeur. En ces lieux, la malbouffe et le coup de bambou sont de règle, surtout ceux qui ont une terrasse avec vue sur la baie. Evitez surtout le célèbre « Mère Poulard ». On ne peut pas le rater, car c’est le premier à gauche en entrant sur le Mont et le plus tape-à-l’oeil. C’était jadis un établissement réputé pour une omelette soufflée extraordinaire, qui s’est maintenant transformé en arnaque très lucrative. En général les pigeons ne se font plumer qu’une fois, mais comme le nombre des pigeons est infini, la Mère Poulard a encore de beaux jours en perspective. Contentez vous de jeter un œil à la mise en scène théâtrale des cuisiniers en costume du XIX ème siècle battant en cadence les œufs dans des récipients en cuivre et cuisant lesdites omelettes au feu de bois dans des poêles à long manche. Ici l’omelette baveuse se négocie au prix du caviar. Prenez juste une photo (ça c’est gratuit) et fuyez !

Quelques mètres plus loin, vous trouverez une bonne crêperie, pas visible de la rue, mais signalée par une enseigne « La Sirène ». Passez par le magasin de souvenirs et montez à l’étage pour accéder à une jolie petite salle avec boiseries et vitraux. Les galettes sont bonnes, le service est aimable et le tarif est très modique.

En partant, profitez également des toilettes gratuites de ce sympathique établissement, car partout ailleurs elles sont payantes !

On passe aussi devant quelques pseudo musées où des types bien sapés font du racolage pour vous proposer une visite groupée de quatre « musées » totalement nuls au prix imbattable de 18 € par personne. Passez votre chemin et gravissez le grand escalier qui mène directement à l’Abbaye. Bon, d’accord, là il faudra payer 9 € pour la visite mais ça les vaut largement, surtout avec un guide conférencier (pas un idioguide !) qui est un passionné et qui fait preuve d’humour, autrement dit un guide spirituel.  Quand on a la chance d’être un groupe pas trop nombreux, la visite est passionnante. Et on ne peut que s’émerveiller devant la Merveille.

Après cette visite incontournable, on pourra faire une agréable promenade sur les remparts, admirer les étendues infinies de sable qui entourent le Mont, entrer dans la petite église paroissiale bien entretenue et mettre un cierge devant la statue de Saint Michel terrassant le dragon. Il n’a hélas pas terrassé le dragon du commercialisme qui s’est impudemment installé au pied de l’abbaye.

Pour quitter les lieux, il faudra repasser par la petite rue qui cette fois descend, en jetant un regard amusé sur les marchands du temple proposant leurs cochonneries pour touristes, mais sans rien y acheter. Un dernier regard compatissant sur les terrasses bondées des malboufferies pour touristes auxquelles on a échappé, puis si on y tient vraiment une petite balade pieds nus sur le sable boueux de la baie, en évitant les sables mouvants et le retour de la marée qui, selon Victor Hugo,  arrive  à la vitesse d’un facteur à vélo.

Il ne reste plus qu’à se diriger vers la station des navettes et à rejoindre par ce moyen le parking où votre véhicule vous attend sagement.

Vous aurez ainsi évité les pièges du Mont Saint Michel et vous en rapporterez seulement le souvenir d’un lieu exceptionnel. C’est un pèlerinage qu’il faut avoir fait une fois dans sa vie.

 

 

 

P.S. Un cierge également pour « Trip Advisor » sans qui j’aurais certainement perdu quelques plumes !

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Jeudi 3 juillet 2014 4 03 /07 /Juil /2014 22:59

S’il est un site grandiose sur les côtes bretonnes, c’est bien le cap Fréhel, ce promontoire de grès rose plongeant à pic dans la mer, soixante-dix mètre en contrebas. Il y a là un grand phare, toujours en activité, et pas seulement pour décorer, seul témoin d’une activité humaine en ce lieu où la nature resplendit.

Le rose des rochers, les bleus-verts de la mer, le mauve de la bruyère et le jaune des ajoncs composent une étonnante symphonie de couleurs. Certainement qu’à d’autres périodes de l’année les couleurs sont différentes, mais en juin c’est un véritable ravissement pour les yeux. A côté de ces immenses étendues polychromes, les quelques vestiges de lande de Crozant qu’on essaie de conserver font bien pâle figure.

Seule une terre pauvre battue par les vents et le sel peut empêcher la lande de dégénérer en forêt. Aucun arbre ne peut pousser dans de telles conditions et c’est tant mieux.

Sur un rocher inaccessible près de la pointe, on pourra observer la réserve d’oiseaux de la Fauconnière où s’ébattent des milliers d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.

Il est conseillé pour profiter pleinement du site de suivre le sentier de randonnée qui longe la côte jusqu’au Fort-la-Latte, un bel édifice moyenâgeux bien restauré, très agréable à visiter, qui a servi de décor à plusieurs films célèbres (Les Vikings, Chouans).

Petit conseil aux touristes qui viennent au Cap Fréhel : prévoyez de bonnes chaussures de marche pour randonner sur un des plus beaux sentiers dont on puisse rêver. N’oubliez pas le sac à dos et un sandwich dedans car il n’y a pas le moindre restaurant à des lieues à la ronde. Même pas une boutique de souvenirs ! C’est d’ailleurs une excellente chose que ce site exceptionnel ait été préservé de toute activité commerciale.

Seul le parking est payant : 2 € mais c’est une très modeste contribution à la protection de la faune et de la flore. Et vu la qualité du spectacle, on en a pour son argent !

 


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Jeudi 3 juillet 2014 4 03 /07 /Juil /2014 16:52

De Dinard à Saint Malo, il n’y a que l’estuaire de la Rance à traverser. Certes on peut y aller en auto, mais ça oblige à faire un grand détour et à passer sur le barrage de la célèbre usine marémotrice, souvent très encombré et même parfois coupé pour laisser passer les bateaux.

Il est beaucoup plus simple et rapide d’emprunter le bus de mer qui pour un prix modique vous mène tout droit au cœur de la Cité corsaire en échappant aux servitudes automobiles.

Saint Malo contraste fortement avec Dinard, car ici ce ne sont que des rangées de hautes maisons grises en granit, presque toutes semblables. Il paraît que Saint Malo a été presque entièrement détruite pendant la dernière guerre, et reconstruite à l’identique. Chapeau !

La première chose à faire après avoir débarqué est de faire le tour des remparts, une promenade fort agréable où on découvre sans cesse de nouveaux paysages : le port de commerce, la ville intra-muros, les plages, les îles, au loin Dinard et toujours la mer émeraude, sa couleur réglementaire. Lorsque la mer est basse, un pèlerinage s’impose sur l’île du Grand Bé, là où Chateaubriand a voulu être enterré pour avoir une paix royale, ce qui n’est certainement pas le cas en période estivale ! Partout sur l’île, les genêts en fleurs contrastant avec le bleu-vert de la mer inspirent de magnifiques tableaux pour les peintres et de jolies photos pour les nuls …

Les mouettes sonorisent tout cela de leurs chants harmonieux (?)

Les rues commerçantes de la ville sont fort animées et l’hypercentre (près du Château) est le coin le plus agréable avec ses nombreuses terrasses de restaurants où on peut déguster des fruits de mer bien frais ou des galettes bien chaudes. Bref, Saint Malo, malgré son aspect un peu austère, n’est pas une ville où on meurt de faim.

Eugène Lemaigre a testé une choucroute de la mer au Café de l’Ouest et s’en est déclaré satisfait. Par contre, méfiance pour ce qui concerne l’interminable alignement de terrasses de la rue Jacques Cartier (dite rue de la faim), affichant toutes à peu près le même menu et les mêmes tarifs à l’intention des touristes, principalement anglais qui pullulent en ces lieux.

Il y a d’ailleurs quelques pubs anglais à Saint Malo où l’on peut se faire servir une Guinness pression bien fraiche si on est en mal d’exotisme.

Pour conclure (brillamment) , on peut dire  que Saint Malo est une ville très chouette !



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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 22:40

Quand on a la chance de vivre dans le 36, on se dit qu’il serait dommage de ne pas aller jeter un œil dans le 35 distant seulement d’une unité sur la liste des départements. Il suffit pour cela d’un petit clic pour être téléporté dans le 35, autrement dit l’Ile et Vilaine.

Et c’est ainsi qu’on se retrouve, comme par magie,  à Dinard, la perle de la côte d’Emeraude …

Contrairement à ce qu’on craignait, le nord de la Bretagne, ce n’est pas le grand nord et la Manche, ce n’est pas l’océan glacial arctique. On n’y voit pas de banquises ni le moindre pingouin. On peut donc y aller sans crainte, vêtu normalement. On est même surpris, en arrivant, de découvrir une mer couleur émeraude, un ciel d’azur, et des palmiers partout sur la côte. On se dit « ce doit être Saint Trop, j’ai dû me tromper de direction » Et pourtant on est bien en Bretagne.

Dinard est une élégante station balnéaire qui a connu ses heures les plus glorieuses autour de 1900. Les villas cossues de la fin du XIX ème siècle et du début XX ème y abondent, construites par des gens très fortunés, dont beaucoup d’anglais, avec pour unique destination la contemplation du paysage marin. La mer, toujours recommencée …

Il suffit de se promener sur les promontoires naturels que sont la Pointe du Moulinet et la pointe Malouine pour admirer ces villas juchées en bord de falaise, bénéficiant de vues qui demeureront à jamais imprenables. On y trouve toutes les fantaisies architecturales. Ce sont parfois de véritables châteaux, avec tourelles, clochetons, terrasses, entourés de palmiers, de camélias, d’hortensias.  Les heureux propriétaires de ces séjours idylliques, en plus de bénéficier du spectacle toujours changeant de la mer,  désiraient aussi que leur richesse fût visible de tous.

Toutes ces villas 1900 au luxe ostentatoire et parfois un peu kitsch sont aujourd’hui classées monuments historiques et contribuent en grande partie à faire le charme de Dinard.

Une chose étonnante, néanmoins : on ne trouve nulle part de référence à Eric Rohmer, pas une rue à son nom, pas une plaque commémorative, pas une statue. On trouve par contre, sur la plage de l’Ecluse, une statue d'Alfred Hitchcock qui n’a jamais tourné à Dinard ! Rohmer a pourtant immortalisé Dinard dans un merveilleux film « Conte d’Eté » où il a si bien capturé la lumière particulière de l’endroit. Evidemment, tout le monde n’aime pas le cinéma de Rohmer. Pour le commun des mortels, ce sont de petits films à petit budget, futiles et bavards, avec des acteurs peu connus. Il faut pourtant y regarder d’un peu plus près.

Dans Conte d’été, les promenades du bord de mer sont merveilleusement filmées et si l’histoire gentillette (quoique fort bien écrite) ne vous passionne pas, vous pouvez toujours visionner le film sans le son pour n’en retenir que les belles images de Dinard capturées par un authentique artiste du 7 ème art.

Par la suite, le jeu consistera à aller reconnaître sur place les lieux où ont été faites les prises de vues. Rien n’a changé ou presque depuis 1996. C’est juste nous qui avons changé …



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Samedi 21 juin 2014 6 21 /06 /Juin /2014 21:32

Jadis, le touriste berrichon qui allait à Crozant, dans la Creuse, avait la nette impression de franchir une frontière, de passer dans un pays étranger, de s’aventurer dans une jungle inhospitalière peuplée de quelques tribus sauvages ne parlant même pas berrichon.

Maintenant que la frontière est tombée, tout ceci a bien changé et on peut enfin se promener sereinement à la frontière du Centre et du Limousin sans aucune crainte. On se sent enfin chez soi en Limouchentre !

Crozant, naguère ville frontière un peu renfrognée, semble maintenant plus accueillante pour les touristes, bien qu’en juin, il n’y ait pas un chat dans les rues. Ils ne viennent qu’à la mi-Août !

Mais le coin est très chouette, très fleuri. La vallée de la Sédelle, agrémentée de ses vieux moulins,  est un havre de paix et de fraicheur. Le site du confluent, surmonté de ses ruines romantiques est un des plus beaux sites dont on puisse rêver.

A quoi bon voyager au bout du monde, quand on a tout çà près de chez nous ?

Cette année, c'est décidé, je passe mes vacances en Limouchentre !




 

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Vendredi 20 juin 2014 5 20 /06 /Juin /2014 13:25

On peut en penser ce qu’on veut, mais il faut bien reconnaître que notre bien aimé Président a de nombreuses cordes à son arc : le football, le scooter et … le découpage.

Le nouveau découpage régional de notre bel hexagone est, dans son ensemble, un pur chef d’œuvre, notamment pour ce qui concerne notre belle région Centre qui devient la plus grande région de France par l’annexion du Poitou-Charente et du Limousin. Comme Centre-Limousin-Poitou-Charente, ça fait un peu long, on l’appellera Limouchentre pour simplifier, d’autant plus que ce néologisme est très beau et très agréable à l’oreille.

Ainsi donc, le Berry qui se trouve au centre de cet hypercentre, va devenir encore plus central qu’il ne l’était avant, ce qui n’est pas peu dire. Les berrichons y gagnent non seulement une façade maritime, mais aussi un peu de montagne avec une partie du Massif Central. La Rochelle sera désormais beaucoup plus proche. On pourra maintenant y aller, avec beaucoup plus de facilité, pour déguster un plateau de fruits de mer sur le vieux port. On pourra aussi aller cueillir des myrtilles du côté de Tulle et peut-être y voir notre bien aimé Président qui y a des racines.

Mais, le plus beau dans tout çà, c’est que la capitale du Limouchentre sera logiquement déplacée dans la ville la plus centrale de la nouvelle mega-région. Exit Orléans,trop au nord. Exit Tours, trop à l’ouest, Exit Limoges, trop au sud … Le choix logique se portera donc sur Châteauroux, ainsi qu’on peut le constater sur la carte.

Une nouvelle ère de prospérité s’annonce donc pour notre bonne ville. Elle est pas belle, la vie ?

Vive le Limouchentre !

 

Capture-d-ecran-2014-06-20-a-12.55.00.png

 

PS une petite larmichette, cependant, pour nos amis bretons, qui dans cet admirable découpage, ne récupèrent pas la Loire Atlantique et Nantes, pourtant capitale historique de la Bretagne. Snif !

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Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 15:42

pelle-de-plage.jpg

Pas sûr que ce soit correct e Brezhoneg, mais voici une pelle (du 18 Juin) de plage qui pourra toujours servir à faire des jolis châteaux de sable sur les plages bretonnes ...

 

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Vendredi 13 juin 2014 5 13 /06 /Juin /2014 00:01

Les mardis 20 seraient-ils aussi bénéfiques que les vendredis 13 ? Je serais tenté de le croire.

En effet, trouver dans une boutique de bretonneries pour touristes,  un bol en faïence de Quimper authentique made in Breizh, bien que ce ne fût pas un vendredi treizh, et de plus avec un prénom aussi peu courant, vous avouerez que c'était un sacré coup de bol !

 

photos-2014-0014.jpg

 

                                           

                           Izhidaor Ledoux

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Sans langue de bois

Le 5 septembre 2010, Isidore Ledoux, rédacteur en chef de TSF 36 se livrait en toute sincérité à une interview d'Anselme Grattefeuille, afin de répondre sans détours aux interrogations légitimes de ses lecteurs. Les nouveaux lecteurs pourront se référer à ce texte fondateur qui est toujours, et plus que jamais, d'actualité :

Une interview d'Isidore Ledoux, rédacteur en chef de TSF 36

 
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