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Eloge d'Angers

Publié le par TSF36

Angers, d’après une enquête récente, serait paraît-il classée en tête du palmarès des villes où il fait bon vivre. Que ce classement soit ou non objectif, peu importe. Mais quand on quitte Guéret pour arriver à Angers, on a la nette impression d’atteindre des sommets pour ce qui est de la qualité de vie !

Angers, c’est grand (plus grand que Guéret !) mais pas immense. C’est très vivant, très commerçant et très jeune. Le cœur de ville, c’est un carré, balisé par des monuments et des artères bien reconnaissables, dans lequel on se repère facilement et où on ne risque pas trop de se perdre après y avoir flâné quelques heures le nez en l’air.

A défaut d’unité, on y trouve tous les styles architecturaux, du moyen âge au contemporain qui se mêlent joyeusement.

Il y a d’abord les maisons à pans de bois ; la plus remarquable est la maison d’Adam, reconnaissable à ses personnages sculptés, dont un qui montre aux passants ses … bonnes manières.

Il y a ensuite les superbes immeubles Haussmanniens de l’hyper centre, le magnifique Grand Théâtre de la Place du Ralliement et quelques exemplaires du style Art Nouveau tout en courbes, rappelant un peu ceux de Gaudi à Barcelone, toutes proportions gardées.

Et il y a enfin la Maison Bleue, chef d’œuvre de l’Art Déco avec sa façade en béton entièrement recouverte de mosaïque et ses balcons à cannelures dorées. Il paraît que l’intérieur est tout aussi remarquable.

 

La cathédrale, de style Plantagenet est assez chouette et mérite le coup d’œil.

Quant au château du bon Roi René, c’est évidemment le monument incontournable de la ville, même s’il peut paraitre un peu mastoc avec ses tours zébrées ressemblant aux tours de refroidissement d’une centrale nucléaire. On regretterait presque que Viollet-le-Duc ne soit pas passé dans le coin et n’ait pas décidé de les coiffer de jolis chapeaux pointus ! Mais si on va au château, c’est principalement pour admirer la tenture de l’Apocalypse, chef d’œuvre absolu, qu’il faut découvrir en visite guidée pour l’apprécier vraiment. La vaste galerie, construite pour l’abriter, est faiblement éclairée, pour d’évidentes raisons de conservation, mais après quelques minutes on s’accoutume à la pénombre et on peut admirer les riches couleurs de cette BD de plus de 100 mètres, dont le scénario a été écrit par un dénommé Saint Jean il y a 20 siècles, mais qui est toujours d’actualité, comme nous l’a répété le guide conférencier. D’ailleurs « apocalypse » n’est pas synonyme de « fin du monde » mais de « révélation » et on voit qu’à la fin les méchants sont punis et que le Bien triomphe. Happy end !

 

Après les nourritures spirituelles, un détour s’impose par un autre monument incontournable d’Angers : la boulangerie des Carmes où on peut trouver de sublimes brioches moelleuses et des croquants caramélisés à se damner. Comme quoi de la tapisserie à la pâtisserie, il n’y a qu’un pas. Il suffit de traverser le pont sur la Maine, petite rivière qui – n’ayant rien d’autre à faire -  se jette dans la Loire quelques kilomètres plus bas.

 

Angers est une ville très verte et riche en jardins d’agrément, contribuant grandement à sa qualité de vie. Un petit tour au Jardin du Mail et au Jardin des Plantes suffira pour s’en convaincre. Le premier est un jardin à la française, très géométrique avec un magnifique kiosque et une fontaine monumentale comme à Versailles ; le second est un jardin l’anglaise, tout en courbes irrégulières avec un lac et un petit ruisseau glougloutant. Un véritable petit paradis avec des magnolias, des camélias, des rhododendrons polychromes buissonnant dans tous les coins et des zozios chantant à tue-tête.

 

Mais, après cet intermède bucolique, retour à la culture avec le musée Jean Lurçat et de la tapisserie contemporaine, qui est l’autre lieu incontournable d’Angers. L’œuvre monumentale de Jean Lurçat intitulée le Chant du Monde est exposée dans une vaste salle gothique très lumineuse. C’est le pendant contemporain de l’Apocalypse, tout aussi sublime quoique de style totalement différent. Il faut s’aider de la notice fournie à l’entrée pour comprendre quelque chose à cette œuvre symboliste assez complexe. Ou alors on peut laisser de côté les explications et se laisser emporter par le graphisme et les couleurs éclatantes. Un voyage psychédélique sans substances illicites …

 

Un dernier petit musée avant de quitter la région ? Bon, alors ce sera le Musée de la Communication, à 10 kilomètres d’Angers, au château de Pignerolle. La rencontre miraculeuse d’un lieu et d’une collection, celle de Guy Biraud, collectionneur passionné  qui passa une bonne partie de sa vie à rassembler et restaurer le patrimoine technologique lié à la communication, notamment la radio. Il ne s’agit pas du tout d’un musée classique, puisqu’il a été conçu principalement à l’intention des jeunes afin de faire découvrir d’une manière ludique tout ce qui a précédé notre monde où on communique à outrance sans vraiment communiquer.

Cela commence par l’imprimerie, l’électricité, le télégraphe, le téléphone. Puis la radio sous toutes ses formes avec des centaines d’appareils plus rares les uns que les autres. Une vitrine est même dédiée aux postes bizarroïdes. Puis au 3 ème étage, on entre dans l’espace Jules Verne et Science Fiction avec une étonnante reconstitution des appartements du Capitaine Nemo. On termine même dans l’étrange avec la présence d’ extraterrestres. L’imaginaire se mêle à la science dans ce musée extraordinaire. La boucle est bouclée et ainsi s’achève ce court reportage en terre angevine.

 

 

 

 

P.S. Un dernier mot sur la prétendue « douceur angevine » un argument publicitaire inventé par un dénommé Joachim du Bellay. C’est totalement surfait. Quand il pleut à Angers, la pluie est peut-être douce, mais aussi mouillée qu’ailleurs. Et quand le soleil décide de rester caché, la luminosité n’est pas idéale pour faire de belles photos, ce qui explique le manque de netteté sur certaines prises de vues.

Pas de photos des tapisseries de l’Apocalypse, car l’éclairage est trop faible et le flash est (heureusement) interdit. Mais on en trouve à profusion sur le net, et en excellente qualité.

Publié dans Pays lointains

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Guéret : des bas et des hauts

Publié le par TSF36

La ville de Guéret, il faut bien l’avouer, est une ville assez désespérante, où non seulement on ne passerait pas ses vacances, mais où on ne séjournerait même pas plus d’une journée sans avoir le moral au plus bas. Et cette impression s’accentue à chaque visite. Le dernier restaurant sympathique de la rue piétonne, une crêperie bretonne en l’occurrence, vient de fermer ses portes. Sans doute une faillite.  Partout dans le centre-ville, ce ne sont que  commerces fermés en attente d’improbables repreneurs. Pas un chat dans les rues, même un samedi matin. Près du plan d’eau de Courtille, l’unique restaurant a été victime d’un incendie et c’est maintenant un spectacle de désolation, avec ses gravats et ses poutres calcinées entourés de barrières de sécurité.

Certes, à Guéret comme partout, il y a des zones commerciales péri-urbaines avec leurs enseignes nationales et leurs magasins en forme de boîtes à chaussures. Les guéretois peuvent au moins consommer et survivre dans ce qui sert de préfecture à la Creuse…

C’est pourquoi, pour échapper à la déprime, on quitte Guéret sans regret en direction du Sud pour prendre un peu de hauteur.

Les monts de Guéret sont beaucoup plus accueillants par une belle journée de printemps propice à l’ascension du Puy de Gaudy, à 651 mètres d’altitude. On peut se garer gratuitement sur le parking du sanatorium de Sainte-Feyre, un grand établissement médical situé dans un cadre idyllique avec un joli plan d’eau et des rhododendrons. Ce doit être un vrai bonheur d’y être hospitalisé. 

Mais mieux vaut quand même juste passer devant, en bonne santé, et suivre le sentier de randonnée bien balisé qui mène au sommet du Puy de Gaudy. On traverse une zone boisée de sapins avant d’atteindre le plateau dégagé qui, par temps clair offre une vue sur les Monts d’Auvergne en direction du sud. Par temps brumeux, on a une vue sur pas grand chose, mais on s’est dégourdi les jambes, et aéré l’esprit, ce qui n’est déjà pas si mal. On peut aussi admirer un  dolmen et des vestiges mérovingiens en ce lieu insolite. Il y a aussi une jolie table d’orientation en couleurs, qui permet de n’être pas déboussolé après cette ascension à couper le souffle.

On peut redescendre par le même chemin ou, moyennant quelques kilomètres supplémentaires,  par l’autre côté pour rejoindre le point de départ, le parking gratuit du sanatorium. Ce qui permet de dire que cette agréable randonnée est d’un excellent rapport qualité/prix.

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Publié dans Pays lointains

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Eloge de Plaimpied (Cher)

Publié le par TSF36

Encore un obscur village, situé à 12 kilomètres de Bourges, où on ne passerait pas ses vacances, mais qui mérite bien un petit crochet pour visiter l’église abbatiale. On peut entrer dans l’église de Plaimpied, vu qu’il n’y a pas d’escalier !

C’est une harmonieuse construction romane bien éclairée par de hautes fenêtres, mais l’intérêt principal du lieu, c’est les superbes chapiteaux sculptés du XII è siècle. Ils ne sont pas peinturlurés comme ceux du Poitou mais ils sont d’une grande finesse. On peut y admirer tout un bestiaire de créatures monstrueuses, des sirènes, des atlantes, des diablotins, et même des chats (sujet rarement représenté). Mais le clou est une « Tentation du Christ » d’une finesse exceptionnelle, de la sculpture HD en quelque sorte.

A l’entrée, quelques panneaux pédagogiques informent les ignorants sur la symbolique de ces représentations, qui devait être aussi claire pour les croyants de ces temps très anciens que peuvent l’être pour nous les symboles de la signalisation routière.

Ce qui n’empêche pas l'horrible mécréant que je suis d’aimer ces œuvres naïves d'artistes anonymes ...

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                                                               La tentation du Christ

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                                                                      Monstres dévorateurs

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                                                           Bestioles non identifiées

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                                                                     Trio de chats

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                                                                                      Sirène

Pour en savoir beaucoup plus sur l'église de Plaimpied , je vous renvoie à cet excellent site.

Publié dans Berrichonnitude

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Vulnerant omnes Ultima necat

Publié le par TSF36

A la demande générale, voici la fameuse pendule de l'ORTF.

Souvenirs, souvenirs ...

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Il s'agit de l'authentique pendule Houriez, inaugurée à Noël de 1959, qui était diffusée avant le début des émissions. (présentée au musée de l'ACHDR)

C'est une authentique oeuvre d'art.


Pour voir cette superbe pendule en fonctionnement, cliquez ICI

 


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