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Eloge de Crozant

Publié le par TSF36

Sil fallait voter pour élire le plus beau chemin de l’Indre, nul doute que je voterais sans hésitation pour celui qui part de la plage de Fougères pour rejoindre Crozant dans la Creuse, juste de l’autre côté de la frontière indrienne. Un sentier magique qui longe le lac d’Eguzon aux paysages sans cesse renouvelés au gré du temps et des saisons, même pour le randonneur qui l’a cent fois parcouru.

Il traverse d’abord une lande de bruyère, de genêts, d’ajoncs, de fougères avant de plonger dans de frais sous-bois de châtaigners que sonorisent pinsons, mésanges, merles et rossignols, puis de franchir sur de frêles passerelles – ou parfois à gué - les ruisseaux glougloutants qui se jettent dans le lac. Le chemin est parsemé d’embûches et de rochers granitiques ; tantôt il joue les sentiers de montagne avec des pentes à couper le souffle, tantôt il redescend vers une plage sableuse qu’il longe paresseusement avant de remonter jusqu’au rocher de la Fileuse, sublime chaos granitique surplombant un gouffre vertigineux. Il y a un moelleux banc en bois pour se reposer de la bonne fatigue du sentier et admirer la boucle harmonieuse que forme la confluence de la Creuse et de la Sédelle, admirer aussi le promontoire orné de ruines romantiques que George Sand affectionnait particulièrement.

Il faudra ensuite descendre jusqu’à Crozant, haut lieu de la peinture impressionniste, en admirant au passage d’étranges sculptures modernes : la sphinge, la chouette, les grenouilles. On aura alors une vue sur l’autre côté des ruines. Une déambulation dans la forteresse s’imposera, bien que l’entrée soit payante, mais 2 roupies creusoises, ce n’est pas la ruine ! Il faudra, pour retourner au point de départ de Fougères, emprunter le même chemin (et le rendre à l’arrivée). Mais ce sera encore un double bonheur de parcourir les mêmes paysages sous l’angle opposé.

Ces lieux secrets et enchanteurs ne sont, Dieu merci, pas encore trop envahis par le tourisme de masse. C’est pourquoi j’évite d’en parler. Et je compte d’ailleurs sur la discrétion de mes lecteurs pour ne point les divulguer …

 

 

 

http://vimeo.com/76890756 

Publié dans Berrichonnitude

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Eloge d'Issoudun

Publié le par TSF36

Rares sont les touristes qui visitent Issoudun, petite ville injustement méconnue car située en dehors des grands axes, et devenue synonyme d’ennui provincial et de mochitude.

Et pourtant …

A Issoudun, il y a des vieux quartiers moyenâgeux qui ne sont pas jeunes.

A Issoudun, il y a un très beau musée, nommé Musée Saint Roch, avec des vieilles choses dedans.

A Issoudun, près du musée, passe un grand fleuve qu’on appelle la Théols.

A Issoudun, sur la Théols, il y a des canards qui parlent berrichon.

A Issoudun, au dessus de la Théols, il y a un petit pont très antique qui, chose étonnante et remarquable, permet de passer à pied sec d’une rive à l’autre et réciproquement.

A Issoudun, le long de la Théols, il y a un Parc François Mitterand dont l’herbe est verte et non pas rose.

A Issoudun, juste à la sortie de la ville, il y a de jolies éoliennes blanches dans les champs de blé qui tournent au moindre vent pour agrémenter les étendues monotones de la champagne berrichonne.

A Issoudun il y a une Tour Blanche dont la blancheur est immaculée.

A Issoudun, du haut de la Tour Blanche, il y a une très jolie vue sur les éoliennes blanches, sur les vieux quartiers qui ne sont pas jeunes, sur le musée Saint Roch, sur le Parc François Mitterand, sur la Théols, sur les canards.

A Issoudun, en redescendant de la Tour Blanche,  il y a un chat gris qui vous sourit, comme le chat du Cheshire de Lewis Carroll…


 

 

Publié dans Berrichonnitude

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Eloge du renard porte-parapluie

Publié le par TSF36

On trouve certes beaucoup de vieux (ou jeunes) renards sur les brocantes, qui déambulent dès l’aube à l’affut de la bonne affaire, l’œil aux aguets, la truffe au vent, l’oreille dressée et la queue là où elle doit être.

Mais ce qui est beaucoup plus rare, c’est de trouver un renard porte-parapluie.

Cet objet étonnant, vu à la brocante d’Aubigny-sur-Nère, charmante petite ville de la Sologne berrichonne, est la preuve qu’un animal dit nuisible, une fois naturalisé peut devenir un animal fort utile, moyennant une adaptation à sa nouvelle fonction post mortem. Encore une remarquable invention du génie berrichon ; plus fort encore que l’écureuil casse-noix.

Nul doute que l’acheteur qui installera ce porte parapluie dans son entrée impressionnera vivement ses visiteurs et donnera la preuve définitive qu’il est un homme aux goûts raffinés.

 renard

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Eloge de la TSF et de l'Alsace

Publié le par TSF36

Quel rapport y a-t-il entre la TSF et l’Alsace ? me direz-vous. A priori, aucun pour le commun des mortels. Cependant pour les membres de la secte des adorateurs de la TSF, l’Alsace est, depuis des lustres - et même des lampadaires, le lieu de pèlerinage incontournable qu’il faut faire une fois dans sa vie et plus si affinités. Plus précisément, c’est Riquewihr, un des plus beaux villages de France  qui est la Mecque des radiophiles. La Bourse internationale de la TSF, cette Grand Messe de la radio ancienne y a lieu tous les ans début mai.

Pour les gens qui ne sont pas radiophiles, c’est à dire les gens « normaux », Riquewihr mérite aussi largement le voyage. Malgré mon chauvinisme Berrichon, je dois reconnaître que c’est encore plus beau que Bouesse, La Pérouille et Méobecq réunis. En tout cas c’est nettement plus touristique si on en juge par le flux permanent de cars y déversant (entre autres étrangers pas du pays) des hordes de nippons bardés de Nikons. Peu de berrichons bardés de baluchons, par contre …

On ne se lasse pas de déambuler dans ce décor d’opérette aux maisons couleur pâte d’amande, bleu roi, rose pastel et autres couleurs improbables.

On ne se lasse pas d’admirer les balcons fleuris de géraniums, les voûtes de glycines au dessus des portes cochères où sont gravées, d’une calligraphie étrange, dans le grès rose les dates de la construction.

On ne se lasse pas du chant mélodieux des cigognes nichant sur les toits inaccessibles.

On ne se lasse pas des bretzels tous frais sortis du four.

On ne se lasse pas des tartes flambées, des baekoffas, des choucroutes, du munster au cumin et des tartes à la rhubarbe.

On ne se lasse pas du riesling, du sylvaner, du gewürztraminer, du crémant d’Alsace, du pinot gris, du muscat, des vendanges tardives, du kougelhof glacé au marc de gewurtz.

On ne se lasse que des anaphores…

 

Place donc aux images de ce qui constitue l’événement majeur de ce beau mois de mai 2012 et dont les média n’ont hélas pas fait mention, trop occupés qu’ils étaient avec d’autres évènements futiles et anecdotiques :


 

 

Publié dans Pays lointains

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