Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Minuscule éloge de Combleux (Loiret)

Publié le par TSF36

Combleux, minuscule village de mariniers à l’est d’Orléans. Juste quelques maisons coincées sur une presque île entre la Loire et le Canal. Quelques passerelles pour passer d’un bord du canal à l’autre. Des fleurs partout. Une vieille auberge près de l’écluse avec une terrase accueillante pour écluser un godet.

Un hâvre de paix à quelques lieues seulement des encombrements automobiles et de l’agitation de la grande ville…

Une poubelle poétique le long du canal en quatrain d’octosyllabes à rimes embrassées (a-b-b-a). Le val de Loire est le pays des poètes. Hélas, il y a une erreur de versification, qu’on pourrait corriger à peu de frais ...

DSC02706.jpg

 

DSC02711.jpg

 

DSC02714.jpg

 

DSC02715.jpg

 

DSC02716.jpg


Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost0

Au bord de l'eau

Publié le par TSF36

La Loire, grand fleuve sauvage. L’eau est haute encore. Le courant est rapide. Des remous et des tourbillons pour dissuader les frêles esquifs de s’y aventurer. Des bancs de sable peuplés de mouettes et de sternes. Il y a aussi, paraît-il, des castors, mais on ne les voit pas. Une chute de neige cotoneuse venue des peupliers. Le parfum capiteux des acacias en fleurs sur le sentier longeant le fleuve.

Le Loiret, un petit affluent bien paisible du grand fleuve sauvage précité. Des vieux moulins bien restaurés. De coquets hangars à bateaux. Des merles. Des rossignols. Des canards et des cygnes. Le glouglou de l’eau aux roues arrêtées des moulins obsolètes. Et toujours l’omniprésent  parfum des acacias en fleurs.

La nature reprend ses droits à quelques encablures de la cité tentaculaire d’Orléans, asphyxiée par les automobiles et les travaux interminables du centre-ville, quand on a réussi à s’en extraire et à dépasser ses derniers tentacules …

 

 

                                Prises de vues à Bou (la Loire) et à Olivet (le Loiret)

 

 

Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost0

Et maintenant une page de réclame ...

Publié le par TSF36

Comme tout le monde, je suis exaspéré par la pub dégoulinante qui envahit tous les media, mais j’avoue avoir un faible pour les vieilles réclames.

Ce disque 78 tours trouvé sur une brocante au fond d’une caisse de disques sans intérêt, sur la pochette duquel une main de jadis avait griffoné « Disque réclame : ne pas vendre » m’a semblé digne d'ête acheté, ne serait-ce que par esprit de contradiction, et de passer à la postérité.

Le ton du speaker de l'époque est impayable et l’argumentation publicitaire est irréfutable :

Non seulement les disques Parnasse sont enregistrés selon les techniques les plus modernes (de l'époque)  mais en plus ils sont gravés sur les deux faces, ce qui fait qu’après avoir écouté le morceau de la première face, il suffit de retourner le disque pour en écouter un deuxième sur la seconde face : génial, non ?

Notez aussi que le répertoire des disques Parnasse fait appel aux musiciens les plus réputés (on ne précise pas lesquels !)

Enfin, et c’est là que le génie publicitaire touche aux sommets : les disques Parnasse sont à la fois les meilleurs et les moins chers !

Ils apportent la distraction , la joie , la gaieté, c’est à dire le bonheur.

Le bonheur  pour seulement 5 francs !

Elle était pas belle la vie dans ce temps là ?



Partager cet article

Repost0

Eloge de Jacques Martel, chansonnier berrichon (1877 - 1941)

Publié le par TSF36

Comme le temps passe !

Un fort intéressant article paru récemment sur l’excellent site « L’œil à l’écoute » du non moins excellent Monsieur Victor et traitant du célèbre cabaret montmartrois « Le Lapin agile » me ramène 8 ans en arrière ! En effet, un article du 25 novembre 2005 paru dans ce modeste blogounet, était consacré à Jacque Martel, chansonnier berrichon et montmartrois s’étant justement produit au « Lapin Agile ».

Wiki qui sait tout (?) n’en dit pas grand chose, sinon que son vrai nom était Alfred Mallet et qu’il est né à Léré (Cher) en 1877 et qu’il est mort en 1941. Sa biographie se résume à 4 lignes.

Afin d’apporter ma pierre à l’éloge de Jacques Martel, voici un rare document trouvé dans le livre « Berry, Cher et Indre » (Encyclopédie Bonneton)

photos-2013-2367.jpg

  

Et un document encore plus rare : l' enregistrement de "Jeu nouviau" par Jacques Martel en personne.

 Il s’agit d’un disque 78 tours 25 cm Polydor à étiquette verte portant le numéro 622-638. C’est un enregistrement électrique, donc enregistré après 1925, mais difficile de mettre une date plus précise. Disons fin des années 1930.

Il ironise sur la mode du yo-yo, ce jeu  "nouviau" lancé dans les années 20 (bien qu'il remonte à la plus haute antiquité !)

Il fait aussi allusion à certains évènements politiques (Conférence de Genève ?) et à l'imminence de la 2ème guerre mondiale. On trouve dans ce monologue la traditionnelle moquerie du  paysan pas si bête envers les fous de la ville, et plus particulièrement envers les Parisiens.

C’est un des thèmes récurrents de l’humour berrichon, repris plus tard par Jean-Louis Boncoeur.

En tout cas, nous avons là un bel exemple de patois berrichon, une langue que plus personne ne parle dans le Berry et que même les berrichons du XXI ème siècle ont bien du mal à décrypter !

 

Cliquez ICI  et oyez !

 

Voici le texte que j’ai réussi à transcrire, mais il reste quelques lacunes …

Appel aux linguistes berrichons pour boucher les trous !

 

Dans mon ch’tit bourg, à faire mes s'mences,

Mon ch’tel et pis l’grain à récolter,

J’prends jamais l’moinderment d’vacances

Seulement j’ons d’quoi ri tout l’été.


Ceux gens d’Paris qu’on rin en tête,

I l’ont inventé du nouviau ;

I s’amusons, moi j’trouve ça bête,

D’une rondelle qui l’appelons yo-yo.


C’est comme qui dirait queuque bobine

Anque un bout d’ficelle long comme ça

Qui s’déroule, pis qui s’entorbine

Sans ……………………..


Et j’te renvoye et j’te ramène

La grand' fumelle et pis ….

L’père, la mère, l’cousin, la marraine,

Toute la famille joue au yo-yo.


En ieux l’vant l’matin ça commence,

I s’occupons pas du journal

Du gouvernement ni d’la France

I v’lons pas voir que ça va mal.


Pour l’histoire de la politique

I disons j’tenais l’gros morciau,

On a changé toute la boutique.

Tant pire, faisons marcher l’yo-yo !


I s’doutons pas qu’là-bas en Suisse

Anque ieux manières d’désarmement

D'ieux dettes  et pis toute la police

On s’fout d’nous d’puis un bon moment.


Moi j’cré qu’en guise de conférence

Et pis d’paroles à plein tomberiau

I passons l’pus clair des séances

A faire des bonnes parties de yo-yo.


C’est un malheur, moi j’fais ma vigne,

Mes terres ; j’ai deux vaches, un cochon,

Une vieille bourrique, une femme qui r’chigne

Et pis qui m’traite de cornichon.


J'vais une fois l'an à l’assemblée,

J’bois, j’joue un peu , pique sus carriau

Mais j’ai pas la cervelle fêlée

Au point d’faire marcher un  yo-yo !


Nus tête anvec des grand’ culottes

Toute la journée on voit des gâs

Pis des fumelles qu’ont dans ieux cotes

Un ch’tit ……..pis point d’bas.


On les suivrait dans la bouch’ture

On les trouverait tout d'un moussiau.

En r’venant, l’rouge sus la figure

I diraient encore : c’est l’yo-yo.


Ca l’empêche pas ceux gens d’la ville

De s’vanter pasqu’i l'ont des sous,

Pis d’nous prend’ pour des imbeciles,

Vu qu’j’ons jamais sorti d’cheux nous.


Ca s’cré malin du fait qu’ça bouge.

Mon champ d’tref’ incarnat si biau

I s’figurons qu’c’est la Mer Rouge,

Dame, i connaissons que l’yo-yo.


Au fond, c’est ptêt un bien.  La preuve :

L’temps qu’i font marcher l’truc en bois

I s’avisons pas qu’on manœuvre

Pour un cass’ment d’gueule premier choix.


Malgré qu’l’impôt i les domine

I v’lons pas voir qu’i sont dans l’siau,

Qu’on les roule, qu’on les embobine

Et pis qu’c’est eux qui servons d’yo-yo.

 

Publié dans Berrichonnitude

Partager cet article

Repost0