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a l'ecoute des ondes

Pour en finir avec la télé ...

Publié le par TSF36

J’ai toujours dit que la radio, c’était beaucoup mieux que la télé. Et, en ce début de XXI è siècle, je le crois de plus en plus. Le XVIII è siècle fut le siècle des lumières. Le XXI è siècle, hélas, est le siècle des écrans.

La télé, qu'on nommait jadis le "petit écran" au temps de la chaîne unique, nous envahit maintenant avec ses images de plus en plus réalistes sur des écrans de plus en plus grands. On est voués à l’immobilité devant des images immersives où l’esprit risque de se noyer si ce n'est pas déjà fait. On reste généralement cloué devant la télé dans son canapé, en charentaises, zapette à portée de main. On croit regarder la télé, mais c'est la télé qui nous observe !

Au contraire, avec la radio, on n’est pas retenu captif, car elle nous laisse une grande liberté dans le choix du programme et dans la manière de l'écouter. On peut, certes, l’écouter religieusement dans le noir, avec juste la lueur chaude du cadran des stations et le regard vert de l’œil magique, quand on a la chance de posséder un poste de TSF « vintage ».

Et on peut aussi  l’écouter les yeux fermés, dans son lit, en attendant que les mots entendus deviennent des sons dont la signification se dissout progressivement dans le sommeil espéré.

Mais on peut aussi écouter la radio en faisant la cuisine, le ménage, du jardinage, ou en réparant un poste de radio ! Et surtout on peut l’écouter en se baladant dans la nature ou en conduisant son véhicule. C’est d’ailleurs souvent en voiture qu’on peut se concentrer longtemps sur une émission de radio, puisqu’au volant on ne peut évidemment rien faire d’autre.

Bien qu’il reste encore des programmes dignes d’intérêt (et sans publicités) sur France Musique, sur France Culture et parfois sur France Inter, il faut hélas constater que la radio actuelle n’est plus ce qu’elle était jadis. Entre les infos déprimantes, les débats politiques, le football, les pseudo humoristes consternants et la pub dégoulinante, il n’y a plus grand chose à se mettre dans les oreilles.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on peut désormais trouver de merveilleuses émissions de radio du bon vieux temps sur Youtube, qui est une véritable caverne d’Alibaba. Qui se souvient encore des « Maîtres du Mystère » ces remarquables pièces radiophoniques policières, diffusées sur Paris Inter dans les années 50 et 60 ?  Pas grand monde, certes, à part les vieux. Mais, Internet soit loué,  on peut maintenant en retrouver l’intégralité et s’en délecter sans modération et gratuitement. N’est-ce pas mieux qu’une overdose de séries américaines sur Netflix payant ?

Les épisodes des Maîtres du Mystère sont écrits dans un français parfait, un peu suranné parfois,  reflétant leur époque, pourtant pas si lointaine.  On y entend encore les personnages utiliser des expressions désuètes, s’exprimer au passé simple, avec parfois quelques imparfaits du subjonctif. Mais surtout l’interprétation et la diction sont de très haut niveau, puisqu’on  faisait appel à des comédiens professionnels. Citons entre autres Michel Bouquet, Jean Topart, Jean-Marie Fertey, Henri Crémieux, Jacques Morel, Rosy Varte, Juliette Greco, Andrée Tainsy, Bernadette Lange. Des voix au timbre d’or qu’on reconnaît  immédiatement. Et le chef d'orchestre, le maître des Maîtres du mystère, Pierre Billard aux commandes de tout ce petit monde.

Ces émissions étaient produites avec des moyens modestes : quelques (excellents) comédiens autour d’un micro lisant leur texte en prenant soin de ne pas faire de bruit en tournant les pages, quelques bruitages élémentaires (ah ! les sonneries de téléphone et le bruit du cadran qu’on tourne !) un ou deux coups de révolver parfois et surtout la musique d’introduction avec sa mélodie angoissante aux ondes Martenot. Et, malgré l’absence d’images, l’auditeur est happé par l’histoire jusqu’à la fin, où il y a souvent un rebondissement inattendu avant la clé du mystère.

Parmi les mille épisodes disponibles sur Youtube, tout n’est pas d’égale qualité, mais peut être écouté avec plaisir. Les meilleurs sont ceux où il y a peu de personnages, car le principe du théâtre radiophonique s’accorde mal avec une distribution trop nombreuse où l’auditeur risque de perdre le fil. L’idéal, c’est quand il y a seulement deux personnages qui s’affrontent dans une joute verbale, dans un duel sans merci.

En voici un exemple magistral avec Michel Bouquet, grandiose !

Et mille fois merci à Monsieur Linconi qui a mis en ligne cette prodigieuse collection des "Maîtres du Mystère"

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Ondes courtes : A bas les parasites !

Publié le par TSF36

Jadis, dans les années 80, on pouvait faire de bonnes écoutes, confortablement installé chez soi, avec un récepteur simplement muni de son antenne télescopique. Hélas, les temps ont changé et sont apparus des éléments perturbateurs qui n’existaient pas en ces temps bénis. Les ordinateurs, les box internet, les téléviseurs à écrans plats, les alimentations à découpage, les chargeurs de téléphones portables, les lampes fluocompactes sont un désastre pour la réception des ondes courtes. Même les fils du secteur rayonnent des parasites. Inutile d’espérer entendre grand-chose si vous déployez l’antenne télescopique sous un lustre muni d’ampoules dites « à économie d’énergie » ! Eloignez-vous le plus possible de toutes ces sources de pollution hertzienne. Vous trouverez peut-être un endroit de l’appartement où il n’y a pas trop de parasites, généralement près des fenêtres. Adoptez-le.

Vous avez certainement trouvé dans la boîte du récepteur une antenne filaire de quelques mètres censée améliorer la réception. Elle s’accroche aux rideaux avec sa pince et on connecte le jack à l’entrée antenne du récepteur. Faites un essai. Vous aurez un meilleur signal, mais aussi un niveau de parasites encore plus élevé. Le rapport signal/bruit sera donc le même !

 

Une antenne filaire portative

Une antenne filaire portative

Par contre, si vous laissez pendre cette antenne filaire dehors par la fenêtre, il y aura sans doute une nette amélioration.

Il existe des antennes intérieures dites « actives » censées améliorer la réception. Inutile d’investir dans une de ces antennes « miracle » vendues parfois assez cher. Elles amplifient autant les parasites que le signal utile.

Le moyen le moins cher (voire gratuit) de booster votre réception et de diminuer les parasites est de tendre à l’extérieur une dizaine de mètres de fil (isolé à chaque extrémité) et de le relier à votre récepteur par un câble coaxial dont la tresse est reliée à la terre. On trouve sur le net de nombreuses descriptions d’antennes filaires à la portée de tous. Ce n’est pas d’une grande technicité !  Et si vous habitez dans un logement en béton, armé, autrement dit dans une cage de Faraday où les ondes ne pénètrent pas, c’est absolument indispensable.

Mais même si vous êtes en cage, et que vous n’avez pas la possibilité de tendre des fils à l’extérieur, ne désespérez pas. Quand les beaux jours reviendront, vous pourrez faire de l’écoute en extérieur. C’est là que votre récepteur portable pourra chanter haut et clair. Souvent il suffit de sortir dans son jardin pour échapper aux rayonnements parasites, ou d’aller dans un parc même au milieu d’une ville, ou carrément en pleine nature  pour bénéficier d’une réception parfaitement pure. Evitez seulement les lignes électriques et les clôtures à bestiaux !

En 2016, pour les raisons évoquées plus haut, l’écoute des ondes courtes devient de plus en plus une activité de plein air, d’où l’intérêt d’avoir un récepteur portatif. Et on peut obtenir des résultats étonnants en tendant des grandes longueurs de fil entre les arbres. Beaucoup de SWL réussissent ainsi à capter des stations très lointaines qu’il est impossible de capter en appartement à cause de la pollution hertzienne.

Publié dans A l'écoute des ondes

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Ondes courtes : première incursion

Publié le par TSF36

Le Père Noël (ou le facteur) est passé et vous avez reçu votre beau récepteur. Pas nécessairement un des deux modèles que j’ai signalés, mais du moins un modèle équivalent. J’ai simplement donné les exemples du Degen et du Tecsun parce que je les avais sous la main. Il y en a d’autres tout aussi bons.

Une fois déballé, la tentation est grande, aussitôt les piles mises en place, de tourner le gros bouton des stations, ou alors de pianoter au hasard sur les petites touches en espérant entendre quelque chose. Hélas, ce premier essai est souvent synonyme de déception.

Commençons donc par le commencement !

Prenez d’abord le temps de lire la notice !  Avec un peu de chance, vous la trouverez dans le carton, avec une version française, ou tout au moins une version anglaise, en plus de la version chinoise. En général la traduction est un peu bizarre, mais reste compréhensible pour qui sait lire entre les lignes.

Si vous savez vous servir d’un ordinateur, un récepteur ondes courtes ne devrait pas poser de problème insurmontable, une fois que vous aurez compris à quoi servent les différents boutons.

Certes, c’est un peu plus compliqué qu’un transistor basique, mais tout le monde peut rapidement apprendre à s’en servir (sauf les manchots, ça va de soi)

Maintenant, il est une première chose à savoir : les stations de radiodiffusion mondiale sont confinées dans des « bandes » entre lesquelles il y de vastes étendues désertes ou peuplées de signaux bizarres qui peuvent rebuter le débutant. Parmi ces bandes de radiodiffusion, il en est quelques unes où vous n’entendrez jamais rien, d’autres qui sont actives seulement la nuit, d’autres qui sont actives seulement le jour, et encore d’autres où on entend toujours quelque chose. Cela varie aussi selon les saisons et selon l’activité solaire. Mais, pour simplifier à l’extrême, les bandes les plus utilisées, celles où l’on entend le plus de choses à cette période hivernale sont les suivantes :

Bande des 49 mètres : de 5900 à 6200 kHz (nocturne)

Bande des 41 mètres : de 7300 à 7600 kHz (nocturne)

Bande des 31 mètres : de 9400 à 9900 kHz (diurne et nocturne)

Bande des 25 mètres : de 11600 à 12200 kHz (diurne et nocturne)

Bande des 19 mètres : de 15100 à 15800 kHz (diurne)

Bande des 16 mètres : de 17480 à 17900 kHz (diurne)

Ce sont les bandes classiques, celles qui sont utilisées depuis la nuit des temps et qu’on trouve, compressées et inutilisables,  sur les cadrans des vieux postes de TSF. Jadis, on utilisait les longueurs d'ondes en mètres, et les noms de ces bandes sont restés comme vestige du passé. Pour convertir une fréquence en mètres, si celà vous amuse, divisez 300000 (vitesse de la lumière)  par la fréquence en kHz. Ainsi, une fréquence de 5995 kHz (celle de Radio Mali) correspond à une longueur d'onde de 50,04 mètres, ce qui nous fait une belle jambe !

Les bandes O.C classiques

Les bandes O.C classiques

Il y a d’autres bandes certes, certes, qui ne manquent pas d'intérêt, mais commencez d'abord par celles-ci. C’est déjà un vaste programme...

Une chose à savoir aussi : les fréquences attribuées aux stations sont toujours exprimées en kilohertz . Souvent cette unité est omise ; on lira Radio Australia 12065 (sous entendu kHz) Les fréquences sont toujours terminées par un 0 ou un 5, étant donné que les canaux sont espacés de 5 kHz. Si vous tapez 9762, vous serez à côté de la plaque !

Bon, on y voit déjà un peu plus clair. Maintenant, afin de ne pas parcourir ces bandes au hasard, rendez vous sur le site de J.M. Aubier où vous pourrez télécharger et imprimer la liste qui donne les horaires et les fréquences des stations en langue française . Vous avez, en effet, pu remarquer, si vous avez fait un premier « tour de cadran », que la langue française n’est pas vraiment majoritaire sur ces fréquences. D’où l’intérêt de télécharger et d’imprimer cette liste, qui est actualisée deux fois par an (car les fréquences changent en été et en hiver)

http://jm.aubier.pagesperso-orange.fr

Vous remarquerez aussi que les horaires sont toujours indiqués en temps universel UTC. C’est fort heureux, car autrement, il serait bien difficile de s’y retrouver. En hiver, le temps universel c’est l’heure française – 1 heure et en été -2 h.

Votre récepteur a en principe une horloge. Mettez là impérativement à l’heure universelle. Ou bien ayez toujours à portée de main une horloge réglée en UTC.

L'heure c'est l'heure !

L'heure c'est l'heure !

Un autre site, incontournable, qui simplifie considérablement la vie des écouteurs est celui-ci :

http://www.short-wave.info

Non seulement, on y trouve tous les horaires, toutes les fréquences de toutes les stations dans toutes les langues, mais en plus on peut voir où se trouvent ces stations sur une carte qui indique aussi en temps réel les endroits du monde où il fait jour et où il fait nuit. Quand on vous dit que l’internet et les ondes courtes font désormais très bon ménage !

Voilà, maintenant yapuka parcourir la liste et taper la fréquence de la station qui diffuse à l’heure indiquée. Il y a souvent plusieurs fréquences pour une même station. C’est normal. Si l’une ne marche pas, essayez-en une autre. Et si ça ne marche toujours pas, souvenez-vous que sur les ondes courtes, on n’est jamais sûr de rien. Les ondes n’en font qu’à leur tête et c’est çà qui fait leur charme…

(à suivre)

Publié dans A l'écoute des ondes

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Eloge des ondes courtes

Publié le par TSF36

Les écouteurs des ondes courtes (SWL) sont vraiment des gens bizarres. Et, à ce titre, ils sont toujours incompris par les gens « normaux ». Comment, en effet, justifier un passe-temps qui consiste à s’abrutir dans une cacophonie de sifflements, de crachements, de grésillements, de ronflements, de distorsions horribles pour tenter de capter la station lointaine à l’autre bout du monde qui, généralement, diffuse aussi sur le net dans des conditions parfaites ?
A quoi est due cette étrange fascination pour les ondes ? Eh bien disons que l’écouteur possède un sixième sens : celui de percevoir la beauté du paysage hertzien. Le spectre radioélectrique est un spectacle toujours changeant, comme les couleurs du ciel. Observer la propagation devient une seconde nature, comme observer les nuages, les merveilleux nuages ...

Ecouter Radio Australia via l’internet, c’est ouvrir un robinet sans savoir par quels tuyaux l’émission nous parvient, et d’ailleurs on s’en moque. Par contre écouter cette station directement via les ondes courtes, c’est une expérience magique. Il n’y a rien entre la lointaine station émettrice et la petite antenne de votre poste. Rien que des ondes immatérielles, instables et fantasques, rebondissant sur les couches ionisées avec des trajectoires variant selon l’heure du jour, les saisons et bien d’autres causes plus ou moins chaotiques, à la manière de la météo.
De l’eau circulant dans un tuyau, ça ne fait pas rêver grand monde (à part les plombiers) . Mais un fougueux torrent de montagne, une paisible rivière, un fleuve capricieux ou majestueux, çà par contre ça fait davantage rêver ! C’est bien là toute la différence entre un flux internet parfaitement canalisé et les ondes courtes n'en faisant qu'à leur tête. . Les ondes courtes sont magiques et les écouteurs un peu magiciens …
Capter, par exemple, la petite station régionale au fin fond de la Patagonie représente le Saint Graal pour l’écouteur des ondes courtes, même s’il ne comprend pas le Patagonien ! L’essentiel est de l’avoir captée, répertoriée, notée dans son précieux carnet de trafic (log book) avec l’heure, la fréquence, la force du signal et quelques commentaires. Je connais même des écouteurs qui, en plus, font des enregistrements de leurs trouvailles et les publient sur Youtube ! Si, si, il y en a, et même de plus en plus.

Non seulement l’internet n’a pas tué les ondes courtes, mais il est devenu un précieux auxiliaire pour les passionnés de ce moyen de communication prétendument obsolète et si fascinant.

Voici quelques échantillons de ce qu’on entend en 2015 sur les ondes courtes quand on a des oreilles pour entendre, un petit récepteur, et quelques bouts de fils servant d’antenne …

Publié dans A l'écoute des ondes

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