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Le Pâté au potiron pour les nuls

Publié le par TSF36

Achetez une pâte brisée toute faite, ce qui vous épargnera la pénible corvée de la briser vous-même.

Achetez également un potiron que vous éplucherez et dont vous enlèverez les graines et la partie fibreuse.

Faites cuire ledit potiron débité en petits cubes bien réguliers pendant 10 minutes à l’autocuiseur. Laissez les bien s’égoutter dans une passoire pendant le temps qui sera nécessaire à cette opération, c’est à dire un certain temps.

Etalez la moitié de la pâte brisée avec un rouleau idoine de façon à en garnir un plat à tarte bien beurré. Relevez bien les bords et coupez ce qui dépasse. Enfournez ce fond de tarte pour la pré-cuisson et observez comme la pâte se rétracte par un malin plaisir, ne garnissant plus qu’une ridicule partie du plat à tarte. C’est normal car vous êtes nul !

Qu’alors y faire ? Tant pis, puisque c’est raté, assumez jusqu'au bout votre incompétence ! Sortez cette chose informe du four et garnissez-la des cubes de potiron. Saupoudrez de cannelle et de sucre roux. Recouvrez avec le reste de la pâte brisée que vous n’aurez évidemment pas faite assez grande et qui couvrira à peine le potiron, d’autant plus qu’elle va également se rétracter. Ce qui confirmera votre nullité !

Enfournez et remettez-vous en au hasard pour la suite des opérations, c’est à dire une température de four et un temps de cuisson aléatoires. Allez faire un tour dans le jardin, ou devant la télé ou ailleurs comme vous voudrez…

Lorsque vous revenez au bout d’un temps variable et imprévisible, il y aura de fortes chances pour que le dessus soit quelque peu brûlé. Preuve supplémentaire et éclatante de votre nullité !

Enfin, çà paraît tout de même mangeable bien que çà ne paye pas de mine...

Défournez. Laissez tiédir et dégustez en ajoutant un peu de crème fraîche.

O surprise ! O miracle ! C’est absolument délicieux !

Vraiment, quel cuisinier génial vous êtes ... !

Publié dans Gastronomie

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Les bonnes tables du Berry : L ‘Auberge de la Fileuse

Publié le par TSF36

Parmi les nombreux restaurants remarquables du Bas-Berry, il en est un qui mériterait certainement quelques étoiles en plus. C’est l’Auberge de la Fileuse, sise sur la commune de Saint Plantaire à l’extrême sud de l’Indre, à la limite de la frontière creusoise.

Cet établissement méconnu est en effet situé sur le site le plus grandiose du département, le Rocher de la Fileuse au confluent de la Creuse et de la Sédelle, juste devant le promontoire vertigineux et les ruines grandioses du château de Crozant célébré par les peintres et les écrivains romantiques.

On se demande vraiment pourquoi une auberge bénéficiant d’un cadre aussi sublime est aussi peu fréquentée. Chaque fois que je m’y suis rendu, j’étais en effet le seul client …

Peut-être est-ce dû au fait qu’il faille au moins une heure de marche de sentiers tortueux pour l’atteindre ? Peut être faut-il invoquer le confort assez rudimentaire des lieux ? Il faut dire qu’il n’y a même pas une table...

Il y a par contre un très beau banc en pin étuvé sur lequel on peut s’asseoir confortablement en contemplant le paysage grandiose…

Il faut également apporter son repas avec soi comme dans les auberges espagnoles. Il est vrai qu’on n’est pas loin de l’Espagne … enfin, on lorgne dans sa direction.

Le personnel de l’auberge est aimable et discret. Tellement discret qu’on ne le voit jamais.

Aujourd’hui, au menu, il y avait : sandwich triangulaire pain nordique-saumon-fromage blanc-ciboulette, une délicieuse spécialité locale.

En dessert un délicieux pain aux raisins, autre spécialité locale remarquable. Le tout arrosé par une bière en boîte bien fraîche.

Bref, un repas de gourmet, savouré au doux soleil de fin octobre dans le plus beau site de l’Indre. Le bonheur en somme …

Et un rapport qualité-prix imbattable !

L'Auberge de la Fileuse ***** (photo JLF)

Publié dans Gastronomie

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Eloge du pied de mouton

Publié le par TSF36

Ah ! le pied de mouton, c’est un champignon bien modeste qui n’a certes pas la renommée (un peu surfaite) du cèpe ni de la girolle. Un champignon si modeste qu’il ne figure sur aucune carte de grand restaurant gastronomique. Peut-être cela est-il dû à la consonance un peu rustique de son nom ? Ici, dans le Berry, on l’appelle aussi " barbe de chèvre ", mais cette appellation n’est guère plus glorieuse.

Pourtant, la cueillette des pieds de mouton est un rituel automnal auquel on ne dérogerait pour rien au monde. C’est un de ces plaisirs minuscules, selon l’expression de Philippe Delerm, qui mis bout à bout, font que la vie vaut d’être vécue.

Lorsque l’automne est humide et doux, comme cette année, on se rend donc à la forêt proche muni de bottes idoines et d’un panier ad hoc. On s’enfonce alors dans une parcelle forestière et on s’éloigne progressivement des sentiers connus. Je crois qu’il faut d’abord savoir se perdre soi-même pour trouver des champignons. Ne plus savoir où est la petite route où on a laissé son véhicule, ne plus savoir où est le nord. On arrivera toujours à se retrouver ultérieurement … C’est alors qu’on trouve un premier nid de pieds de moutons, car ils poussent toujours en petits groupes. Il faut avoir l’œil car leur teinte jaune pâle se distingue à peine des feuilles mortes et d’autres espèces peu comestibles. Ce n’est qu’à la forme irrégulière de leur chapeau et à la présence de barbes au-dessous dudit chapeau qu’on les identifie de façon certaine. On sait qu’ils poussent toujours dans la mousse et qu’on n’en trouvera pas sur un sol herbeux ni dans les fougères. Mais on a beau savoir cela depuis l’enfance, il faudra toujours parcourir une bonne distance pour trouver d’autre nids qu’on espère chaque fois plus abondants que le précédent. Les champignons, çà se mérite... Quand on estime qu’il est temps de rentrer avant que la nuit vous prenne, on se contente de ce qu’on a trouvé. On se dit que ce n’est pas si mal et on se demande déjà si la quantité va être suffisante pour en faire une bonne fricassée ou seulement une omelette ... Cruel dilemme.

Une fois rentré à la maison avec ce précieux cadeau de Mère Nature, on les nettoie sommairement avec un petit couteau sans les laver, car ce serait un sacrilège. On les met dans une poêle sans liquide afin qu’ils rendent leur eau.

Miracle ! A ce moment, un parfum sublime et enivrant s’exhale et remplit toute la maison. Çà sent la mousse humide, la feuille morte, la terre, la fougère. C’est comme si toute la forêt s’invitait dans votre cuisine...

Quand toute l’eau s’est évaporée, on ajoute du beurre, du sel, du poivre, de l’ail et du persil et on poursuit la cuisson à feu doux jusqu’à ce que les champignons prennent une teinte un peu plus foncée.

Ils ont bien réduit après la cuisson, mais il y en aura quand même assez pour une petite fricassée qu’on dégustera lentement, lentement, pour faire durer longtemps, longtemps ce plaisir boisé...

C'est ce qu'on appelle prendre son pied … de mouton !

Publié dans Gastronomie

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Back from India

Publié le par TSF36

Ah ! les restaurants indiens, ya pas à dire, on y revient…

Qu’on soit à Tours ou à Poitiers, on est rarement déçu car on sait à quoi s’attendre et à quoi ne pas s’attendre. Il y a toujours une vague odeur d’encens au bois de santal quand on pousse la porte et une musique d’ambiance typique, non pas du Ravi Shankar, mais de la gentille variété bollywoodienne en sourdine qui ne risquera pas de vous élever spirituellement au dessus du niveau des assiettes.

Il y aura toujours la mince galette croustillante de papadum presque translucide émaillée de graines de cumin qui vous sera apportée en même temps que la carte aux menus immuables. On la parcourt distraitement en grignotant ledit papadum, en sachant bien que ce sera comme d’habitude : l’incontournable cuisse de poulet tandoori avec sa trilogie de sauces dont le serveur indien ou parfois pakistanais ne manquera pas de vous indiquer la nature "  sauce sucrée à la banane, sauce yaourt à la menthe, sauce piquante, très piquante … " Il y aura aussi pour apaiser le feu des épices, servi sur une petite assiette à gauche de l’assiette principale, le cheese nan sorti du four, encore fumant, bien gonflé à la croûte croustillante.

Ensuite, ce sera de l’agneau au curry accompagné d’un riz Basmati à grains longs, longs, très longs dont certains sont colorés de rouge, de jaune et parfois verts. Chaque fois on s’interroge sur la méthode utilisée pour obtenir cette polychromie, on se perd en conjectures, on a envie de demander au serveur quel est le secret puis on se dit qu’il ne comprendra pas la question, vu qu’il ne connaît du français que le strict minimum permettant d’assurer son service et on se dit que peut-être il vaut mieux que ce profond mystère reste à jamais caché …

Il y aura aussi dans le riz Basmati, qui est naturellement parfumé, en contrepoint, des graines de cardamome, cette étrange épice dont les graines noires ont un goût camphré et dont on laissera la coque oblongue et insipide.

Le dessert sera invariablement un Gulab Jaman, sorte de gâteau de semoule en forme de boules baignant dans du miel liquide, accompagné lui aussi de quelques graines de cardamome.

On terminera avec un thé aux épices (de la cardamome en l’occurrence) et on demandera l’addition qui vous sera apportée dans un petit coffret de santal garni de graines digestives à grignoter pendant qu’on attend sa monnaie.

Et on ressortira, un peu lourd certes, bien qu'allégé de quelques roupies en se disant qu’on a séjourné une heure dans un très beau pays. Toutes les merveilles de l’Inde … sans les inconvénients du voyage !

 

Publié dans Gastronomie

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