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Second éloge d'Apremont-sur-Allier

Publié le par TSF36

Apremont-sur-Allier est sans conteste un des villages les plus curieux, je dirais même les plus bizarres, voire les plus étranges du Berry. D'abord par sa situation géographique, carrément à l'extrême orient du Berry oriental, ce qui a de quoi désorienter. Le village est, en effet, situé sur la rive gauche de l'Allier et si on essayait de traverser ladite rivière (mais pour ça il faudrait être fou Allier, vu qu'il n'y a pas de pont) on se retrouverait non pas dans l'Allier, mais dans la Nièvre, c’est à dire dans la région Bourgogne ! Cela ne fait qu'accroître encore la confusion que peut engendrer son nom paradoxal.

D'autre part, les amateurs de vin seront peut-être victimes d'une autre confusion : alors qu'on peut sans problème déguster du Sancerre à Sancerre, du Pouilly à Pouilly, du Chateaumeillant à Châteaumeillant, du Quincy à Quincy et du Reuilly à Reuilly, on n'a aucune chance de déguster de l'Apremont à Apremont, vu qu'il n'y a aucun vignoble à cet endroit. Ce n'est d'ailleurs pas grave, vu qu'on ne peut pas y déguster non plus de fondue savoyarde.

Malgré cela, Apremont bénéficie néanmoins du titre fort enviable d' " Un des plus beaux villages de France " un titre dont il est d'ailleurs le seul à être distingué dans le département du Cher. On en a même récemment fait l’éloge à la télé dans le cadre d’une émission destinée à élire le village préféré des Français. Hélas la concurrence était rude et ce fut Saint Cirq-Lapopie qui remporta la palme. De toute façon cette élection était du pipeau et Apremont restera, du moins, le village préféré des berrichons.

Ceci dit, même pour les étrangers (pas berrichons) Apremont mérite vraiment le détour, pour ne pas dire le voyage. Outre son cadre verdoyant au bord de la belle rivière où les oiseaux viennent s'assoir sur les bancs de sable, outre son château dominant fièrement le bourg, outre son ensemble harmonieux de belles maisons berrichonnes bien restaurées et entretenues, dont l’une d’entre elles abrite la Brasserie du Lavoir, sympathique troquet où l’on peut déguster une bière bien fraîche dans un jardinet sous un parasol bien frais, il y a surtout un remarquable parc floral plein de surprises toutes plus surprenantes les unes que les autres (et réciproquement).

On y trouve, entre autres, un pont chinois en bois polychrome, un vrai faux pavillon turc, un belvédère vénitien orné à l’intérieur de panneaux narratifs en faïence de Nevers. Toutes ces fantaisies architecturales agrémentent un vaste parc construit autour d'un lac alimenté par une cascade, dans lequel il y a de la vraie pelouse anglaise taillée au cordeau sur laquelle on peut marcher, des milliers de fleurs d’espèces différentes à profusion, de grands arbres remarquables, et quelques chats décoratifs se prélassant au doux soleil de septembre.

Il semble que les floraisons du parc débordent partout dans le village où l’on chercherait en vain une maison qui ne fût abondamment fleurie, même en cette fin de saison. Le parc et le village semblent former un ensemble indissociable. La plus belle maison du village se trouve d’ailleurs dans l’enceinte du parc.

Aujourd’hui, c’était la fermeture pour cause d’hibernation, mais, patience ! le jardin féerique rouvrira au printemps, encore plus beau qu’avant …

 

En attendant, voici quelques images en couleurs et en 16/9 pour patienter :

 

 

Publié dans Berrichonnitude

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Eloge de Brive-la-Gaillarde

Publié le par TSF36

Brive n’est pas la capitale de la Corrèze, pourtant c’en est la plus grande ville et certainement la plus belle. Le centre ancien a été bien préservé et embelli et il sera encore plus beau quand les travaux pharaoniques de la grande place centrale seront achevés. Ici, pas de gratte-ciel comme à Tulle, mais juste une espèce de phare plus ou moins phallique au dessus de l’office de tourisme, seule concession rigolotte à la modernitude. Contrairement à Châteauroux, il y a encore de nombreux commerces dans les rues piétonnes du centre ville, ce qui donne à Brive une allure vivante et prospère.

Par contre le célèbre marché qui se tient chaque samedi sous la Halle Georges Brassens m’a un peu déçu : pas de gaillardes se crêpant le chignon à propos de bottes d’oignons, pas de mégères gendarmicides, pas de braves pandores victimes de la plus belle hécatombe de tous les temps. Rien de ce que Brassens décrivait dans sa célèbre chanson.

Non, juste une belle ambiance de marché normal autour de magnifiques étals de fruits, de légumes, de canards et autres volatiles morts, seules victimes de l’hécatombe sur l’autel de la gastronomie du Sud Ouest.

Un des plus beaux lieux de la ville est incontestablement la distillerie Denoix, une maison fondée en 1839 et spécialisée dans la liqueur de noix. Il y a des noms prédestinés qui ne s’inventent pas ! On peut visiter gratuitement les locaux où s’alignent les alambics rutilants et les fûts de chêne où murissent lentement les divins breuvages.

Outre leur suprême Denoix, remarquable par sa longueur en bouche, cette maison a relancé en 1987 la « moutarde violette de Brive », une recette datant du XIV ème siècle. Ce condiment au moût de raisin, fort et fruité à la fois,  est un pur délice pour accompagner le boudin noir, pour sublimer une vinaigrette, ou même pour déguster pur à la louche les soirs de détresse et de mélancolie…


En prime, pour les quelques personnes qui ne connaîtraient pas la chanson de Brassens, une chanson politiquement incorrecte comme on n'oserait plus en faire. Toute une époque !


Publié dans Pays lointains

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Eloge de Beaulieu-sur-Dordogne

Publié le par TSF36

Tous les pays ont leur « Riviera »

C’est en effet ainsi que les anglais ont baptisé notre côte d’azur (trop difficile à prononcer pour eux) et nous leur avons repris cette dénomination pour caractériser tous les lieux paradisiaques aimés des touristes, où le climat est plus doux qu’ailleurs. Ce n’est d'ailleurs qu’une question de relativité.

Ainsi, la très modeste Riviera berrichonne, c’est le lac d’Eguzon avec ses minuscules plages de sable fin et ses quelques palmiers en containers qu’on rentre soigneusement dès les premiers froids.

Or, je viens d’apprendre qu’il existait une Riviera limousine, située à l’extrême sud de la Corrèze le long de la Dordogne, cette jolie rivière qui fait une petite incursion dans ce département. L’expression « Riviera limousine » peut sembler un oxymore, car le Limousin évoque plutôt un plateau austère au climat semi-montagnard avec des hivers rudes. En fait, l’extrémité sud de la province descend bien au-dessous de ce bon vieux 45 ème parallèle et les influences océaniques parviennent à se frayer un chemin par l’estuaire de la Gironde et remonter le cours de la Dordogne jusqu’à Beaulieu-sur-Dordogne, capitale de cette Riviera limousine. CQFD !

Et effectivement, on est frappé par l’abondance des palmiers, bananiers et autres essences tropicales (en pleine terre) qui envahissent les jardins des villas cossues au bord de la Dordogne. Cette luxuriance végétale tranche nettement d’avec les landes désolées des Monedières pourtant distantes de quelques dizaines de kilomètres au nord.

Outre son micro-climat enchanteur, Beaulieu-sur-Dordogne est une petite ville charmante, touristique mais sans excès. Il y a aussi des gens normaux et des commerces normaux.

Parmi les curiosités locales, il y a la belle église romane Saint-Pierre avec des sculptures pas piquées des vers. Il y a aussi la Chapelle des Pénitents, qui se reflète dans l’eau et qui incite tous les photographes (y compris les nuls) à faire la même photo originale. Il y a aussi toute une kyrielle de maisons antiques à pans de bois plus curieuses les unes que les autres, et réciproquement. Mais il est vrai qu’après avoir vu Uzerche, Collonges-la-Rouge, Meyssac, Turenne et autres lieux sublimes, on arrive à une certaine saturation de vieilles pierres …

Les spécialités de Beaulieu sont les fraises, ces fameuses fraises de Dordogne si délicieuses, mais en septembre ce n’est plus la saison de ramener sa fraise. Par contre on pourra ramener une bouteille de vin paillé, un vin liquoreux typique de la région qui va très bien avec le foie gras, les cabécous (petits fromages de chieuve locaux) et les desserts en général (information fournie par Eugène Lemaigre).

 Mais après le poids des mots, place au choc des photos :



 

Publié dans Pays lointains

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Eloge de Tulle

Publié le par TSF36

La premier aperçu de Tulle, quand on vient de Brive-la-Gaillarde, c’est le mémorial des 99 martyrs pendus en juin 1944 par la division das Reich, de sinistre mémoire. Comme entrée de ville, on trouve certainement plus gai ailleurs, et ça ne laisse présager rien de bon pour le touriste qui s’est engagé dans l’étroite vallée encaissée de la Corrèze où s’étire péniblement la capitale administrative du département éponyme, habitée par seulement 16 582 Tullistes.  On suit docilement pendant des kilomètres les panneaux « centre ville » en se demandant si ce long ruban urbain possède un centre et si on va y arriver un jour. On longe les quais bétonnés d’une maigre rivière presque à sec bordée d’immeubles sans âme s’agrippant aux collines pour finalement arriver dans l’hypercentre qu’on reconnaît à la présence incongrue d’un hideux gratte-ciel, encore plus haut et plus laid que le « building » de Châteauroux ; c’est dire !

C’est pourtant à proximité de cette tour monstrueuse que se niche la ville ancienne. Car il y en a une !

Tulle est une ville étrange qui, à défaut d’un séjour prolongé, mérite réellement le détour. Le site encaissé où elle est née ne lui a pas permis de croître par cercles concentriques au fil des siècles, comme la plupart des villes. La ville ancienne s’est développée d’abord de façon linéaire en suivant le cours de la rivière, au pied des collines. Puis on est monté progressivement à l’assaut de l’espace libre sur les collines. On a rajouté une couche de bâtiments au dessus, puis une autre encore au dessus, ce qui donne une sorte de stratification allant du style médiéval au modernisme le plus attristant. Tulle est une ville faite de bric et de broc, sans aucune cohérence, et c’est peut-être ça qui fait son charme …

En fait, si l’on prend la peine de s’y arrêter et de se balader dans la vieille ville le nez en l’air, on trouvera un patrimoine architectural d’une grande richesse. Le problème, c’est qu’en dehors de la place de la cathédrale Saint-Martin bordée de merveilleuses façades, on n’a pas beaucoup de recul pour admirer les hautes maisons médiévales de quatre étages, encastrées dans des rues très étroites et pentues  qui sont d’ailleurs souvent des escaliers. Il faut vraiment ouvrir l’œil et ne pas craindre le torticolis pour découvrir ses trésors cachés. A noter aussi le très beau théâtre et sa façade Art Déco jouxtant hélas un parallélépipède de béton des années 70.

Tulle est célèbre pour sa dentelle (le fameux poinct de Tulle), pour sa manufacture d’armes ( qui ne fait pas dans la dentelle) et pour sa fabrique d’accordéons Maugein (instrument ringard aux yeux de certaines oreilles, mais que personnellement j’aime bien). Voilà, c’est à peu près tout ce que le touriste de passage dans cette ville mal aimée peut en retenir. Ah si ! C’est également la ville où un certain François a régné pendant quelques années avant de devenir président de la république. On se demande d’ailleurs comment un président normal a pu gérer une ville aussi … anormale !


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Publié dans Pays lointains

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