Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Défense et illustration du gargaillou d'cheux nous

Publié le par TSF36

Le cynorhodon (parfois orthographié cynorrhodon) est - comme chacun sait - le fruit de l'églantier. On l'appelle communément gratte-cul car il contient du poil à gratter ; mais en berrichon, il porte le nom plus poétique de "gargaillou". Ce fruit arrive à maturité à la fin de l'automne, avant les premières gelées et on l'utilise principalement pour faire des confitures. On peut aussi le consommer tel quel, mais attention au poil à gratter qui pourrait vous rester en travers du garganiau *! Il existe aussi une bière, brassée dans le Berry, près d'Issoudun, aromatisée au cynorhodon qu'est pas ch'tite !
Voir détails sur le site du brasseur :

http://www.lasorciereduberry.com/

Le grand mérite de ce fruit rustique (outre son goût délicieux à s'en taper le cul par terre jusqu'à ce que ça fasse des étincelles !) est sa teneur élevée en vitamine C, dix fois plus que dans les agrumes importés à grands frais des pays lointains.
On le trouve en abondance dans toutes les haies du Berry, à un prix défiant toute concurrence. Yaka les cueillir, sauf si on hait les haies ...
Quand on vous le dit que Dame Nature, en cette période de crise,  défend votre pouvoir d'achat !


Gargailloux brennous, avec en arrière-plan, un button brennou culminant à l'altitude de 10 mètres au dessus de la prairie. Vertigineux !


* garganiau : gorge, gosier (note du traducteur)

Publié dans Berrichonnitude

Partager cet article

Repost 0

Les bonnes idées qui se perdent ...

Publié le par TSF36

La taxe pique-nique passe aux oubliettes. Ainsi l'a décidé, dans son immense sagesse,  notre bien aimé souverain Nicolas le Petit. Pour une fois qu'une idée intelligente était dans l'air, elle passe aussitôt à la trappe ...
Voilà ce que je me disais ce midi, à une sympathique bourse multi-collections poitevine, en dégustant en compagnie de mes éminents et non moins sympathiques confrères, un plateau-repas en plastique jetable où se côtoyaient macédoine de légumes, pâté de foie-cornichon, poulet froid, camembert et éclair au chocolat dans leurs cases idoines, bien que le chocolat desdits éclairs eût -suite à manipulations malencontreuses - tendance à interférer avec le poulet froid. Evidemment, tout ceci était fourni avec une fourchette et un couteau du même métal que le plateau !
Inutile de dire que le couteau, parfaitement opérationel pour le pâté de foie, s'avéra d'un emploi moins fonctionnel quand il s'agit de s'attaquer au poulet foid passablement racorni, vu que l'indice de dureté dudit volatile était nettement supérieur à celui du couteau en plastok... Fort heureusement, j'ai toujours mon Opinel dans ma poche, pour parer aux mauvaises rencontres et répondre aux aberrations de la gastronomie jetable !
Fort heureusement aussi, le vin était servi dans des verres en verre, ce qui permit d'oublier un peu le crime écologique dont nous nous étions rendus coupables.

A quand une lourde taxe dissuasive sur toutes les saloperies jetables ?
Qu'on ne me dise pas que ça risque de léser les plus pauvres ! On trouve de la vaisselle et des couverts réutilisables et inusables pour une bouchée de pain chez tous les Emmaüs de France et du Poitou.
Ya pas de doute, le Grenelle de l'environnement, a vraiment fait avancer le schmilblick !
Car les choses sont ainsi sous le règne de notre bien aimé souverain Nicolas le Petit : il y a plein de bonnes idées qui se perdent ... et des coups de pieds quelque part aussi !

Publié dans Politique

Partager cet article

Repost 0

Cartes postales du Quercy (8)

Publié le par TSF36

Septième station : Souillac, le début et la faim

Souillac, quand on arrive du nord, c'est la porte d'entrée du Quercy. Et, chose étonnante, lorsqu'on remonte, c'est également la porte de sortie ! Cette petite ville-frontière peut sembler tristounette si on la découvre un lundi matin de septembre alors que tous les commerces ou presque ont leurs rideaux baissés et qu'il n'y a pas un chat dans les rues piétonnes du quartier ancien. Par contre, le vendredi matin, jour de marché, quelle animation autour des étalages colorés et parfumés de fruits, de légumes et autres nourritures terrestres! Une ambiance de marché provençal par un chaud soleil de fin d'été.
Sur le grand boulevard planté de platanes, les terrasses des cafés et des restaurants se remplissent peu à peu. Alors, on s'installe à l'ombre d'un platane bien frais pour une petite collation, histoire de ne pas repartir le ventre vide. D'après la lecture de la carte, tout semble bien cher ici ; alors on commandera juste une petite entrée pour dépenser ses dernières roupies quercynoises : terrine de foie gras de canard avec un unique verre de blanc moelleux.
Manger du foie gras, c'est très mal, car le gavage de volatiles non consentants est réprouvé par la déclaration universelle des droits du canard ; mais d'autre part, cette perversion n'en rend que plus grand le plaisir de déguster ce délice de barbare raffiné, dont la mauvaise conscience est le piment.


Ce sera la dernière mauvaise action perpétrée sur le sol quercynois avant de repartir vers le nord, vers les r'nâpées et les frimas berrichons.
D'ailleurs, quelques heures plus tard, (et que je sois damné si je mens) ayant juste passé le panneau routier "Bienvenue en Berry", des trombes d'eau s'abattirent sur votre humble serviteur, fort heureusement abrité par la carrosserie de son humble véhicule.
Pas de doute, les vacances au soleil étaient bien finies.  On venait d'arriver dans le grand nord ...

Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

Cartes postales du Quercy (7)

Publié le par TSF36

Sixième station : Rock à Madour

Après avoir touché le fond du gouffre, on ne peut que remonter vers des sommets sublimes, pensais-je en émergeant des profondeurs infernales. Alors, de Padirac à Rocamadour, il n'y a que quelques lieues et il serait dommage de snober ce site incontournable, triplement étoilé au Saint Livre Vert, sous prétexte que c'est une usine à touristes.
On se gare donc sans coup férir à l'Hospitalet. Certes c'est un peu loin du "centre-ville", mais on peut déjà y jouir d'une vue remarquable sur la cité miraculeusement accrochée à sa falaise vertigineuse dominant de 150 mètre le canyon de l'Alzou. Après quelques kilomètres à pied, on atteint la porte du Figuier par laquelle on pénètre dans dans l'unique rue du bourg avec ses magasins de souvenirs, ses marchands de glaces italiennes, de frites, kebabs, churros, hamburgers et autres spécialités typiquement quercynoises. Ce sont là les Champs Elysées amadouriens, où se presse la horde des touristes ; horde assez réduite en septembre, il faut le dire...
 Inutile de préciser que les véhicules automobiles n'ont pas droit de cité dans cette cité essentiellement piétonière. Cependant, on est parfois surpris par le passage d'un train surgissant à toute vapeur et qui vous écraserait presque sans crier gare ! ("Without shouting station", comme ne diraient pas nos amis touristes british)
Si on a échappé à l'écrasement par le train, on arrive au Grand Escalier de 223 marches qu'il faudra gravir en s'agenouillant à chaque degré si on est croyant, ou en courant si on est sportif. N'étant ni l'un ni l'autre, mais étant muni de deux jambes en état de marche, je l'ai gravi normalement afin d'éviter l'ascenseur payant et de réaliser de substancielles économies.
Et c'est ainsi qu'on arrive à la cité religieuse avec ses sept sanctuaires, dont la Chapelle Notre-Dame abritant la Vierge noire. Au dessus de la porte de ladite chapelle, on peut voir, enfoncée dans le roc, la véritable et authentique épée Durandal de Roland qui, de Roncevaux, la lança avec une telle force qu'elle vint se planter ici. Ce record absolu de lancer d'épée n'a hélas pas été homologué, en raison des soupçons de dopage !
Alors, pour aller toujours plus haut, on emprunte le chemin de croix aux 13 stations qui serpente dans un sous-bois jusqu'au château qui domine la cité. Hélas, les remparts ne sont accessibles que par une sorte de tourniquet à monnayeur ne laissant passer qu'une personne à la fois. Ca m'a fâcheusement rappellé d'autres portillons qui servent à compter les moutons et j'ai donc renoncé (au nom de la dignité du touriste)  à accéder aux remparts, me contentant d'une perspective moins élevée mais également moins onéreuse et surtout moins humiliante !
Après quelques flâneries dans la Grand Rue, en prenant bien garde au trafic des trains, ce fut alors le retour poussif vers l'Hospitalet avec reconversion en liquide des économies réalisées sur l'ascenseur et le compte-moutons, en l'occurence la dégustation d'une bière bien fraîche et bien méritée à la terrasse fleurie d'un bar panoramique. Et je pensais au compositeur Francis Poulenc, un mécréant qui avait été touché par la grâce lors d'une visite à Rocamadour en 1936 et avait composé ses "Litanies à la Vierge noire".
Pour ma part, malgré l'émotion esthétique ressentie à Rocamadour, malgré le profond respect qu'inspirent ces lieux de pélerinage, laïcité positive oblige, je dois reconnaître à ma grande honte n'avoir pas été touché par la grâce. Encore une tentative d'élévation spirituelle qui finit, noyée dans un verre de bière ... et, de plus, je n'aime toujours pas la musique de Francis Poulenc !
Mon cas est désespéré !










                                            Que celui qui n'a jamais péché me jette la première bière ....

Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 > >>