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Le Berry mystérieux : Les mégisseries de Levroux

Publié le par TSF36

Il n’est pas nécessaire de se rendre à grands frais au bout du monde pour découvrir des lieux insolites. C’est parfois dans un rayon de quelques kilomètres que l’inattendu vous surprend, que le pittoresque vous frappe, que le mystère vous mystifie.

Ainsi, la petite ville de Levroux qu’on traverse pour se rendre à Valençay, avec sa rue étroite et ses chicanes où deux véhicules ne peuvent même pas se croiser, réserve quelques surprises assez … surprenantes pour qui a un jour l’idée bizarre de s’y arrêter.

Il y a certes la collégiale Saint-Sylvain du XIIIe siècle, la Maison de Bois, la Porte de Bretagne, et les ruines du Château Fort sur une butte escarpée, des monuments mondialement connus, ou presque. Il y a aussi, près de la Maison de Bois, une charcuterie où on trouve le meilleur pâté berrichon du Berry et une boulangerie-pâtisserie où on trouve la meilleure galette aux pommes de terre du Berry, et même de la Galaxie.

Mais en dehors de ces hauts lieux du tourisme levrousain, il y a un étonnant quartier à l’est de la ville, dit « quartier des mégisseries » qui mérite le coup d’œil.

Il faut rappeler qu’au XIXe siècle et jusqu’au milieu de XXe siècle Levroux vivait presque exclusivement des mégisseries, une industrie prospère mais extrêmement polluante puisque les peaux étaient traitées aux sels de chrome qui étaient simplement rejetés dans la Céphons, petite rivière locale, sans compter les odeurs pestilentielles. Aujourd’hui il ne reste plus que deux mégisseries en activité à Levroux. Mauvaise nouvelle pour l’emploi local, mais excellente nouvelle pour l’environnement, d’autant plus que ces deux mégisseries (dont une travaille pour la maison Chanel) ne rejettent plus leurs cochonneries dans la nature.

Lire ici un excellent article sur la pollution à Levroux

Le quartier est donc devenu une friche industrielle remarquable avec ses vieilles mégisseries à l’abandon, constructions massives avec leurs persiennes horizontales destinées à assurer le séchage des peaux de mouton et de chèvres. Ces bâtisses décrépites, en voie de décomposition,  au milieu des herbes folles ont le charme ineffable de la décadence.

Autre curiosité du quartier : une curieuse maison néo-gothique avec des sculptures en façade et même une fausse gargouille.

Et, cerise sur le gâteau, dans le cimetière tout proche, un monument funéraire en forme de pyramide, dominant de son imposante silhouette les tombes des pauvres ploucs qui, s'ils n'étaient pas déjà morts, en mourraient de jalousie.

Dire qu’il m’a fallu tant d’années avant de découvrir ces merveilles dans un patelin qu’on traverse seulement pour aller à Valençay, ou à Blois parce qu’on ne peut vraiment pas passer ailleurs …

 

Levroux : le côté obscur et mystérieux
Levroux : le côté obscur et mystérieux
Levroux : le côté obscur et mystérieux
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Levroux : le côté obscur et mystérieux

Levroux : le côté obscur et mystérieux

Publié dans Berrichonnitude

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La réponse ultime

Publié le par TSF36

Non, je ne rêvais pas. C’était un vrai mur en pierres solides.

J’étais dans une ville inconnue que je visitais pour la première fois. Une ville, ou peut-être un village, dont j’ai oublié le nom. Il y régnait une atmosphère si étrange que je me demandai un moment si ce qui m’entourait était réel. C’est pourquoi j’avais fait le test du mur, un test assez simple consistant à exercer une pression de la main sur le premier mur venu afin de m’assurer que ce n’était pas un décor de théâtre en papier que ma main eût déchiré ni un hologramme immatériel qu’elle eût traversé sans contact.

Ce n’était pas le cas : le mur résistait comme le font tous les murs normaux. De plus, tout était clair et net, avec des contours précis et des couleurs vives. Et contrairement aux rêves pendant lesquels le dormeur dérive passivement dans une suite de scènes plus ou moins floues qui se déroulent indépendamment de sa volonté, j’étais pleinement conscient, capable de décision, prêt à explorer cette ville, à profiter de ce nouveau champ d’expérience qui s’offrait à ma curiosité…

Il y avait une église devant moi. Je m’y dirigeai donc pour la visiter comme j’avais l’habitude de faire, en bon touriste que j’étais. Mais cette fois-ci, ce n’était pas avec l’intention d’admirer les vitraux, les chapiteaux, de prendre des photos. Non, c’était avec une visée spirituelle car quelque chose en moi semblait me dire que j’y trouverais enfin la réponse à la grande question qui me hantait depuis longtemps.

J’entrai.

L’intérieur de l’église était assez atypique, sans nef, sans transept, sans chœur, sans abside, sans vitraux, sans piliers ni chapiteaux. C’était comme une longue galerie où étaient exposées, comme dans un musée, des statues de bêtes monstrueuses, de démons cornus et autres dragons qui me firent forte impression.

Mais, comme j’étais entré avec la ferme intention de trouver la réponse ultime, je demandai :

Jesus, y es-tu ?

Un grand silence me répondit. L’enfilade de bêtes fantastiques ne broncha pas. Ce ne fut pas une grande surprise. Je m’y attendais, car Michel Onfray m’avait appris la veille que Jésus n’avait probablement jamais existé en tant que personnage historique réel, mais seulement comme personnage conceptuel d’une fable fabriquée de toutes pièces.. Un concept ne peut donc pas répondre.

Alors, à défaut de Jésus, je devais m’adresser à Dieu dont la probabilité qu’il existât me semblait beaucoup plus sérieuse, ou du moins pas totalement exclue.

Dieu y es-tu ? demandai-je.

Il y avait dans ce lieu un petit groupe de gens dont j’ignorais s’ils étaient des touristes ou des fidèles. L’un d’entre eux se tourna vers moi et me regarda sans rien dire avec un sourire étrange et dans son silence éloquent, je compris...

Eh oui, Dieu, c’était moi ! J’avais toujours été Dieu et je le découvrais seulement aujourd’hui dans cette église qui n’en était peut-être pas une, dans cette ville dont j’ai oublié le nom.

Alors, tout heureux de cette révélation, je voulus tester immédiatement ma Toute Puissance.

J’avisai un autre homme du groupe et je lui dis : « Désormais, tu parleras berrichon jusqu’à ta dernière heure » Et l’homme se mit à parler une langue incompréhensible comme s’il se fût agi d’un mélange de serbo-croate et de swahili. Ce n’était pas la belle langue de Jean-Louis Boncoeur, célèbre barde berrichon.

Mon Dieu ! (ou plutôt Ma Pomme !) pensais-je. Qu’ai-je fait là ? Ce brave homme qui ne m’avait rien fait allait toute sa vie durant parler une langue qu’il serait le seul à comprendre. Certes, j’étais Dieu, mais un dieu gaffeur. Il devait y avoir un bug ou alors je ne maîtrisais pas encore le logiciel de la Toute Puissance.

Je me mis à chercher dans quelle rubrique de quel sous-menu se cachait l’option « annuler » ou « revenir à l’état précédent ». Hélas c’était trop tard et j’entendis sonner les matines, ding, ding dong ! C’était la sonnerie matinale d’un antique Iphone 4 S vieux de plusieurs années pour me rappeler bêtement qu’il était l’heure. J’ouvris un œil, puis l’autre, je m’étirai, je baillai ainsi que font la plupart des bipèdes homo sapiens quand ils s’éveillent au monde réel.

 

Une fois de plus la réponse ultime m’avait échappé.

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