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Eloge de la photographie et de Graçay

Publié le par TSF36

Ah ! la photographie, « cette tentative sublime et désespérée d’arrêter le cours du temps » comme le disait je ne sais plus quel philosophe. (C’était peut-être moi, en fait)

Aujourd’hui, quand on veut prendre une photo, on sort tout simplement son téléphone portable de sa poche et on appuie bêtement sur le bouton. La photo sera réussie à coup sûr et même d’excellente qualité. On ne s’étonnera pas qu’elle ait été transférée automatiquement– sans fil- sur l’ordinateur grâce au système icloud. On ne s’étonnera pas non plus de retrouver les indications sur le jour et l’heure exacte de la prise de vue ainsi que sa géolocalisation sur une carte ou une vue satellite. Tous ces miracles  sont devenus « normaux » pour les jeunes qui n'ont connu que le numérique.

Seuls les anciens qui, tels votre Humble Serviteur, ont débuté dans la photographie vers 1910 peuvent prendre toute la mesure des progrès réalisés dans ce domaine et s'en émerveiller.

Je me souviens comme si c’était hier de mon premier appareil photo à plaques. C’était une grosse boîte gainée de noir, très lourde, qui une fois ouverte laissait voir un soufflet qu’il fallait tirer grâce à un système de rails. Un bouton moleté permettait de faire une mise au point précise. Le dos de l’appareil permettait – grâce à un verre dépoli – de faire la mise au point en visionnant l’image à l’envers. Comme cette image était peu lumineuse, il fallait se couvrir la tête d’un voile noir pour y voir quelque chose, et bien entendu, l’appareil devait être monté sur un trépied vu que les plaques sensibles étaient peu sensibles et qu’il n’était pas question de faire de l’instantané à part par forte luminosité. Il n’était pas question non plus de prendre des sujets en mouvement. A part ça, il y avait pour seuls réglages le diaphragme à iris et la vitesse de l’obturateur que seule l’expérience permettait de maîtriser relativement. On laissait une grande latitude au hasard dans la réussite ou le ratage d’une photo.

Ainsi donc quand on avait réglé au mieux tous ces paramètres, on remplaçait le verre dépoli par un châssis contenant une plaque au gélatinobromure d’argent dont on enlevait ensuite le cache afin qu’elle fût impressionnée par les rayons lumineux. On appuyait alors sur l’obturateur au moyen du déclencheur souple en faisant une prière pour que la photo fût réussie. Mais cela, on ne le saurait qu’une fois rentré au laboratoire et une fois la plaque immergée dans une cuvette en faïence remplie d'une sorte de potion magique qu'on appelait révélateur, à la lumière obscure d’une ampoule  rouge inactinique. Ce serait soit un grand bonheur soit une grande déception…

 

Tout ça pour dire qu’il existe à Graçay, humble village du Berry, situé dans le Cher au sud ouest de Vierzon, un étonnant petit musée de la photographie qui mérite largement la visite. On y voit une belle rétrospective de la technique photographique des origines à nos jours,  depuis les belles chambres en bois verni jusqu’aux premiers numériques. Il y a aussi une reconstitution d’un labo photo antique. Tout cela est agrémenté d’explications audiovisuelles fort claires. A noter aussi une salle consacrée à Lucien Prévost, un pionnier méconnu du cinématographe, berrichon de surcroît auquel il était temps qu’on rendît enfin hommage.

Le musée est ouvert tous les jours pendant l’été. Le prix d’entrée est modique et la dame à l’accueil est très sympathique. Bref, cela vaut bien la peine de quitter l’autoroute A 20 et de faire un crochet jusqu’à Graçay.

Cerise sur le gâteau : en sortant du musée, on peut admirer l’Eglise de Saint Outrille dont la particularité est d’avoir un clocher … en spirale ! Un clocher étonnant qu’on peut même photographier …

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Plus de détails sur le (remarquable) site web du musée


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Eloge de la fête de la musique

Publié le par TSF36

Tiens c’est encore la Saint Jack Lang ce soir, avec ses concerts improvisés à tous les coins de rue. Je plains sincèrement les braves gens qui ont sommeil et qui vont subir sous leurs fenêtres les aboiements des rappeurs de la zup ou la chorale chevrotante de la maison de retraite. D’un côté comme de l’autre, il vaudra mieux faire provision de boules Quies (du latin quies = tranquille).

Afin d’élever un peu le niveau musical, voici un extrait (trop court hélas)  de « Music for18 instruments »(1976) de Steve Reich, le plus talentueux représentant de cette musique dite minimaliste ou répétitive. En fait si on écoute bien, elle n’a rien de répétitif ; elle l’est certainement moins que le Boléro de Ravel. Seul le rythme est immuable, les motifs mélodiques et les timbres orchestraux évoluent en permanence. Et elle n'a rien de minimaliste : c'est de la très grande musique. L’œuvre entière dure environ une heure sans la moindre pause, ce qui constitue un tour de force pour les interprètes et une expérience fascinante (voire hypnotique)  pour l’auditeur qui l’entend pour la première fois. Une heure de vol libre dans un temps qui aurait suspendu son vol. Une heure de pur bonheur sans recours aux substances illicites ...

 

S’il me fallait choisir quelques disques pour emporter sur une île déserte, celui-ci en ferait certainement partie avec quelques disques de Schubert et de Fauré, bien que cette histoire de disques pour l’île déserte n’ait plus grand sens maintenant, depuis qu’on peut emporter sa discothèque entière sur un ipod !

Voici donc un échantillon de cette oeuvre de Steve Reich (c'est le monsieur au piano qui porte une casquette)



Publié dans Musique

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Eloge du Double Giratoire

Publié le par TSF36

 

Parmi les curiosités de Châteauroux, l’une des plus remarquables est sans nul doute le Double Giratoire de l’avenue de Blois. Une innovation des plus innovantes qu'on nous envie dans toutes les villes de France , même à Thouars.

Seul le génie Berrichon pouvait apporter une solution élégante à un nœud de circulation aussi mal ficelé où se rejoignent d’une manière assez aléatoire six voies de circulation de largeur inégale. Les grands panneaux jaunes, judicieusement placés, si on prend la peine de les étudier un peu, donnent d’ailleurs une explication lumineuse  quant à l’art et la manière d’aborder ce sac de noeuds dans le respect du code de la route !  

Et ceux qui prétendent qu’il eût été plus simple de raboter et rabouter les six voies et de faire un unique rond point, c’est qu’ils n’on rien compris à la logique berrichonne. En effet, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?


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Publié dans Berrichonnitude

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La pelle du 18 juin

Publié le par TSF36

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Et cette année, vous avez la balayette en prime, pour seulement 2,69 € !

Pas de doute, les amis, la crise est maintenant derrière nous ...

Publié dans Politique

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