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More pictures of Périgord !

Publié le par TSF36

Comme je le disais précédemment, le Berrichon ça voyage pas beaucoup, mais quand ça voyage dans les pays lointains, ça aime bien le faire savoir, ne serait-ce que pour faire bisquer les pauvres ploucs qui sont restés chez eux !

Voici donc quelques cartes postales du Périgord Noir, ainsi nommé parce qu'il est vert.

La Roque-Gageac, célèbre pour son micro climat méditerranéen

Jardins tropicaux de la Roque-Gageac

Jardins de Marqueyssac, sans fleurs mais tout en buis taillé

Beynac, imposante forteresse médiévale ayant servi de cadre à de nombreux films

Gabarre sur la Dordogne, avec son chargement de toutous septembriens...

Château des Milandes (ancienne demeure de Joséphine Baker)

Domme, qui selon Henry Miller, est "l'approximation la plus voisine du paradis"

 

Petite salade du terroir avec terrine de foie gras et verre de Monbazillac : simple mais efficace !

 

Si vous en voulez encore, cliquez ci-dessous : http://tsf36.over-blog.com/album-376841.html pour visionner un petit album-photos intitulé Sarlat, capitale du Périgord Noir.

Publié dans Préhistoire

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Les Eyzies de Taillac, capitale de la préhistoire

Publié le par TSF36

Les-Eyzies-de-Taillac, capitale de la préhistoire, c’est un modeste petit bourg de 909 habitants qui s’étire le long d’une route très fréquentée reliant Périgueux à Sarlat. En été, ô miracle, la population est multipliée par dix. Ils sont vraiment forts, dans le Périgord.

Tout au long de la route, s’alignent des boutiques de souvenirs d’un goût exquis, des pizzerias et autres mange-vite pour touristes pressés. Il y a tout de même une pâtisserie sympathique où on peut se procurer d’excellents gâteaux aux noix et à la pâte d’amande (un pur délice). Partout, fleurissent des horodateurs voraces, mais il suffit, pour échapper à leur voracité, d’utiliser le parking gratuit situé à 500 mètres, au bord de la Vézère. Un village très banal à priori, comme une station de bord de mer, mais il suffit de lever les yeux pour comprendre ce qui a bien pu plaire à nos ancêtres au point d’y élire domicile pendant des siècles. La falaise calcaire qui surplombe la vallée fournit un remarquable abri sous roche, l’endroit rêvé pour couler des jours heureux en ces temps anciens.

Pour l’homme paléolithique, un abri sous roche orienté plein sud, c’est vraiment le top. D’abord, on est à l’abri de la pluie, de la neige, de la grêle, du vent et autres désagréments tout aussi … désagréables. On y bénéficie d’un ensoleillement maximum, et la nuit, le rocher restitue la chaleur accumulée pendant le jour. Génial non ?

Et tout ça pour pas un rond. Quand on connaît le prix actuel de l’immobilier en Dordogne, on se dit que nos ancêtres Homo Sapiens étaient vraiment des petits veinards.

De plus, ils avaient une vue imprenable sur la vallée de la Vézère, rivière très poissonneuse, sur les forêts giboyeuses et champignonneuses qui s’étendent sur l’autre coteau. A l’hypermarché Cro Magnon du coin, il suffisait de se servir. Tiens, on prendrait bien du bison aujourd’hui, pour changer du renne. Ah non, aujourd’hui, c’est le jour du poisson. Je vais harponner un saumon dans la rivière… Pas même besoin de faire la queue à la caisse. Les ressources de Mère Nature étaient inépuisables. Quel bonheur ce devait être, les soirs d’été, de se réunir en famille ou entre amis sur la terrasse autour du feu de bois pour déguster de bonnes grillades de renne avec des cèpes ou des girolles. Ca au moins, c’était la vraie gastronomie du Sud Ouest !

Ceci dit, le musée national de la préhistoire actuellement installé dans ledit abri sous roche est remarquable à plus d’un titre. On peut y voir sur 2 étages une impressionnante collection de pierres taillées et d’objets divers que seuls les spécialistes pointus sauront apprécier à sa juste valeur. Fort heureusement, il y a aussi des choses plus accessibles, pour les nuls (dont je fais partie). De remarquables reconstitutions en dermoplastie de l’homme de Neandertal et de l’homme de Cro-Magnon. Plus vrais que nature ! Il y a aussi une reconstitution d’un énorme mégaceros (l’ancêtre du cerf) et le moulage d’un rhinocéros laineux. Il y a surtout un grand nombre d’écrans vidéo qui passent de fort intéressants courts-métrages explicatifs. On y apprend comment on taillait le silex, comment on fixait la pointe à une sagaie, comment fonctionne un propulseur, comment on faisait du feu, comment on tannait les peaux de rennes, comment on cousait avec des poinçons et des aiguilles à chas, comment on faisait bouillir de l'eau avec des pierres brulantes, bref des tas de choses passionnantes qui font qu’on est moins bête en sortant du musée qu’en y entrant...

et qu'on ne racontera plus des âneries sur la préhistoire !

Homo sapiens neandertalensis (race disparue)

 

Homo sapiens sapiens (seule race encore existante)

 Megaceros, espèce disparue (envergure des bois : 3 mètres !)

 

 

 

Publié dans Préhistoire

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La grotte de Font-de-Gaume

Publié le par TSF36

Lascaux 2, c’est du toc, diront les puristes. Alors, si on veut voir de l’authentique, il faut visiter la grotte de Font-de-Gaume. D’ailleurs, on n’a guère le choix vu que c’est la seule grotte peinte encore ouverte au public.

L’atmosphère de cette grotte est très différente. Les peintures sont belles mais moins spectaculaires, du moins pour l’homo sapiens touristicus lambda. Beaucoup d’entre elles seraient difficiles à reconnaître sans les explications éclairantes des guides. Certaines ont un aspect délavé et il faut fournir un réel effort d’imagination pour y reconnaître tel ou tel animal. Certaines enfin ont été défigurées par les graffiti de visiteurs indélicats et iconoclastes du XIX ème siècle. La grotte, en effet, était déjà connue à cette époque, mais on n’en avait pas encore reconnu la valeur.

On ressent toutefois une grande émotion en se disant qu’on met ses pas dans les pas de nos ancêtres du Magdalénien qui ont fréquenté ces lieux il y a 15.000 ans. Le style des peintures est différent de celui de Lascaux et on y trouve des signes symboliques différents, comme les fameux " tectiformes " Normal, car ici 2000 ans s’étaient écoulés depuis Lascaux. Et pourtant, c’était toujours des animaux, rien d’autre que des animaux : des bisons, des chevaux, et (grande originalité) des rennes. Malgré quelques différences de style, rien n’avait apparemment changé dans la culture et les croyances.

Deux mille ans, c’est la durée de notre civilisation. Il s’en est passé des choses depuis l’an 1 de l’ère chrétienne jusqu’à maintenant !

Or il semble qu’aux temps de la préhistoire le temps s’écoulait différemment. Il s’écoulait bien plus lentement et d’autant plus lentement qu’on remonte loin dans le passé. Les notions d’histoire et de progrès devaient être totalement étrangères à nos ancêtres du Magdalénien. Pendant la durée de sa vie, relativement courte, un homme ne pouvait certainement pas assister à la moindre évolution des techniques, des modes de vie. Ces évolutions, que les préhistoriens observent avec un grand recul, étaient invisibles même à l’échelle de nombreuses générations. On n’est pas passé du jour au lendemain du nomadisme à la sédentarisation, ni de la pierre taillée à la pierre polie. Il y a eu un très lent glissement d’un mode de vie à l’autre. L’homme de Lascaux ou de Font-de-Gaume vivait exactement comme vivaient ses parents et comme vivraient ses enfants. Le monde avait toujours été comme il est et il serait toujours ainsi. On vivait alors dans une sorte d’éternel présent.

La vie n’était peut-être pas aussi dure qu’on se l’imagine généralement. Les hommes du Magdalénien avaient certainement résolu le problème de leur survie et jouissaient d’un certain confort, du moins les plus malins ou les plus chanceux d’entre eux. La fabrication des outils, des vêtements, la chasse, la pêche et la cueillette ne les mobilisaient peut-être pas 8 heures par jour. Peut-être avaient-ils déjà la semaine de 35 heures, voire moins ? En tout cas, ils devaient certainement avoir du temps libre pour penser à autre chose qu’à leur survie. Du temps pour se distraire, et du temps pour s’interroger sur les grands mystères du monde …

 

Scène de parade nuptiale de rennes (Font-de-Gaume). Avec un dessin, c'est beaucoup plus net ! (source : le petit bouquin vendu à la boutique du lieu)

Publié dans Préhistoire

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17.000 ans avant Sarko ...

Publié le par TSF36

Après le " Worst of Black Perigord ", passons maintenant au " Best of ", les extraordinaires sites préhistoriques qui font le principal attrait de cette région.

La préhistoire est une science jeune. Au XIX ème siècle, il n’y a donc pas si longtemps, on croyait que l’histoire de l’humanité était assez récente. D’ailleurs un évêque Irlandais avait très sérieusement calculé que la date de la Genèse était le 23 Mars de l’an 4004 avant notre ère ! En fait, on sait depuis peu que l’origine de l’homme remonte à plusieurs millions d’années. La Science nous a obligés à remettre nos pendules à l’heure et nous a fait prendre un sacré coup de vieux.

Si jadis les premiers représentants de la race Homo Sapiens, c’est à dire la nôtre, la dernière et unique race des hominidés encore existante, avaient décidé de s'établir dans le Périgord, ce n’était certes pas à cause de la réputation gastronomique de cette région. En fait, s’ils avaient testé certains restos à touristes de Sarlat, ils auraient certainement fait demi-tour et retraversé les Alpes en courant !

Non, en ces temps très anciens, nos lointains ancêtres de Cro Magnon avaient trouvé dans la vallée de la Vézère, des conditions idéales pour s’y établir, un climat relativement tempéré même pendant la période glaciaire, des abris sous roche orientés plein sud (ce qui constituait à l’époque le summum du luxe) une vallée verdoyante et boisée (pleine de cèpes et de girolles) servant d’autoroute aux nombreux troupeaux de rennes qui faisaient gratuitement l’ordinaire de leur alimentation, et qui leurs fournissaient en outre gratuitement la matière première pour de nombreux outils ainsi que pour leur habillement. Pour l’homme du paléolithique, c’était donc un pays de cocagne et vu que tout y était gratuit, on peut dire qu’ils jouissaient d’un confort et d’un pouvoir d’achat très supérieur à leurs descendants du XXI ème siècle.

Il est trois sites incontournables en Périgord pour le touriste qui s’intéresse un tant soit peu aux origines de l'homme : La grotte de Lascaux, la grotte de Font de Gaume et le Musée de la préhistoire aux Eyzies de Taillac. Et ceux qui ne s’y intéressaient pas auparavant auront certainement envie de s’y intéresser après avoir visité ces lieux magiques.

Lascaux, c’est le must, bien qu’on n’aie plus accès depuis belle lurette à l’authentique grotte découverte en 1940, mais seulement à une copie. Mais c’est une copie si parfaite qu’on en reste baba. Tout a été reproduit au millimètre près, y compris le relief des parois. Seul le sol en caoutchouc antidérapant nous rappelle qu’il s’agit d’une création récente. Sinon, tout y est parfaitement conforme à l’original, ou du moins à l’idée qu’on se fait de l’original. L’illusion est parfaite et on s’émerveille autant de la beauté de ces œuvres datant de 17.000 ans, que de la perfection de la copie. Et on ne peut que s’interroger sur les motivations de nos ancêtres qui sont venus peindre des animaux, toujours des animaux, au fin fond de grottes obscures et peu accessibles. Et pourquoi les humains ne sont-ils presque jamais représentés, sinon d’une manière caricaturale et schématique ? De cela, le guide ne dira pas grand chose, se contentant de décrire ce qu’on aurait parfois du mal à discerner à cause des contours flous et de l’éclairage volontairement réduit. On y apprend quelles techniques de peinture ont été utilisées, comment les " artistes " construisaient des échafaudages pour peindre au plafond, comment ils s’éclairaient avec des lampes à graisse. C’est déjà merveilleux qu’on ait réussi à en savoir autant, à connaître le " comment ". Mais le " pourquoi " reste encore mystérieux, bien que de nombreuses théories aient été formulées sur la question.

L’art pour l’art ? voilà un concept d’occidental moderne qui me semble peu vraisemblable, même s’il est possible que certains hommes de ce temps là aient pu ressentir le besoin de l’acte gratuit de la création artistique apparemment inutile, juste pour faire du beau.

Un rituel magique de chasse ? Dessiner des images d’animaux aussi réalistes possibles afin de s’en assurer la possession ? Pour les tuer virtuellement. Cela expliquerait l’absence de figures humaines. Reproduire l'image d'un être humain est tabou, car cela  équivaudrait à le vouer à la mort. Mais les animaux représentés sont rarement ceux qu’ils chassaient. Le renne est peu présent dans l’art pariétal de Lascaux , alors que d’autres espèces immangeables le sont abondamment…

Des représentations liées aux rites chamaniques ? C’est la théorie de Jean Clottes. Et c’est certainement l’explication qui me semble la plus satisfaisante à ce jour. Il ne fait en tout cas aucun doute que tout cela avait une signification religieuse.

Mais il faut se souvenir que cet art des peintures rupestres à duré pendant des milliers d’années et que les motivations des " artistes " ont pu évoluer d’une période à l’autre et d’un lieu à l’autre. Alors peut-être que toutes ces explications ont chacune une part de vérité. Nous ne saurons hélas jamais le fin mot de l’histoire, vu que les hommes de Cro Magnon n’ont pas jugé utile de laisser à l’intention des futurs préhistoriens le moindre écrit, ni même la moindre cassette VHS (support préhistorique s’il en est) sur leur vie et leurs croyances…

Peintures de Lascaux ne figurant pas à Lascaux II (reproductions exposées au musée du Thot où la photographie est autorisée)

Publié dans Préhistoire

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