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Eloge de la pomme (suite)

Publié le par TSF36

Neuvy Saint Sépulchre, paisible bourgade du Boischaut Sud, est d’abord connue pour sa basilique ronde unique en France, mais aussi pour ses « Journées de la pomme » qui ont lieu chaque année au début de l’automne. Notons au passage qu’il n’y a pas grande logique à tout cela. On souhaiterait plutôt une fête du basilic à Neuvy. Quant aux journées de la pomme, on s’attendrait normalement à ce qu’elles eussent lieu à Pommiers. C’est la même absurdité avec les journées de la châtaigne qui se tiennent à Eguzon et la fête du coing qui ne se tient pas à Coings mais à Argy. Seul Mâron fait preuve de cohérence en organisant, fort judicieusement, une fête du marron.

Quoi qu’il en soit, en dépit de cet illogisme typiquement berrichon, Neuvy Saint Sépulchre est depuis des lustres le grand pèlerinage des adorateurs de la pomme. Un rendez-vous désormais incontournable pour votre Humble Serviteur, récemment converti à la secte des adorateurs de la pomme, ainsi que précisé dans le billet précédent.

 Le consommateur lambda qui achète des pommes dans les grandes surfaces où on ne trouve généralement que 4 ou 5 variétés de pommes bien calibrées, bien luisantes, exemptes de tout défaut - et exemptes de caractère – sera fort surpris de découvrir qu’il existe des centaines de variétés de ce fruit qu’on croit connaître : des grosses, des petites, des biscornues, des rouges, des jaunes, des grises, des vertes et des pas mures, baptisées de noms pittoresques. Cette incroyable exposition, organisée par la Société Pomologique du Berry, ne s’adresse pas uniquement aux pomologues. Elle fait aussi le bonheur du photographe qui peut, un instant, se prendre pour Paul Cézanne.

 

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Ce sera aussi le bonheur des gourmands qui pourront goûter mainte spécialité à base de pomme sous toutes les formes, solide ou liquide : ah ! un beignet aux pommes bien chaud et bien gras dégusté avec une bolée de jus de pomme sortant du pressoir par une douce après-midi d’automne : n’est-ce pas cela qu’on appelle un accord parfait ?


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Enfin, pour montrer que la secte des adorateurs de la pomme n’est pas trop sectaire, et fait même preuve d’une grande ouverture d’esprit, il y a aussi des poires, des coings, des châtaignes et même des nèfles, fruit méconnu que les anciens berrichons appelaient des « mêles ». Mais ceci est une autre histoire,  et les nèfles auront un jour droit à un éloge particulier …


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Publié dans Berrichonnitude

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Eloge de la Pomme

Publié le par TSF36

Quand on a passé 20 ans de sa vie avec Windows, qui est encore la religion dominante, il faut une bonne dose de témérité, ou plutôt d’inconscience, pour se convertir tardivement à la Pomme, en sachant que la conversion sera irréversible.

Dans ce monde étrange, crée par Notre Père Steve Jobs qui est maintenant dans l’i Cloud, on pénètre d’abord à pas feutrés. Tout y est si différent. Un monde tout blanc aux formes élégantes, sans aspérités, presque sans câbles.

On n’y parle pas non plus la même langue. Ici, pas de logiciels, mais des applications. Pas de barre des tâches mais un dock au comportement bizarre. Pas d’explorateur, mais un finder. Pas de raccourcis, mais des alias. En langage applien la plupart des mots commencent par un « i » : imac, ipod, iphone, ipad, itunes, iphoto, imovies, iCloud, Ibidulle, j’en passe et des imeilleurs …

Un clavier minimaliste avec des touches placées différemment des claviers de PC. On chercherait en vain le Ctrl + Alt + Suppr qui faisait la joie des Windowsiens.Il faut dire que les Macs ne se plantent presque jamais. On y trouve par contre une touche « pomme » également nommée CMD avec un curieux symbole en forme de carré avec des coins ronds ! L’arrobase n’est plus au même endroit, de même que d’autres signes de ponctuation et le symbole € s’obtient différemment.

Quant à la souris, dite magic mouse, elle n’a aucun bouton et il faut apprendre à la caresser dans le sens du poil pour l’apprivoiser.

Quand on a appuyé sur le bouton de mise en marche, on est accueilli par un simple accord musical et un écran blanc au centre duquel vient s’afficher une petite pomme grise et une minuscule roue dentée qui tourne un court instant. Au bout de 30 secondes, on est déjà sur le bureau où les icones du dock, tout en bas, constituent les seules touches de couleurs d’un environnement très sobre.

Aucun antivirus ne moulinera quotidiennement pour se mettre à jour, étant donné qu’il n’y a pas de virus sur les Macs. On peut donc commencer à travailler ou à s’amuser (selon la façon dont on voit les choses).

Les applications démarrent toutes au quart de tour. L’application de courrier est assez intelligente pour trier le bon grain de l’ivraie, c’est à dire le vrai courrier du spam. Le navigateur internet, nommé Safari est au moins aussi bien que Firefox et à fortiori internet explorer. Aucun regret, donc.

Et ce qui frappe le plus, c’est le silence absolu de la machine, quand on a subi pendant des lustres le vrombissement des vieux PC avec leurs grosses tours moches, grisâtres,  bardées de ventilateurs. Avec le Mac on est à des années lumière de tout cela.

Ici, le matériel est beau ; le système d’exploitation est beau. Malgré sa grande complexité, Mac OS X sait rester sobre, accessible, amical pour l’utilisateur. Tout devient transparent et on n’a plus l’impression de faire de l’informatique.

Pour les utilisateurs de Windows, qui constituent 90 % des informatisés, un macuser est nécessairement un hérétique et un switcher un renégat. Qu’importe …

Il paraît que nos plus lointains ancêtres ont été chassés du Paradis pour avoir croqué une pomme. Pour ma part, depuis que j’ai adhéré à la secte des adorateurs de la pomme, j’ai plutôt le sentiment d’avoir enfin échappé, sinon à l’enfer, tout au moins au purgatoire de Windows et de me retrouver dans un paradis blanc où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté...

apple

 

 


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Eloge du crocus sativus berrichonnus

Publié le par TSF36

Parmi les petits plaisirs de l’automne, assister à la floraison du crocus sativus est un plaisir rare. La fleur est jolie certes, mais en plus, elle se consomme, du moins en partie puisqu’il s’agit du safran.

La culture du safran est très simple et même les nuls en jardinage pourront y réussir. On achète, en été,  des bulbes qu’on enterre à 15 cm de profondeur et à 15 cm d’intervalle les uns des autres et les autres des uns (ou réciproquement). Et on les laisse se débrouiller. Surtout pas d’arrosage.

Et vers la mi-octobre, ô miracle ! on voit soudain sortir de jolies fleurs violettes avec trois étamines jaunes et un pistil divisé en trois longs stigmates d’un beau rouge. Ce sont lesdits stigmates qui nous intéressent particulièrement. On les cueille avec une petite pince, et avec soin, pour les garder entiers. Une petite déception guette le néophyte : ça ne sent rien. Normal, car ils sont composés de 80 % d’eau.

Il faut donc les faire sécher, mais pas n’importe comment. C’est la phase la plus délicate qui va déterminer la qualité du produit (ou le ratage total de la récolte). La méthode la plus simple, c’est le bon vieux four électrique traditionnel (surtout pas le micro-ondes !) réglé à 50 degrés maximum pendant une demi-heure. Il est recommandé de laisser ouverte la porte du four. Les stigmates doivent perdre 80 % de leur poids et devenir secs, presque cassants. Il faut les surveiller de près pendant cette phase critique.

Si tout s’est bien passé (et que le safran n'est pas carbonisé !) une seconde déception guette le néophyte : ça ne sent toujours rien. Normal encore, car ce n’est qu’au bout d’un mois que les stigmates de safran, mis dans un petit bocal hermétique à l’abri de la lumière, pourront développer leur puissants aromes.

Le safran, bien que vendu environ 30 € le gramme est certainement une des épices les plus économiques qui soient. Trois filaments suffisent en effet pour parfumer un plat.

Même une simple purée de pommes de terre deviendra un délice ineffable …

 

                                        Isidore Ledoux safraniculteur berrichon occasionnel

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Pour vérifier que ça ne sent rien, cliquez sur la photo ... effectivement ça ne sent rien !

Publié dans Botanique

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