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Où sont les champignons d'antan ?

Publié le par TSF36

Jadis, à cette saison, on allait dans la forêt et on remplissait son panier de girolles, de pieds de moutons, de trompettes de la mort, en vue de fricassées gargantuesques ou de petites omelettes, selon que le hasard était favorable ou non. C'était cet aspect aléatoire de la cueillette qui en faisait le charme, mais on rentrait rarement bredouille.
Cette année, rien ; pas le moindre champignon des bois à se mettre sous la dent. Restent les champignons de Paris, fabriqués à Luçay-le-Mâle qu'on peut encore trouver au marché le samedi matin moyennant une poignée de roupies mais qui n'apporteront qu'une maigre consolation au vrai champignophile champignophage.
Par contre, dès que le jardinier a tourné le dos, les mauvais champignons s'invitent volontiers au pied des grands arbres qui bordent les allées du parc de mon château, afin de les parasiter sans leur demander leur avis. Les mauvais champignons n'ont aucun savoir-vivre ; c'est à ça qu'on les reconnaît. Non seulement ils sont laids et gluants, mais de plus, ils répandent une odeur fétide, infecte, putride et nauséabonde dont la photo ci-dessous ne donnera qu'une faible idée.
Beurk !

Voilà, c'était la dégoûtation du jour, en ce jour d'Halloween, fête de la laideur et du mauvais goût ...





Publié dans Gastronomie

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Maigre chine à Chézelles

Publié le par TSF36

"Les cons, ça ose tout, c'est à ça qu'on les reconnaît"
(Michel Audiard - Les Tontons flingueurs)

Plus la saison tire à sa fin, plus les vide-greniers berrichons  se multiplient comme si l'on voulait se faire croire que l'hiver ne viendrait jamais y mettre un terme.
Hélas, tout cela relève de l'énergie du désespoir et les immenses déballages qu'on peut voir chaque dimanche dans les villages de notre belle Province ne méritent même plus l'appellation de vide-greniers ni encore moins de brocantes. Les déballeurs dominicaux ne vident plus que les chambres des gamins : vêtements, jouets en plastoque et autres cochonneries. Certes, cela participe au recyclage des biens de consommation et se défend parfaitement d'un point de vue écologique. Celui qui cherche de l'utilitaire, des objets d'occasion  à petit prix y trouvera certainement son compte.
Mais le vrai Chineur, qui cherche de l' "inutilitaire", des objets anciens, des objets de collection en sera généralement pour ses frais. Il n'y a plus le moindre objet antérieur à 1990.  Ou alors, ce sera à prix d'or.
Exemple : un poste Pizon Bros Skymaster des années 50 vu ce matin à Chézelles : prix demandé par l'abruti le sympathique vendeur : 400 € ! Inutile d'essayer d'engager le dialogue dans ces conditions quand on sait que ce genre d'appareil se négocie rarement au dessus de 100 € dans les bourses spécialisées.  D'où la citation de Michel Audiard figurant en exergue!
Ceci dit, je ne suis pas revenu bredouille, puisque quelques stands plus loin, une brave dame proposait des confitures maison à des prix nettement plus abordables, dont la très rare confiture de gargaillous (voir un article précédent) , en l'occurrence labelisée  "baies d'églantier". Une de ces petites consolations qui font qu'on persiste à trouver plutôt sympathiques les déballages dominicaux, et que malgré tout, on  y revient ...    

 

Publié dans Chine

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Gargilesse hors-saison

Publié le par TSF36

C'est encore l'été indrien, une saison qui n'existe que dans l'Indre...
 Une douce après-midi d'octobre avec un ciel gris d'opale que le soleil tentera en vain de percer. Des rues désertes où ne déambule plus l'ombre d'un touriste. Des parasols fantomatiques à la terrasse vacante de l'Hôtel des Artistes, que la vigne vierge agonisante enlumine. Un crâne humain derrière une fenêtre bleue, dont le rebord s'empourpre de l' agonie des feuilles : cette nature morte est là pour nous rappeler  que nous sommes tous mortels et que l'instant présent est merveilleux.
                                Memento mori et carpe diem ! 





                                        

Publié dans Berrichonnitude

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Im Abendrot

Publié le par TSF36

"Au crépuscule", ou plus exactement "dans la rougeur du soir", tel est le titre du dernier des quatre derniers lieder (Vier letzte Lieder) de Richard Strauss. Une oeuvre que tout le monde s'accorde à reconnaître comme sublime, mais qui m'avait jusqu'alors totalement échappé bien que je l'eusse maintes fois entendue.
Richard Strauss figure en effet, en la bonne compagnie de Haydn, de Rameau, de Chostachovitch et de nombreux autres grands musiciens, au catalogue des compositeurs pour lesquels je n'ai pas d'atomes crochus, et dont je ne possède par conséquent aucun enregistrement sur mes vastes étagères musicales.
De Richard Strauss, le commun des mortels ne retient que les premières mesures d'Also sprach Zarathustra qui sert d'ouverture à 2001 l'Odyssée de l'Espace. Il faut reconnaître que sa musique n'est pas facile : elle fait suite et prolonge celle de Wagner dernière manière, le Wagner de Tistan et Isolde, une musique quasi-atonale, dans laquelle il est bien difficile de retenir une mélodie qu'on puisse chanter sous la douche ou siffler en travaillant !
C'est ainsi que, faute de mélodie mémorisable, les quatre derniers lieder de Richard Strauss m'avaient toujours semblé dignes du plus grand respect, mais inaccessibles.
Or hier, comme je circulais dans mon humble véhicule (équipé toutefois d'un excellent poste de TSF branché en permanence sur Radio Classique) j'entendis une voix merveilleuse chantant une mélodie sublime sur une orchestration somptueuse alors que je passais près d'un grand parc où le chaud soleil d'une fin d'après-midi d'automne amplifiait les mille nuances rougeâtres des feuillages.
Je sentis alors tous mes poils se hérisser et un frisson me parcourir ; un déclic s'était produit dans mes circuits neuronaux, comme un relai électromécanique qui se ferme, et le courant avait été établi entre cette musique et moi. 
Il s'agissait, bien sûr, de "Im Abendrot" chanté par Renée Fleming, ainsi que le souligna le speaker iconoclaste en shuntant la conclusion orchestrale qui auraît normalement dû être suivie d'un long silence méditatif.
Im Abendrot, c'est un poème très simple de Eichendorff qui parle de la beauté du monde, de la paix, du sommeil et de la mort mais dans une parfaite sérénité. On y entend chanter les alouettes (à la flûte) tandis que la nuit tombe et que la musique se dissoud dans le silence.
 

Wir sind durch Not und Freude
gegangen Hand in Hand;
vom Wandern ruhen wir
nun überm stillen Land.

Rings sich die Täler neigen,
es dunkelt schon die Luft,
zwei Lerchen nur noch steigen
nachträumend in den Duft.

Tritt her und laß sie schwirren,
bald ist es Schlafenszeit,
daß wir uns nicht verirren
in dieser Einsamkeit.

O weiter, stiller Friede!
So tief im Abendrot.
Wie sind wir wandermüde--
Ist dies etwa der Tod?


Comme quoi, en matière de musique il ne faut jamais jurer de rien. Une oeuvre qui vous avait toujours semblé obscure peut soudain se révéler à la faveur d'un éclairage particulier. La chaude lumière d'une soirée d'automne, peut-être alliée à une humeur sereine avait en l'occurence fait office de révélateur, comme pour donner raison à la théorie des correspondances de Beaudelaire : "Les parfums, les couleurs et les sons se répondent"

Pour entendre ce chef d'oeuvre de Richard Strauss par Renée Fleming, il suffit de se rendre sur Youtube. L'image est hélas médiocre déformée ; il vaudra mieux fermer les yeux, mais la voix est merveilleuse, l'orchestre sous la direction de Claudio Abbado est somptueux et on y entend même l'indispensable silence méditatif à la fin ...

http://fr.youtube.com/watch?v=R9_ZXPkIkrc

 

Publié dans Musique

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