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Eloge de Saumur

Publié le par TSF36

Pour le commun des mortels, Saumur n’évoque pas grand chose en dehors de son Cadre Noir, célèbre école chevaline et ses excellents vins à bulles ou sans bulles. Pourtant, c’est aussi une ville charmante qui mérite largement une visite.

D’ailleurs toutes les villes du bord de Loire méritent d’être visitées ; elles ont toutes ce charme indicible donné par la Loire, cette langue de l’Océan qui pénètre loin dans les terres.

Ici, le grand fleuve, large et agrémenté de bancs de sable où de nombreux oiseaux viennent s’asseoir, confère à la ville une douceur angevine (normal : on est pas loin d’Angers), une ambiance déjà maritime, un climat déjà océanique comme en attestent les nombreux palmiers et bananiers prospérant dans les jardins. Avec ses maisons de tuffeau toutes blanches couvertes d’ardoises fines, la ville s’étend au bord du fleuve immense que l’Ile d’Offard sépare en deux bras, couronnée par son superbe château perché sur un coteau.

Il faut voir Saumur de l’île précitée, le matin au lever du soleil pour la découvrir sous ses couleurs mordorées dans la brume matinale.

 

 Dans la vieille ville, l’amateur d’art et d’histoire aura pas mal de vieilles pierres à se mettre sous la dent : l’Hôtel de Ville, le Théâtre, l’Eglise Saint Pierre (hélas en restauration), les vieilles maisons du quartier Saint Pierre et du quartier du Temple, les beaux hôtels particuliers du XVIII e siècle du quai Mayaud. Pour digérer tout cela, un petit verre de Saumur Champigny dans un des nombreux troquets du centre sera nécessaire.

Du château, dont la visite est incontournable, un panorama à couper le souffle s’étend à l’infini en direction du Nord, et plus loin encore par temps clair. Certains prétendent même avoir vu la tour Eiffel, après quelques coupes de crémant de Loire …

Ensuite, on pourra pousser jusqu’à la curieuse église ND des Arvilliers avec sa rotonde aux vastes dimensions et sa décoration baroque.

 

Quid du Cadre Noir ? me direz vous.

Eh bien, étant peu versé dans les matières chevalines, équestres, hippiques, dadaïstes, et persuadé que la plus noble conquête de l’homme, c’est la bicyclette, j’avoue avoir zappé totalement cet aspect de Saumur. Impasse donc sur l’Ecole nationale d’équitation, sur le musée de la cavalerie ainsi que sur le musée des blindés, pourtant recommandés par le Saint Livre du Routard.

Finalement, le cadre de Saumur, je ne l’ai pas trouvé noir du tout, mais plutôt bleu et fort agréable en cette belle journée quasi-estivale d’octobre.


 

 
N.B. Si vous avez un ordinateur antique (un ordinosaure !) vous ne pourrez pas visionner les vidéos en HD et en plein écran. Il vous faudra cliquer sur HD pour repasser en définition standard. Sur un petit écran, la différence de qualité sera peu sensible.

Publié dans Pays lointains

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Eloge de la brocante des Marins

Publié le par TSF36

On dira ce qu’on dira, mais les brocantes professionnelles c’est quand même autre chose que les vide-greniers qui ont connu un développement exponentiel ces dernières années.

Certes, il y a la crise. Et loin de moi l’idée de jeter la pierre aux particuliers qui essaient de gagner quelques roupies en se débarrassant d’objets inutiles qui peuvent être utiles à d’autres victimes de la crise, d’autant plus que cela contribue à lutter contre le gaspillage, en donnant une seconde vie à des objets qui sinon cela finiraient à la déchèterie. Les vide-greniers (qu’on devrait plus judicieusement nommer vide-armoires ou bourses aux vêtements et aux jouets en plastique, électroménager, ustensiles de cuisine) s’inscrivent dans une démarche écologique parfaitement vertueuse.

Par contre, les amateurs d’art, d’objets anciens ou insolites, bref d’inutile, trouveront rarement leur bonheur dans ce genre de manifestation, où les objets les plus anciens remontent tout au plus au début du XXI è siècle !

Pour espérer trouver l’objet de son désir, il n’y a que les vraies brocantes, c’est à dire celles réservées aux professionnels qui ne déballent pas n’importe quoi. Car les brocanteurs, qui ne sont pas des imbéciles, opèrent un tri judicieux dans les objets qu’ils exposent. Ils nous épargnent la vue des vêtements d’occasion et des jouets en plastique, cocottes-minute et autres objets peu antiques. Certes, quand ils ont des beaux objets, ils n’en font pas cadeau, mais au moins on a le plaisir de les admirer, faute de pouvoir les acquérir.

Parmi les brocantes professionnelles les plus renommées du Berry, celle dite « des Marins » est incontournable. Crée en 1968 (l’année de la révolution) dans l’Avenue des Marins, elle a su traverser les décennies avec une réputation qui, malgré des hauts et des bas, s’est maintenue jusqu’à nos jours. Chaque année, début Octobre, c’est la reprise après la pause estivale et les chineurs, en foule,  y déboulent dès potron-minet, armés de lampes électriques et d’espérances folles.

Les espérances seront souvent déçues, mais qu’importe. On aura au moins eu le plaisir de voir de beaux objets qui ne sont pas laids, des vieilleries qui ne sont pas jeunes, des curiosités très curieuses, et des choses insolites qu’on ne voit pas habituellement.

Ce matin, l’objet qui a le plus attiré l’attention était certainement cette sirène faite d’un vieux mannequin aux cheveux de filasse habillé de coquilles Saint Jacques, ayant peut-être servi jadis de décor pour un restaurant, ou pour une poissonnerie. Une œuvre d’art  kitchissime que personne ne songerait à acheter, mais que tout le monde photographiait … bêtement.

 

photos-2013-2803.jpg


 

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L'enfer de Chauvigny (Vienne)

Publié le par TSF36

Parmi les très nombreux berrichons qui, chaque année, prennent la route des plages de  l’Atlantique, rares sont ceux qui ont l’idée de s’arrêter à Chauvigny, petite ville du Poitou, hérissée de ruines médiévales, perchée sur un impressionnant promontoire. Encore plus rares sont ceux qui ont l’idée de pousser la porte de l’Eglise Saint Pierre, une magnifique église romane. Ce qui surprend d’abord, en entrant dans cette vénérable bâtisse du XII è siècle, ce sont les peintures, fraiches et impeccables, comme si elles dataient d’hier. En fait, elles datent du XIX è siècle.

Mais ce qui est beaucoup plus admirable, ce sont les chapiteaux du chœur. Ces sculptures, signées d’un certain Gofridus (chose rare, car les artistes signaient rarement leurs œuvres) présentent des scènes terrifiantes de pécheurs dévorés vivants par des monstres infernaux, démons à crêtes et à écailles, dragons griffus, sphinx, sirènes, oiseaux géants au bec immense, et autres bestioles pas très sympathiques. Tout un bestiaire infernal destiné à effrayer les pécheurs et à les inciter à rentrer dans le droit chemin !

En ces temps très anciens, personne, les savants comme les sots,  ne doutaient de l’existence de l’enfer, pour la simple raison qu’on ne leur avait pas encore démontré que cela n’existait pas. Et le siècle des Lumières n’était pas encore arrivé.

Maintenant, on se contente d’admirer ces magnifiques chapiteaux, émouvants dans leur naïveté. Mais ils ne feraient même plus peur aux petits enfants.

Car on sait bien que l’enfer c’est ici-bas.

 Tout comme le paradis … quand on le voudra bien.


 

 

http://vimeo.com/75657199

Publié dans Pays lointains

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Eloge de Chaumont-sur-Loire

Publié le par TSF36

Il est vraiment dommage que, depuis la célèbre chanson de Michel Delpech, le Loir-et-Cher ait une aussi boueuse réputation. Car, on n’y marche pas plus dans la boue qu’ailleurs, et il est inutile de se munir de bottes en caoutchouc quand on y va !

Le Loir-et-Cher a le grand mérite d’être traversé par la Loire et d’abriter les plus beaux châteaux dudit fleuve, dont Chambord, Blois et Cheverny, véritables joyaux du tourisme hexagonal que le monde entier nous envie.

Le château de Chaumont-sur-Loire, même s’il n’est pas aussi remarquable que les précités, bénéficie d’une position élevée sur un coteau, d’où on a un panorama grandiose sur le fleuve et ses lumières exceptionnelles.

Mais ce qui fait le grand intérêt du lieu, c’est son festival des jardins dans un parc immense où on peut découvrir des installations artistiques paysagères renouvelées chaque année. Certes, c’est de l’art contemporain : on peut aimer ou pas ; mais il y a toujours matière à étonnement et à réflexion. Fort heureusement, il y a des panneaux explicatifs pour éclairer le visiteur sur les intentions de l’artiste.

Le coup de cœur sera pour la sculpture de nuage : un vrai nuage produit par des brumisateurs dans un bosquet de peupliers. Une « sculpture » aux formes aléatoires sculptée par le moindre souffle de vent. Un concept très poétique et un havre de fraicheur par une après-midi torride de septembre … 

Certes, pour entrer dans ce jardin extraordinaire, il faut débourser quelques roupies ligériennes, mais on peut passer la journée à explorer tous les recoins de ce monde étrange, et on ne regrettera pas l’investissement.

Un vrai bonheur pour profiter des derniers feux d’un été finissant …

 

 

 

 http://vimeo.com/75430567

Publié dans Pays lointains

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