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Eloge d'Arcachon hors-saison

Publié le par TSF36

Cela peut ressembler à un oxymore étant donné qu’Arcachon se proclame fièrement la ville des quatre saisons.  Mais hors saison estivale, débarrassée des hordes de juilletistes et d’aoutiens, cette belle ville est vraiment digne d’éloges. Le septembrien peut alors s’y aventurer sans stress.

Arcachon est une « ville nouvelle » créée en 1857 siècle sur des dunes de sable plus ou moins fixées par des pins maritimes. Son climat doux et son air exceptionnel où l’iode se mêle à l’essence de pin en fit une destination très courue par les malades et les bien portants. Le bassin d’Arcachon est comme une petite Méditerranée où l’eau est plus chaude que celle de l’Atlantique. Il n’y gèle jamais et une végétation luxuriante s’y épanouit. Les rues sont bordées de lauriers roses en pleine terre, et pas comme chez nous en pots qu’on rentre pour l’hiver.

La ville d’été, qui s’étend parallèlement au front de mer est d’une propreté parfaite avec ses façades blanches ornées de boiseries tarabiscotées. La place des halles, bien que très moderne, est parfaitement intégrée aux constructions plus anciennes. D’ailleurs, ici le terme « ancien » est relatif puisqu’on ne trouvera rien d’antérieur au XIX è siècle, donc pas de cathédrale gothique, pas d’église romane, même pas une maison médiévale à pans de bois !

Mais le clou d’Arcachon est la « ville d’hiver » avec ses villas toutes différentes et toutes plus étonnantes les unes que les autres (et inversement). Ici, les architectes avaient laissé libre cours à leur fantaisie la plus débridée et avaient construit dans tous les styles qui étaient à la mode au XIX è et au début du XX è siècle. Vu qu’il n’y avait rien sur les hauteurs de cette dune déserte, il n’y avait pas de plan d’urbanisme ni de style à respecter. On s’en est donc donné à cœur joie dans le style néo gothique, le mauresque, l’exotique, le chalet suisse, l’art déco, l’étrange et le bizarre… Les rues furent même tracées en forme de courbes, afin de briser le souffle du vent. Ce délire architectural est un vrai bonheur pour le photographe.

Après s’être repu de curiosités architecturales, il est temps de redescendre vers le front de mer qui est sans conteste le centre de gravité d’Arcachon avec sa jolie plage, ses jetées blanches, ses alignements de tamaris et de pins maritimes, ses enfilades de terrasses de restaurants où les tables croulent sous les poissons et les fruits de mer, pour le grand bonheur de la foule cosmopolite attablée jusque tard dans la soirée.

C’est une étrange sensation que de déambuler sur ce merveilleux front de mer plein de vie, pour quelqu’un qui habite toute l’année dans une ville morte, où on ne voit pas un chat dans les rues après 19 h.

Un séjour à Arcachon, est un merveilleux remède à la morosité pour le plus ronchon des berrichons …

Arcachon en septembre

Publié dans Pays lointains

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