Eloge du Gazania

Publié le par TSF36

Jadis, en Bas-Berry, aux temps anciens où l'eau était encore abondante, il était de coutume de planter chaque mois de mai, juste après les Saints de Glace, des massifs de fleurs annuelles : petits begonias, œillets d'Indre, roses du même pays, ageratums (ou agerata ?), sauges, petunias et autres boit-sans-soif qu'il fallait arroser tous les jours (voire même quotidiennement) jusqu'aux premières gelées d'octobre. Je me souviens du temps où je disposais en quinconce, selon un plan géométrique rigoureux, des bégonias roses à feuilles sombres et des bégonias rouges à feuilles claires, avec parfois - grande audace esthétique - des bégonias blancs alternés. Ceci afin de rester dans le style classique du jardin à la Française, imposant sa quadrature à la nature ...

Or, maintenant que l'eau est rare et chère, maintenant que le désert avance inéluctablement  aux frontières du Bas-Berry, il n'est plus question de sacrifier à ces pratiques dispendieuses d'un autre age. Place donc aux fleurs sobres qui  sont au règne végétal ce que le chameau est au désert. C'est le cas des Gazanias, ces merveilleuses fleurs multicolores, à floraison abondante, supportant parfaitement le plein soleil et ne réclamant caïman pas d'autre arrosage que la pluie du Ciel.

Cette année, donc, les alignements géométriques de bégonias ont fait place à une plantation aléatoire et chaotique de Gazanias qui devraient se ressemer d'eux même d'année en année sans aucune intervention du jardinier. Economie de main d'oeuvre, économie de godets en plastique, économie d'eau. Non seulement c'est beau mais en plus ça permet de sauver la planète ! Que demander de mieux ?

Vive le Gazania !

Publié dans Botanique

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