Stargate
Il est dans le sud de l'Ardèche un minuscule village perché sur un éperon rocheux des Cévennes portant le nom de Naves et classé comme "village de caractère". Naves séduit le touriste par son caractère moyenâgeux, ses ruelles pavées, ses passages voûtés, ses panoramas enchanteurs ... et par la relative absence de touristes !
Au milieu du village, se dresse une modeste église romane munie d'un clocher "à peigne", typique des églises de la région, destiné à abriter les cloches dont une seule subsiste. Au parvis de ladite église, on peut lire l'inscription suivante : "C'est ici la maison de Dieu et la porte du Ciel".
Cette inscription, très belle au demeurant, m'a profondément laissé pensif et j'ai longtemps hésité à franchir le seuil.
En tant que mécréant et disciple de Spinoza, je sais depuis longtemps que Dieu, c'est la Nature (Deus sive natura) et que ces deux termes sont parfaitement synonymes. Or il existe déjà dans la Brenne une "Maison de la Nature". Donc la première partie de l'inscription du parvis était manifestement une erreur, peut-être volontaire, destinée à discréditer la Maison de la Nature de la Brenne.
Par contre la deuxième partie de l'inscription méritait une analyse plus approfondie. La Porte du Ciel faisait une référence évidente à la célèbre série de science-fiction Stargate (La porte des étoiles), cette étrange porte qui donnait accès à des mondes situés au delà de notre espace-temps familier. Qu'y avait-il de l'autre côté ? Etait-ce vraiment un passage vers une autre dimension ?
Pour le savoir, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis entré. L'intérieur avait été fraîchement restauré. Les murs qu'inondait le soleil de midi, étaient d'une blancheur immaculée. Il y avait un autel en pierre brute sans décoration, un crucifix, un vague tableau contemporain, une statue et des bancs. Et pas l'ombre d'un touriste. Une ambiance très zen, propice à la méditation.
Des haut-parleurs de bonne qualité diffusaient à ce moment une musique sublime et familière que je reconnus immédiatement : le Requiem de Mozart . Le Kyrie s'achevait. Je me suis assis et je suis resté afin d'écouter avec délectation le Dies irae, puis le Tuba mirum et enfin le Rex tremendae.
Aucun doute, c'était bien la porte du ciel ...




