Retour à l'essentiel
Après ces incursions dans cet univers parallèlle qui se nomme la chine, il est salutaire, parfois, de revenir au monde réel.
J'ai donc mis à profit une belle journée de fin d'été pour parcourir les vastes étendues solitaires de la Brenne, là où il n'y a rien à chiner, mais où les merveilles de la Nature sont gratuites. Quel bonheur de revenir aux choses essentielles et de pouvoir saluer par leur nom, comme de vieilles connaissances, la bruyère, les ajoncs, les roseaux, les hérons pourprés, les vanneaux huppés, les aigrettes blanches, les foulques macroules, les geais et les mésanges bleues. Quel bonheur de s'asseoir sur une butte de grès et de contempler le spectacle toujours changeant des nuages se reflétant au miroir paisible des étangs. Les nuages sont tous différents. Il n'y en a pas deux semblables et, si on filme le ciel en accéléré, on constate qu' ils changent constamment de forme. Ils sont pourtant tous formés par la condensation de vapeur d'eau et mus par le vent dans le sens où il souffle. Ils naissent, vivent leur éphèmère existence, puis ils meurent sans que celà soit un drame ... Enfants des turbulences aléatoires et des lois physiques immuables, les nuages sont comme toute chose dans l'univers, le fruit du hasard et de la nécessité. Chaque vie humaine est aussi comme un nuage qui passe ...
Comme je plains les gens pressés qui n'ont pas le temps de contempler les nuages et de s'en émerveiller. Le temps consacré à la contemplation de la Nature est peut-être le temps le mieux employé durant notre court séjour sur cette merveilleuse planète bleue ...
