Sarlat, Mecque de la gastronomie ?
Sarlat, capitale du Périgord Noir, est une charmante petite ville de 9707 habitants, d’après l’Evangile selon Saint Michelin. Mais il est vraisemblable que ce chiffre soit à multiplier par 5 pendant la saison touristique qui s’étale de juin à septembre. Même en septembre, la présence des touristes est encore très importante et on voit déambuler dans les quartiers anciens une foule cosmopolite et affamée.
Les très nombreux restaurants du centre ancien étalent sur les places et dans les ruelles leurs terrasses accueillantes généralement bondées. Que demander de mieux ? une ville médiévale, hors du temps, merveilleusement préservée du trafic automobile, une arrière-saison enchanteresse et la réputation gastronomique du Périgord …
On s’installe au hasard avec confiance à la première terrasse du premier restaurant venu et on consulte le menu qui est à peu près le même dans tous les établissements. On optera donc pour le menu standard dit " du terroir "
On vous apporte d’abord l’entrée, un minuscule morceau de foie gras poêlé servi dans une assiette blanche style cantine, sur un toast ramolli et accompagné d’une feuille de salade, d’un cerneau de noix et d’une tranche de tomate. Mmm, pas génial comme présentation, qu’on se dit, mais ce n’est que l’entrée. Le plat de résistance sera peut-être plus gratifiant.
Ce sera, bien entendu, l’incontournable cuisse de canard confit accompagné de pommes de terres sarladaises. Le confit est comestible mais les pommes de terre sarladaises (qui bien préparées sont un pur délice) sont ici pâteuses et fades.
Il est à noter que tous les clients demandent du sel et du poivre pour relever un peu la fadeur des mets. C’est un signe qui ne trompe pas.
Ensuite, arrive l’incontournable fromage de chieuve dit Rocamadour avec sa feuille de salade et un cerneau de noix (vraisemblablement l’autre moitié de la noix qui accompagnait le foie gras) dont le goût, sans surprise, est parfaitement identique au Rocamadour du Carrefour de Châteauroux. Enfin, pour couronner le tout, un minuscule morceau de gâteau aux noix insipide baignant dans une flaque de crème anglaise.
Fort heureusement, la demi bouteille de Bergerac 2002 ingurgitée pendant ce repas consternant avait servi d’anesthésiant quand il fallut, sans broncher, s'acquitter de la douloureuse de 42 roupies périgourdines (1)
Et c’est ainsi que se fit mon initiation à la gastronomie du Périgord noir...
Je ne donnerai pas le nom de ce restaurant sarladais, dont le personnel d’origine asiatique (eh oui !) a au moins le mérite de se décarcasser pour gagner sa vie honnêtement en alimentant une clientèle cosmopolite, peu difficile, de passage, et qu’il n’est pas nécessaire de fidéliser. Le touriste, comme le canard n’est-il pas destiné à être plumé ?
Mais évitez quand même ce resto, dont je tairai le nom, situé au 4, rue du Présidial à Sarlat, Mecque de la gastronomie. Les autres restos à touristes de Sarlat que j'ai testés ne sont pas de nature à vous élever au pinacle, mais ils sont quand même moins pires !
(1) C’est la devise locale, sensiblement égale à l’euro, cosmopolitisme oblige !
Sarlat by night
Sarlat la nuit