Du Bas-Berry à l'Infini
Eh oui, c'est une rediffusion ! Mais il eût été dommage que cet article -toujours d'actualité - se fût perdu à jamais dans les poubelles de la littérature jetable qui constitue 99 % des blogs. Celà participe aussi au recyclage des idées pas totalement perdues ...
Les habitants des villes et même des plus petits villages ignorent généralement qu'il y a des étoiles dans le ciel nocturne. Et ce n'est pas entièrement leur faute. Ils semble que les éclairages urbains ont été inventés pour dissimuler à nos yeux le spectacle grandiose de la voûte céleste qui émerveillait nos ancêtres les plus lointains. Un spectacle qui pourrait peut-être nous donner le vertige ... ou nous rendre plus intelligents.
Les puissants réverbères à la lumière jaunâtre qui abolissent la nuit dans la moindre rue de nos villages donnent peu de chance à " cette obscure clarté qui tombe des étoiles" de nous parvenir. On appelle cela "pollution lumineuse". Et en effet, il s'agit bien de pollution, puisque cet éclairage est permanent, trop puissant et souvent omnidirectionnel alors qu'il suffirait d'éclairer seulement les trottoirs pour les quelques passants qui traîneraient en plein milieu de la nuit. La chaussée n'a pas besoin d'être éclairée, puisque les véhicules automobiles (du moins les plus récents !) possèdent leur propre éclairage.
Au désespoir des astronomes, s'ajoute le dépit de voir un tel gaspillage d'électricité.
Néanmoins, quand on a la chance d'avoir un petit jardin plus ou moins épargné par les éclairages municipaux, on peut se risquer à lever les yeux au ciel, à condition toutefois que la déesse de la météo soit clémente et que la lune soit assez basse à l'horizon pour ne pas ajouter sa propre pollution lumineuse, naturelle, mais très gênante pour l'observation. Alors, que peut-on voir en ville, à l'œil nu, par une belle nuit d'été ?
Aucun matériel n'est nécessaire, hormis vos deux yeux, une chaise longue et un pull (car les nuits sont parfois fraîches).
Il faudra attendre les environs de 23 heures pour bénéficier d'un ciel relativement noir, car les crépuscules sont interminables à cette saison. La toute première étoile à apparaître sera la très brillante Vega. On ne peut pas la manquer, car elle est presque au zénith. Peu après, apparaissent Deneb et, plus bas vers l'horizon sud, Altaïr, formant ce qu'on appelle "le triangle des nuits d'été". Ce grand triangle facilement reconnaissable est en fait une illusion d'optique puisque ces 3 étoiles sont situées à des distances extrêmement différentes : Vega est à 25 années-lumière, Altaïr à 17 années-lumière ; ces deux-là sont de "proches" voisines. Mais Deneb est à 3000 années lumière et 200 fois plus grande que le soleil, ce qui explique sa luminosité en dépit de sa distance ! C'est une des étoiles les plus lointaines de notre galaxie qui soient visible à l'œil nu. Sa lumière est partie au bon vieux temps des pharaons. Voilà déjà de quoi donner le vertige !
A mesure que le ciel s'obscurcit, de nombreuses constellations familières apparaissent : Au Nord, la Grande Ourse, que je préfère appeler la Grande Casserole, ustensile bassement culinaire mais plus ressemblant ! La Petite Ourse avec son Etoile Polaire, bien pratique quand on a perdu le Nord, Cassiopée bien reconnaissable avec sa forme de W. Dans le prolongement de la queue de la Grande Casserole, on ne peut pas manquer Arcturus, une des étoiles les plus brillantes du ciel.
En direction du Sud, le Scorpion, une des rares constellations zodiacales dont la forme n'est pas usurpée, avec la brillante Antarès, une supergéante rouge en fin de vie, d'un diamètre de 700 fois celui du Soleil, et située à environ 600 années-lumière de la Terre. Attention ! Antarès pourait exploser en supernova à tout moment et nous ne le saurions que dans 600 ans. Peut-être a-t-elle d'ailleurs déjà explosé ...
Si on a la patience d'attendre encore jusqu'à minuit, quand le ciel sera un peu plus noir, on assistera alors au clou du spectacle : la Voie Lactée. Cette bande laiteuse qui semble parcourir le ciel du Nord au Sud est surtout visible dans le susmentionné Triangle de l'Eté. Il faudrait certes s'éloigner de la ville pour la contempler dans toute sa splendeur, mais on parvient quand même à la localiser. Un coup d'oeil avec des jumelles dans sa direction révèle des myriades d'étoiles invisibles à l'oeil nu, alors que le reste du ciel est beaucoup plus clairsemé.
La Voie Lactée, c'est une galaxie spirale très ordinaire, comme il y en a des milliards dans l'Univers. Sa seule particularité, c'est que c'est la nôtre. On ne peut pas la voir sous sa forme réelle pour la simple raison que nous en faisons partie, notre système solaire et toutes les étoiles que nous voyons. Son diamètre est d'environ 100 000 années-lumière et elle comprend peut-être de 200 à 400 milliards d'étoiles. A ces échelles, l'incertitude devient la règle.
Ces chiffres effarants ne parlent pas au commun des mortels; normal, car ils n'ont rien de commun avec les mortels ! Rien de commun avec l'espace limité de notre petite planète, ni avec notre durée de vie restreinte. Nous ne sommes que d'infimes grains de poussière dans l'Univers. Notre seule grandeur, c'est de le savoir.
Et voilà ce que c'est de regarder les étoiles par une belle nuit d'été au lieu de rester bien tranquille devant son petit écran de télé. On est vite embarqué dans des considérations qui donnent le vertige. C'aurait aussi bien pu être : L'univers est-il infini, éternel, s'est-il crée tout seul ou par intervention d'un "Dieu" ? Y a t-il de la vie sur d'autres planètes ? Et la pire de toutes, la question qui tue : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?"
Bref, rien que des interrogations insoutenables qui ne vous seraient jamais venues à l'esprit en regardant comme tout le monde "La nouvelle star" sur M6 ...
Ne regardez jamais les étoiles par une belle nuit d'été !

...enfin, si vous y tenez vraiment, voici une petite carte pour ne pas vous perdre !
Les puissants réverbères à la lumière jaunâtre qui abolissent la nuit dans la moindre rue de nos villages donnent peu de chance à " cette obscure clarté qui tombe des étoiles" de nous parvenir. On appelle cela "pollution lumineuse". Et en effet, il s'agit bien de pollution, puisque cet éclairage est permanent, trop puissant et souvent omnidirectionnel alors qu'il suffirait d'éclairer seulement les trottoirs pour les quelques passants qui traîneraient en plein milieu de la nuit. La chaussée n'a pas besoin d'être éclairée, puisque les véhicules automobiles (du moins les plus récents !) possèdent leur propre éclairage.
Au désespoir des astronomes, s'ajoute le dépit de voir un tel gaspillage d'électricité.
Néanmoins, quand on a la chance d'avoir un petit jardin plus ou moins épargné par les éclairages municipaux, on peut se risquer à lever les yeux au ciel, à condition toutefois que la déesse de la météo soit clémente et que la lune soit assez basse à l'horizon pour ne pas ajouter sa propre pollution lumineuse, naturelle, mais très gênante pour l'observation. Alors, que peut-on voir en ville, à l'œil nu, par une belle nuit d'été ?
Aucun matériel n'est nécessaire, hormis vos deux yeux, une chaise longue et un pull (car les nuits sont parfois fraîches).
Il faudra attendre les environs de 23 heures pour bénéficier d'un ciel relativement noir, car les crépuscules sont interminables à cette saison. La toute première étoile à apparaître sera la très brillante Vega. On ne peut pas la manquer, car elle est presque au zénith. Peu après, apparaissent Deneb et, plus bas vers l'horizon sud, Altaïr, formant ce qu'on appelle "le triangle des nuits d'été". Ce grand triangle facilement reconnaissable est en fait une illusion d'optique puisque ces 3 étoiles sont situées à des distances extrêmement différentes : Vega est à 25 années-lumière, Altaïr à 17 années-lumière ; ces deux-là sont de "proches" voisines. Mais Deneb est à 3000 années lumière et 200 fois plus grande que le soleil, ce qui explique sa luminosité en dépit de sa distance ! C'est une des étoiles les plus lointaines de notre galaxie qui soient visible à l'œil nu. Sa lumière est partie au bon vieux temps des pharaons. Voilà déjà de quoi donner le vertige !
A mesure que le ciel s'obscurcit, de nombreuses constellations familières apparaissent : Au Nord, la Grande Ourse, que je préfère appeler la Grande Casserole, ustensile bassement culinaire mais plus ressemblant ! La Petite Ourse avec son Etoile Polaire, bien pratique quand on a perdu le Nord, Cassiopée bien reconnaissable avec sa forme de W. Dans le prolongement de la queue de la Grande Casserole, on ne peut pas manquer Arcturus, une des étoiles les plus brillantes du ciel.
En direction du Sud, le Scorpion, une des rares constellations zodiacales dont la forme n'est pas usurpée, avec la brillante Antarès, une supergéante rouge en fin de vie, d'un diamètre de 700 fois celui du Soleil, et située à environ 600 années-lumière de la Terre. Attention ! Antarès pourait exploser en supernova à tout moment et nous ne le saurions que dans 600 ans. Peut-être a-t-elle d'ailleurs déjà explosé ...
Si on a la patience d'attendre encore jusqu'à minuit, quand le ciel sera un peu plus noir, on assistera alors au clou du spectacle : la Voie Lactée. Cette bande laiteuse qui semble parcourir le ciel du Nord au Sud est surtout visible dans le susmentionné Triangle de l'Eté. Il faudrait certes s'éloigner de la ville pour la contempler dans toute sa splendeur, mais on parvient quand même à la localiser. Un coup d'oeil avec des jumelles dans sa direction révèle des myriades d'étoiles invisibles à l'oeil nu, alors que le reste du ciel est beaucoup plus clairsemé.
La Voie Lactée, c'est une galaxie spirale très ordinaire, comme il y en a des milliards dans l'Univers. Sa seule particularité, c'est que c'est la nôtre. On ne peut pas la voir sous sa forme réelle pour la simple raison que nous en faisons partie, notre système solaire et toutes les étoiles que nous voyons. Son diamètre est d'environ 100 000 années-lumière et elle comprend peut-être de 200 à 400 milliards d'étoiles. A ces échelles, l'incertitude devient la règle.
Ces chiffres effarants ne parlent pas au commun des mortels; normal, car ils n'ont rien de commun avec les mortels ! Rien de commun avec l'espace limité de notre petite planète, ni avec notre durée de vie restreinte. Nous ne sommes que d'infimes grains de poussière dans l'Univers. Notre seule grandeur, c'est de le savoir.
Et voilà ce que c'est de regarder les étoiles par une belle nuit d'été au lieu de rester bien tranquille devant son petit écran de télé. On est vite embarqué dans des considérations qui donnent le vertige. C'aurait aussi bien pu être : L'univers est-il infini, éternel, s'est-il crée tout seul ou par intervention d'un "Dieu" ? Y a t-il de la vie sur d'autres planètes ? Et la pire de toutes, la question qui tue : "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?"
Bref, rien que des interrogations insoutenables qui ne vous seraient jamais venues à l'esprit en regardant comme tout le monde "La nouvelle star" sur M6 ...
Ne regardez jamais les étoiles par une belle nuit d'été !

...enfin, si vous y tenez vraiment, voici une petite carte pour ne pas vous perdre !
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