Le temps des cerises
Jadis, dans le Bas-Berry, les indigènes avaient pour coutume de suspendre des CDs dans les cerisiers afin que merles, pinsons, étournaux , mésanges, verdiers, moineaux, accenteurs et autres volatiles voraces n'en mangeassent les fruits succulents. On avait beau suspendre des CDs de musiques les plus dissonantes, les plus les plus indigestes, les plus ennuyeuses, rien n'y faisait. Une année même, j'avais suspendu des CD de Pierre Boulez : Pli selon pli, le Marteau sans maître et même l'insupportable 2 ème sonate pour piano ... Rien n'y faisait ! Les hordes de ces pilleurs ailés et zélés avaient eu raison des belles cerises bien mures avant que votre humble serviteur n'y eût goûté.
Or, il semble maintenant que, pour une raison encore mystérieuse, les oiseaux berrichons se désintéressent totalement des cerises. L'usage des CDs qui s'était avéré naguère totalement inefficace est maintenant tombé en désuétude dans les campagnes et les jardins et on peut enfin s'octroyer des ventrées de cerises sans la moindre concurrence de la part de l'avifaune. Ou alors, peut-être que les CD n'ont une efficacité que dans le long terme, même quand ils ont été enlevés.
Encore un des grands mystères de la nature qui contribue à mes insomnies ...