Où sont les champignons d'antan ?
Jadis, à cette saison, on allait dans la forêt et on remplissait son panier de girolles, de pieds de moutons, de trompettes de la mort, en vue de fricassées gargantuesques ou de petites omelettes, selon que le hasard était favorable ou non. C'était cet aspect aléatoire de la cueillette qui en faisait le charme, mais on rentrait rarement bredouille.
Cette année, rien ; pas le moindre champignon des bois à se mettre sous la dent. Restent les champignons de Paris, fabriqués à Luçay-le-Mâle qu'on peut encore trouver au marché le samedi matin moyennant une poignée de roupies mais qui n'apporteront qu'une maigre consolation au vrai champignophile champignophage.
Par contre, dès que le jardinier a tourné le dos, les mauvais champignons s'invitent volontiers au pied des grands arbres qui bordent les allées du parc de mon château, afin de les parasiter sans leur demander leur avis. Les mauvais champignons n'ont aucun savoir-vivre ; c'est à ça qu'on les reconnaît. Non seulement ils sont laids et gluants, mais de plus, ils répandent une odeur fétide, infecte, putride et nauséabonde dont la photo ci-dessous ne donnera qu'une faible idée.
Beurk !
Voilà, c'était la dégoûtation du jour, en ce jour d'Halloween, fête de la laideur et du mauvais goût ...
