Le chêne et les glands
Les végétaux ont sur les animaux un très net avantage pour les nuls en photographie. En effet, on voit assez rarement un arbre traverser la route en courant ni prendre son envol quand il détecte une présence humaine. Les arbres sont en général peu farouches et se laissent facilement approcher, contrairement au butor étoilé et autres coléoptères qui prennent leurs jambes à leu cou dès qu'ils vous ont repéré avec leur oeil de lynx.
C'est ainsi qu'en ce beau mercredi d'été, revenant de chasse bredouille, je me suis rabattu sur le plus bel arbre du Berry, le célèbre et très médiatique chêne de l'étang de la Mer Rouge. Ce grand chêne à nul autre pareil, avec son tronc incliné à 45 degrés, se mire depuis des siècles dans les eaux bleues de la Mer Rouge. Ses profondes réflexions lacustres et métaphysiques ne semblent même pas dérangées par la présence envahissante des nombreux touristes qui, comme des glands, le photographient.
Photo Isidore Dugland (reproduction interdite)