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158 articles avec pays lointains

Eloge de Biarritz

Publié le par TSF36

L’étranger qui voudrait voir une ville typique du Pays Basque serait mal avisé de se rendre à Biarritz.

En effet, pas plus que Vichy n’est une ville auvergnate, Biarritz n’est une ville basque.

Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des villes artificielles créées de toutes pièces au XIX ème siècle sous l’impulsion de ce bon Napoléon III et d’Eugénie (qui avait du génie)

Vichy est l’archétype de la ville d’eaux ; Biarritz celui de la station balnéaire.

D’ailleurs, les Basques purs et durs ne mettent jamais les pieds à Biarritz, considérant que la ville est un corps étranger, une colonie parisienne dans leur beau pays.

Néanmoins, Biarritz est une ville magnifique, s’étendant le long du littoral,  entièrement tournée vers l’Océan souvent déchaîné, avec ses rochers tourmentés (dont le fameux Rocher de la Vierge figurant sur toutes les cartes postales), avec ses longues plages de sable fin, avec ses promenades, ses escaliers, bordées de tamaris, de palmiers, et d’hortensias. Mais c’est aussi un vrai régal pour l’amateur d’architecture. La Villa Eugénie (reconvertie en Hôtel du Palais) mérite le coup d’œil, de même que le Grand Casino art-déco et la Villa des Goélands, ressemblant à un château prussien. Les nombreuses villas cossues qui bordent l’Avenue de l’Impératrice en direction du phare présentent un éventail de tous les styles, du Second Empire (et en mieux) bien sûr, de l’Art Nouveau, de l’Art Déco, du Mauresque, de l’exotique colonial, et même du Néo-Basque (il en fallait quand même un peu pour faire couleur locale). Quelques grands ensembles modernes en béton, certes, mais ils se fondent dans l’ensemble… pas de hideux buildings en tout cas !

Tranchant avec ces délires architecturaux, il y a quand même un petit coin qui rappelle que Biarritz fut jadis un port de pêche. C’est le « Vieux Port des Pêcheurs » avec ses modestes cabanons, appelés ici crampottes, avec ses nombreuses terrasses de restaurants, un endroit qui serait très calme s’il n’était en permanence envahi par les touristes.

 En tout cas, il faut reconnaître que Biarritz, c’est un chouette patelin, dont on peinerait à trouver l’équivalent en Bas-Berry …

Biarritz en Septembre

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Mise en train à la basquaise

Publié le par TSF36

Comment se mettre en train tout en prenant de la hauteur ? Quand on est au Pays Basque, c’est assez simple : il suffit de se rendre au col de Saint-Ignace. C’est là que se trouve la gare de départ du célèbre train à crémaillère qui mène au sommet de La Rhune (Larrun en Basque). Certes, il va falloir galérer un peu pour trouver une place de parking, car comme pour tous les lieux touristiques, c’est littéralement envahi par les touristes, même un matin septembre. Il va falloir aussi faire une heure de queue pour acheter un billet au guichet. Le voyage n’est pas donné : 18 roupies basquaises l’aller et retour ! Par contre si vous êtes un chien, vous ne payez que 6 euros, que vous soyez un Saint Bernard ou un Yorkshire. Car ici, on n’est pas raciste.

Ce vénérable train à crémaillère datant des années 1920 n’est pas d’un grand confort avec ses banquettes en bois sur lesquelles 5 personnes sont serrées comme des harengs, mais la vue est impressionnante pendant la montée qui s’effectue à la vitesse de croisière de 9 km/h. On découvre toute la côte basque avec la curieuse illusion d’optique d’un horizon marin incliné à 20 degrés. A mi-chemin, il y a un dédoublement de la voie permettant au train montant de croiser le train descendant. Génial, il fallait y penser !

On atteint finalement le sommet sans encombre. C’est le terminus, on n’ira pas plus loin. Evidemment, du sommet de la Rhune, le panorama est sublime. D’un côté la chaîne des Pyrénées, de l’autre, toute la côte atlantique depuis les plages des landes jusqu’à la côte beaucoup plus tourmentée du côté espagnol. La ville la plus proche qu’on voit est Saint Jean de Luz dont on distingue bien les principaux monuments. On reconnaît aussi, plus loin, le phare de Biarritz.

La gare du petit train est bien en France, mais par contre les deux cafés restaurants souvenirs sont en Espagne, plus exactement dans la province de Navarre. La ligne de frontière est, en fait, assez floue, car l’herbe est aussi verte de part et d’autre et les pierres aussi pierreuses. On peut donc se restaurer à l’auberge espagnole Udako Etxea qui sert les mêmes spécialités basques que de l’autre côté. Normal, le Pays Basque est à cheval sur la frontière.

A propos de cheval, la Rhune est le domaine des Pottokak (pluriel basque de pottok) ces petits chevaux basques d’une race très ancienne élevés ici en liberté. Des animaux fort sympathiques qui affectionnent particulièrement les pique-niqueurs mais il faut, paraît-il, s’en méfier car ils sont quand même restés un peu sauvages !

On ne voit pas le temps passer quand on est sur le toit du monde basque, à respirer un air pur à 100 % et à admirer un paysage grandiose, à ajouter sa pierre sur les cairns, à prendre des photos inoubliables, mais il faut bien regagner la gare du petit train et redescendre dans les mêmes conditions d’inconfort pittoresque à la même vitesse vertigineuse de 9 km/h.

A la gare de Saint Ignace, il est maintenant 16 heures et la file d’attente s’est encore allongée. Les voitures, ayant saturé les parkings, s’alignent sur des kilomètres au bord de la route. 

Vraiment, ils sont fous, ces touristes !

Le petit train de la Rhune

Publié dans Pays lointains, Zoologie

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Espelette, un village qui ne manque pas de piquant

Publié le par TSF36

A l’instar de Hérisson, Espelette est un village qui ne manque pas de piquant. Mais c’est pour d’autres raisons qui seront développées ci-dessous.

C’est en effet ici qu'on récolte le piment éponyme, un joli petit fruit rouge vif qui pousse sur les espelettiers (à ne pas confondre avec les espadrilles, autre spécialité basque bien connue).

Ce petit piment n’est pas aussi piquant qu’il en a l’air. En fait il est beaucoup plus sympa pour les papilles que le piment de Cayenne. On le récolte en septembre et on le fait sécher, accroché en grappes très décoratives, sur les façades des maisons. Ce n’est que quelques mois plus tard qu’il acquiert une belle couleur brune cuivrée ainsi que toutes ses qualités gustatives et qu’on peut alors l’utiliser, généralement réduit en poudre, pour bénéficier de ses saveurs incomparables, douces et sucrées.

Espelette, contrairement à Cambo, est très touristique, avec de nombreuses boutiques de produits locaux et de nombreux restaurants qui ne désemplissent pas, même en septembre où débarquent des autocars pleins de vieux séniors.

Les belles façades avec leurs cascades de piments font la joie des photographes qui

prennent tous les mêmes photos ô combien originales qu’ils montreront fièrement à leurs amis ébahis pour leur prouver qu’ils sont vraiment allés à Espelette !

Eugène Lemaigre n’a pas manqué de tester le « menu typiquement basque » (sic) du restaurant Aintzina qui comprenait, en entrée, un tripotxa (boudin basque au piment d’Espelette), en plat de résistance un axoa de veau au piment d’Espelette, en fromage un Ossau Iraty (saupoudré de piment d’Espelette) avec sa confiture de cerises noires entières d’Itxassu, et en dessert un gâteau basque d’où, curieusement, le piment d’Espelette était absent …

Testé et approuvé à l'unanimité par notre critique gastronomique.

En tout cas l’intitulé du menu n’était pas abusif. Plus typique, tu t’y piques ! Et de toute évidence, ce n’était pas un menu breton, ni un menu alsacien, encore moins un menu berrichon ...

Espelette

Publié dans Pays lointains, Gastronomie

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Euskadi ? Ouksetiksa ?

Publié le par TSF36

Quand on a la chance d’habiter dans le Berry, en fait on n’en est pas bien loin, étant donné que la position centrale de notre belle province nous rend facilement accessibles les quatre coins de l’hexagone (qui en compte six). Une fois qu’on a passé Arthon, Bouesse, Malicornay, Argenton-sur-Creuse, Bonnu, Eguzon, on s’en est déjà considérablement rapproché.

Mais si on est pressé, on peut aussi prendre l’autoroute et se laisser glisser vers ce petit coin de l’hexagone qui est tout en bas à gauche. D’ailleurs, ça descend tout le temps et on ne consomme presque pas de carburant.  Et voilà, en moins de temps qu’il ne faut pour y aller,  on est en Euskadi, un petit pays à cheval sur la France et l’Espagne. Un pays très bizarre où les autochtones parlent l’Euskara, une langue incompréhensible du commun des mortels, où les maisons à toitures asymétriques  sont toutes blanches avec des rayures rouge basque, le même rouge que mes portes de garage, à croire qu’ils ont copié.   

Par où commencer l’exploration de cet étrange pays où la main du berrichon n'a jamais mis le pied ? Eh bien, par le commencement, c’est à dire Cambo-les-Bains, un minuscule village niché dans les contreforts des Pyrénées, dans la verdoyante vallée de la Nive. Cambo, c’est quelques groupes de maisons basses, proprettes disséminées à droite et à gauche dans la verdure omniprésente, une église toute blanche, une place centrale et deux rues avec quelques rares commerces et encore moins de restaurants. Rien de bien folichon, à première vue, surtout quand on débarque un dimanche. En tout cas, on doit reconnaître que c’est tranquille. Ca ne bouchonne pas, même aux heures de pointe, et aucun hideux building ne vient gâcher la vue.

En fait, les curiosités de Cambo sont un peu en marge de l’hypercentre. Il faut d’abord visiter l’Etablissement thermal, un vaste édifice de style art-déco et son immense parc qui est en fait une magnifique palmeraie, un hâvre de paix pour les heureux curistes, un véritable paradis de pelouses, de fleurs, de bassins où coule une eau miraculeuse. On aurait presque envie d'être malade et de se faire prescrire une cure en ces lieux idylliques !

L’autre curiosité, c’est la Villa Arnaga, l’extravagante propriété que s’était fait construire Edmond Rostand vers le début du XX ème siècle. Cette immense maison de style néo-basque ainsi que les jardins à la Française (inspirés de Versailles) ont demandé des travaux pharaoniques. Il faut dire que l’auteur de Cyrano et de l’Aiglon s’était fait pas mal de blé avec ces deux œuvres et qu'il avait, comme on dit, la folie des grandeurs ! L’intérieur de la villa est somptueux. La décoration est luxuriante et théâtrale. Quant au confort il est étonnant pour l’époque. Rostand était très branché sur la modernitude. Il y avait même le chauffage électrique, à une époque où personne dans les environs n’avait l’électricité !

Parmi les nombreux objets insolites de la villa Arnaga, on remarquera le César que Depardieu (berrichon bien connu) a obtenu pour le rôle de Cyrano et généreusement donné au musée Rostand. Comme quoi le Berry a des ramifications jusqu'au Pays Basque…

Voici quelques modestes images de Cambo-les-Bains. Pas de photos, hélas, de l'intérieur de la Villa Arnaga, car c'est interdit, mais si on est intéressé, on en trouvera en fouinant sur le web.

Cambo-les-Bains

Oukseti ? V'là ouksé !

Publié dans Pays lointains

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