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153 articles avec pays lointains

Aléatoire ?

Publié le par TSF36

Aller à Thouars, ça peut être au hasard... Mais parfois on y va exprès pour voir, suite à la description élogieuse qu'en fait guide du Routard. Thouars, c’est une petite ville méconnue, située dans un département tout aussi méconnu : les deux Sèvres. C'est pourtant une ville labelisée "Art et histoire" avec plein de vieilles pierres à chaque coin de rue, un site splendide et plein de verdure et de fleurs. Et quel calme ! pas l'ombre d'un touriste ! 

J’avais toujours rêvé d’aller à Thouars. Maintenant ce rêve raisonnable est réalisé.

Voici quelques images en couleurs de cette ville magnifique, à l’intention de ceux, parmi mes lecteurs, qui ne savent pas lire !

PS Une bonne adresse pour se restaurer : Le Trait d'Union, place Saint Médard, un petit restaurant avec agréable terrasse en plein centre-ville. Plats magnifiquement présentés à base de produits frais (pas de conserves à Thouars !) 

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Bref exil à Oléron

Publié le par TSF36

Ah ! Voilà enfin une île facile ! me disais-je en parcourant le superbe pont gratuit qui relie Oléron au continent. Ce n’est pas comme Belle-Ile en mer, où non seulement il faut faire une longue et coûteuse traversée en bateau à partir de Quiberon, mais où en plus il faut se garer à des kilomètres du port d’embarquement et faire le trajet en bus. Autant Belle Ile en mer est compliquée (au point même d’y renoncer), autant Oléron est facile !

D’ailleurs toutes les iles en général devraient être reliées au continent par un pont ; cela simplifierait tellement la vie des touristes !

Ainsi donc, une fois passé le pont sans coup férir et sans bourse délier, on arrive à la première ville, Château d’Oléron, un petit bourg fort animé le dimanche matin car c’est jour de marché. Ouf, on craignait d’atterrir sur une île déserte ! Il y a une jolie citadelle avec des remparts et des fortifications (merci Monsieur Vauban) et en contrebas des jolies cabanes de pêcheurs repeintes de couleurs vives, servant maintenant d’ateliers d’artisans. La petite ville est charmante avec ses maisons blanches blotties le long de rues étroites où prospèrent les roses trémières jaillies comme par miracle des trottoirs sans terre.

La grande capitale, Saint Pierre d’Oléron n’est pas vraiment une mégapole tentaculaire. On trouve immédiatement un parking ombragé et gratuit à l’entrée de la ville qui se résume principalement à une belle rue piétonne, très commerçante et animée, où se trouvent quelques terrasses de restaurants fort sympathiques où on peut déguster d’excellentes huîtres (pas en conserve) accompagnées d’un verre de blanc local (un petit vin de pays mais qui, dans son contexte, semble délicieux)

Une petite halte à Boyardville s’impose ensuite, afin de contempler de loin le fameux Fort Boyard dont la télé nous rebat les oreilles depuis des lustres. Bon, voilà c’est fait.
Passons maintenant aux choses sérieuses en filant à l’extrême nord de l’île où se dresse, dans un décor de fin du monde, le phare de Chassiron. Là, par contre il faut payer 3 roupies charentaises pour accéder à la plateforme et il n’y a même pas d’ascenseur … Heureusement, pour ce prix la descente est incluse ! De là haut la vue est bien sûr imprenable et le regard embrasse un panorama à couper le peu souffle qui vous reste après cette ascension. Le jardin qui est au pied du phare est remarquable avec sa géométrie en forme de rose des vents.
Restait à voir, dans ce bref survol d’Oléron,  le lieu incontournable, la merveille des merveilles : le port de la Cotinière, où même en juin s’agglutinent les hordes de touristes. C’est vrai que l’endroit est pittoresque et charmant avec ses bateaux colorés et ses poissonneries ouvertes le dimanche après-midi, avec ses innombrables boutiques et restaurants à touristes. Il est cependant un endroit calme : la petite église, de style moderne dont il faut pousser la porte afin d’admirer l’intérieur très sobre et les vitraux abstraits aux couleurs vives.


Après cet aperçu très incomplet d’Oléron (qui est tout de même une grande île) il ne reste plus qu’à retraverser le pont, au même prix qu’à l’aller et à regagner le continent tout proche. Mais vu qu’Oléron n'est pas une île compliquée, il sera toujours loisible d'y revenir afin d’en cerner un peu mieux la personnalité et de répondre enfin à cette grave question qui fait tant couler d’encre et de salive : Quelle est la différence entre Ré et Oléron ?

 

Oléron

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Eloge de Royan

Publié le par TSF36

Royan était jadis une magnifique station balnéaire, avec de grands hôtels majestueux, de belles villas de style Napoléon III, art nouveau, art déco. Et puis un triste jour de janvier 1945, afin de libérer Royan des occupants,  les alliés déversèrent des tonnes de bombes sur la ville qui fut détruite à 80 %. Ces bombardements ne servirent à rien et on reconnut bientôt que c’était une erreur. Ben oui, l’erreur est humaine ! Une intéressante exposition au Musée de Royan est consacrée à cette lamentable tragédie.

Cela valut à Royan d’être presque entièrement reconstruite au début des années 1950 en s’inspirant de l’architecture moderniste de l’époque. On peut aimer ou pas le style cubiste et le béton, mais il faut reconnaître que Royan est une ville unique en son genre. Le monument emblématique est l’église Notre Dame, vaste vaisseau de béton brut  qui domine la ville. Certes, ça a de la gueule, mais hélas il est actuellement impossible de la visiter car elle est en cours de consolidation. Le béton, ça vieillit très mal, d’autant plus que la construction s’est faite à la hâte et à l’économie et il y aura un sacré boulot pour la conserver en état.

J’ai bien aimé les villas du plus pur style 50 de forme épurée, peintes en jaune canari ou bleu ciel, avec escaliers apparents en spirale. Un dépouillement qui ne manque pas de charme.

Les halles sont chouettes aussi, avec leur dôme en forme de coquille stylisée.

J’ai nettement moins aimé le Front de Mer, avec ses arcades où pullulent les magasins pour touristes et les restaurants de malbouffe. Mais il faut reconnaître que ce grand ensemble monumental a une courbe élégante face à la plage.

Il reste néanmoins un certain nombre de villas d’avant guerre, du style de celles qu’on peut voir à Dinard avec des toits pointus et des clochetons. Certaines sont très belles et méritent de lever le nez.

De Royan à Saint Palais sur Mer il n’y a que quelques encâblures et il serait dommage de ne point s’y rendre. Le sentier des douaniers longeant l’estuaire de la Gironde est une promenade magnifique qui permet d’admirer une côte aux rochers étranges (dont le fameux pont du diable) et de voir un certain nombre de carrelets (grandes épuisettes perfectionnées surplombant la mer). Et, cerise sur le gâteau, on voit au loin le célèbre Phare de Cordouan, le plus ancien des phares français…

Royan, la ville la plus fifties de France.

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Eloge de Rochefort

Publié le par TSF36

Rochefort, vu d’avion, est un moule à gaufres, un quadrillage de rues qui se croisent à angles droits, délimitant des pâtés de maisons carrés ou rectangulaires. Normal, c’est une ville nouvelle, enfin datant quand même du XVII ème siècle, construite à un endroit plat où il n’y avait rien. Il y avait seulement l’estuaire de la Charente, mais bien loin de la mer, ce qui en faisait un site idéal et protégé. Il n'en fallait pas plu pour que ce bon Louis XIV et son bras droit préféré, Colbert, décidassent d’y implanter un chantier naval et ensuite d’y construire une ville pour loger tout le personnel militaire et civil. Une cité fonctionnelle à la forme logique, militaire en somme.

Rochefort, vu du sol, ce sont des alignements de maisons presque semblables dépassant rarement les deux étages le long de larges rues perpendiculaires, dont la monotonie est parfois rompue  par des jaillissements de roses trémières prenant source dans le ciment des trottoirs. Ici, pas de feux rouges, mais la priorité à droite est de règle et la vitesse limitée à 30 km/h, donc pas de stress pour l’automobiliste. L’aspect général de la ville avec ses longues perspectives de façades blanchâtres, souvent décrépies serait bien austère s’il n’y avait cette magnifique place Colbert bordée de splendides immeubles beaucoup plus décoratifs que la moyenne rochefortaise. Ces enrichissements de l’architecture d’origine datent du XIX ème et du début du XX ème siècle. On y trouve toute la palette des styles « modernes » du Napoléon III à l’Art déco, mais fort heureusement pas de hideux building !

La Place Colbert (et les quelques rues qui y convergent) constitue le centre de gravité de la ville. Certes, elle a légèrement changé depuis 1966 quand a eu lieu le tournage du chef d’œuvre de Jacques Demy. La fontaine centrale et le dallage géométrique ont disparu, mais les façades n’ont pas bougé d’un pouce, et on s’attend toujours à voir surgir Delphine et Solange  coiffées de leurs inénarrables chapeaux. Il y a maintenant deux brasseries en préfabriqué sur la place, des établissements qui dénotent un peu, et pas très réputés pour la qualité gastronomique, mais c’est tout de même un bonheur de déguster une bière en terrasse de la « Brasserie des Demoiselles » dans un vrai décor de cinéma.

Parmi les curiosités de Rochefort, une des plus curieuse est la Corderie Royale, un bâtiment long de 373 mètres où on fabriquait les cordages de marine (précisément de cette longueur !) Ce bâtiment, long comme un jour sans fin, impossible à photographier en entier, a été parfaitement restauré et mis en valeur. Il abrite la médiathèque, ainsi que de nombreux services et une partie a été reconvertie en musée, dont l’intéressante visite, permet de comprendre (démonstration à l’appui) comment se fabriquaient les cordes de marine.

Quant au chantier de l’Hermione, qui constituait jadis l’attraction majeure de Rochefort, si je n’en ai pas parlé, c’est parce que l’Hermione a pris le large et que désormais, circulez il n’y a plus rien à voir ! Il y a certes un petit port de plaisance, avec des bassins carrés et des ponts levants qui en gardent l’entrée, mais l’ambiance n’est pas très maritime !

L’autre curiosité de Rochefort, c’est la maison de Pierre Loti, extravagant personnage à la fois écrivain et officier de marine. Sa maison, curieusement située rue Pierre Loti, avec sa décoration orientale délirante, n’est hélas plus accessible à la visite et c’est certainement une bonne chose.

Rien, de l’extérieur, ne laisse présager une décoration intérieure aussi délirante. Comme la grotte de Lascaux, ce patrimoine trop fragile était en péril. Des travaux au long cours seront nécessaires pour la préserver et on ne sait même pas si elle sera rouverte un jour au public. En attendant, on peu la visiter virtuellement en 3 D au Musée de la Ville. L’illusion est assez saisissante et les commentaires du guide sont très intéressants. Pierre Loti était vraiment un personnage totalement déjanté,  mais aussi un écrivain de grand talent, dont les œuvres méritent d’être (re)découvertes. On peut d’ailleurs se les procurer à la « Librairie Pierre Loti » dans la rue piétonne !

Ah ! J’allais oublier le Pont Transbordeur qui enjambe la Charente, une construction monumentale et unique en son genre, mais qui actuellement est en travaux. Pour le voir en fonctionnement, il suffit de visionner les premières scènes des « Demoiselles de Rochefort » où il est magnifiquement filmé sous tous les angles. C’était à l’époque un des principaux passages pour accéder à Rochefort. Aujourd’hui, un grand viaduc en béton aux courbes élégantes l’a remplacé dans cette fonction.

Rochefort est une ville très calme, trop calme diront certains, qui vit à l’ombre de son exubérante voisine La Rochelle. A Rochefort, il n’y a pas de restaurants pour touristes, étant donné qu’il n’y a pas de touristes (ou si peu) et un lundi à Rochefort, on risque fort de jeûner faute de restaurant ouvert.

Le contraste avec la Rochelle est saisissant, quand on pense aux terrasses bondées de touristes du Vieux Port. Il est vrai qu’à La Rochelle, il y a la mer !

Il faut néanmoins visiter Rochefort car la ville ne manque pas de charmes pour qui sait ouvrir l’œil et se laisser gagner par son atmosphère particulière qu’a si bien sublimée Jacques Demy en la parant de couleurs vives dans son merveilleux film musical. D’ailleurs, Jacques Demy, à l’instar de Pierre Loti, fait partie  des gloires locales sans qui Rochefort ne serait pas vraiment Rochefort et sans qui on n’aurait pas l’idée loufoque de venir y faire du tourisme !

 

Petite balade à Rochefort, Charente maritime

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