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158 articles avec pays lointains

Cartes postales du Quercy (6)

Publié le par TSF36

Cinquième station : le fond du gouffre

Le gouffre de Padirac fait évidemment partie des incontournables du Quercy; il bénéficie, à ce titre, de deux étoiles au verdâtre bouquin michelinesque qui, à mon humble avis, aurait bien pû lui en attribuer une troisième. Enfin, ce que j'en dis ...
En septembre, on peut se présenter n'importe quand à la billetterie et, moyennant quelques roupies quercynoises, obtenir le précieux sésame qui permet l'accès immédiat au monde souterrain. On aurait aimé patienter des heures dans d'interminables files d'attente, ce qui aurait justifié le caractère exceptionnel du site, mais non ... on y accède immédiatement comme dans une vulgaire station de métro.
On a seulement l'alternative de descendre par les ascenseurs (en l'occurence des descenseurs) ou par les escaliers. Quand on possède deux jambes en état de marche, il vaut mieux utiliser les escaliers qui permettent de jouir plus longtemps de la descente et de mesurer à sa juste valeur la profondeur du gouffre : 103 mètres au dessous du sol.
Alors, on se dirige vers l'embarcadère de la rivière souterraine où on s'embarque, par groupes de huit,  sur de sinistres gondoles propulsées par de lugubres gondoliers, comme les âmes errantes des défunts que le nocher Charon faisait, sur sa barque, passer vers le royaume des morts dans la mythologie grecque.
Notre Charon, malgré son savoureux accent du Sud-Ouest, nous fait remarquer en croisant une autre barque vide, que ce voyage sera sans retour ... La rivière, dit-il, atteint jusqu'à 4 m de profondeur, et avec une température de 11 degrés, les chances de survie sont quasi-nulles. On atteint le "Lac des Pluies" et on évite de justesse la "Grande Pendeloque", gigantesque stalactite qui dans 2000 ans atteindra la surface de l'eau. On atteint enfin l'autre rive de l'Achéron (ou selon d'autres sources, du Styx) et le quai du débarcadère où nous attend un autre guide au savoureux accent du Sud Ouest et à la voix de stentor. Je suppose que cela fait partie des critères de recrutement des guides de Padirac ; une alsacienne aphone, même experte en géologie, n'aurait aucune chance d'obtenir l'emploi !
Bref, notre guide du royaume des ténèbres (en fait remarquablement éclairées par de savants éclairages electriques) nous fait admirer toutes les merveilles de la Salle des Grands Gours, du Lac Supérieur et de l'immense Salle du Grand Dôme - qui contiendrait la cathédrale Notre Dame de Paris, en rabotant un peu les tours. Le plafond de cette salle immense s'effondrera un jour, donnant naissance à un second gouffre.
A Padirac les concrétions n'ont pas la finesse de Pech Merle et d'autre grottes plus petites, mais on ne peut qu'être impressionné par le côté massif  et grandiose de ces architectures naturelles.
On regagne les barques et on fait la traversée dans l'autre sens. Notre  gondolier, toujours aussi gondolant, nous dit "Vous avez eu de la chance. Il n'y a pas beaucoup de touristes qui en reviennent ".
A Padirac, il n'y a aucune trace de présence humaine, aucune gravure, aucune peinture rupestre , étant donné que l'endroit était inaccessible. Il n'y a pas non plus de vie animale, à part de minuscules crustacés transparents et aveugles, étrange adaptation de la vie à des conditions apparament invivables. La vie végétale se limite à quelques mousses et fougères à la proximité des éclairages artificiels. La présence de l'homo sapiens ne date que de la fin du XIX ème siècle, après que le spéléologue Alfred Martel (le descendant de Charles qui battit les Arabes à Poitiers par 3 à zéro)  eut reconnu le parcours actuellement accessible aux hordes de touristes.
Et c'est ainsi qu'après avoir traversé victorieusement le Styx (ou l'Achéron) dans les deux sens, on prendra, de préférence aux escaliers car on n'est pas maso, l'ascenseur vers la surface, vers la lumière, vers le monde des vivants ...
Encore une fois, on l'aura échappé belle !



P.S. On trouve de nombreuses et superbes  photos de Padirac sur le net. Yaka demander à Gogol !

Publié dans Pays lointains

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Cartes postales du quercy (5)

Publié le par TSF36

Quatrième station : le Triangle Noir du Quercy, sans étoile au Saint Livre Vert, et pour cause...

Le Triangle Noir du Quercy, sis entre Labastide-Murat, Livernon et Sauliac-sur-Célé, est une des très rares zones de France épargnées par la pollution lumineuse. Rappellons que la pollution lumineuse, c'est dû à l'éclairage nocturne immodéré (coûteux et inutile) des zones urbanisées qui nous empêche de voir les étoiles non seulement en ville, mais aussi dans les campagnes, où persiste toujours à l'horizon un halo lumineux rendant impossible l'observation des étoiles qui est pourtant une source d'émerveillement et une nourriture de choix pour l'esprit. J'ai même une théorie selon laquelle la bêtise humaine viendrait en grande partie du fait de ne jamais contempler la voûte étoilée.
Il n'est nul besoin de se munir de grands télescopes pour admirer ce spectacle sublime. Les deux yeux, dont Dame Nature dans son infinie sagesse  nous a généreusement gratifiés, suffisent amplement pour ressentir le mystère des espaces infinis qu'ont certainement ressenti nos plus lointains ancêtres du paléolithique, qui n'étaient pas plus bêtes que nous. Nous qui avons bêtement effacé ce grand mystère de notre culture ! Nous sommes désormais incapables de voir l'étoile polaire; par conséquent nous avons perdu le nord. Nous avons noyé la Voie Lactée (notre propre galaxie) dans d'absurdes éclairages urbains ; c'est pourquoi nous ne savons plus où nous sommes.
Hélas, lorsque je mis les pieds dans ce fameux triangle noir du Quercy par une fin d'après midi grisâtre et pluvieuse, je dus me résoudre à ne pas attendre la tombée de la nuit qui promettait d'être parfaitement noire, certes, mais aussi sans étoiles...
Encore une occasion ratée de m'élever spirituellement !


                                              Le triangle noir du Quercy

Publié dans Pays lointains

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Cartes postale du Quercy (4)

Publié le par TSF36

Troisième station : la grotte de Pech Merle, triplement étoilée au firmament du Saint Livre et qu'il ne faut donc manquer sous aucun prétexte. C'est un haut lieu de la géologie et de la préhistoire, une "galerie d'art dans un palais de nature".  Le nom, bien qu'évoquant irrésistiblement un champ de pêchers en fleurs au printemps où résonneraient les chants flûtés des merles, signifie simplement en occitan "colline de marne" ce qui est nettement moins poétique.
En tout cas, la longue balade souterraine (plus d'un kilomètre) est riche en émerveillements. On peut y admirer de superbes concrétions de calcite, des colonnes, des pendeloques, des lustres, des pieuvres, des disques ou tout ce que notre imaginaire peut y voir. Des oeuvres uniques et sublimes que Dame Nature, dans sa grande modestie, n'a pas jugé utile de signer...
On peut aussi y admirer des peintures rupestres vieilles de 20000 ans, dont les fameux chevaux surchargés de points et de mains négatives.
On imagine que les premiers hommes du paléolithique, dont les connaissances en géologie étaient assez réduites, ont dû attribuer à des divinités cette fantastique architecture, lorsqu'ils y ont pénétré pour la première fois à la lueur tremblottante des torches ou des lampes à graisse. De là à en faire un sanctuaire pour leurs rituels magiques, il n'y avait qu'un pas. L'intérieur de la terre, pour eux, c'était l'au-delà, le monde des esprits ; en tout cas c'était un univers totalement étranger à celui - familier - de l'extérieur, aussi mystérieux que peut l'être un trou noir pour un astrophysicien.
On aimerait s'attarder plus longtemps dans ces paysages féeriques dont nos lointains ancêtres se sont aussi émerveillés, mais hélas le temps de visite est limité et on ne peut pas non plus photographier. Qu'importe, le souvenir restera longtemps gravé dans la mémoire...

On peut avoir un petit aperçu sur le site officiel du lieu :
http://www.quercy.net/pechmerle/index.html


Chevaux pointillistes et mains négatives (photo du site précité)

Publié dans Pays lointains

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Cartes postales du Quercy (3)

Publié le par TSF36

Deuxième station, tout aussi incontournable : Figeac, également deux étoiles sur le Saint Livre !
Une ville plus petite que Cahors, mais avec beaucoup plus de charme. Ici, l'unité architecturale des vieux quartiers est parfaite, avec ses hautes maisons à solelhos (greniers ouverts permettant le séchage de divers produits et idéalement transformables en lofts pour le plus grand bonheur des bobos locaux). Mais ce qui est plus inattendu dans cette petite ville médiévale, c'est cette ambiance égyptienne omniprésente...
En effet, il faut savoir que Jacques-Joseph Champollion (1778-1867) est né à Figeac et que la ville lui voue encore une grande vénération. Rappelons que cet homme de génie a été le premier à déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, ce qui n'était pas de la tarte aux pruneaux, vu que cette écriture à la noix combine à la fois des pictogrammes, des idéogrammes et des représentations phonétiques !
Sur la Place des Ecritures, on peut admirer un agrandissement géant de la fameuse pierre de Rosette (ce sont les anglais qui ont piqué l'original et le gardent jalousement au British Museum !), un texte écrit en hiéroglyphes, en démotique (écriture égyptienne simplifiée ?!) et en grec qui a permis à Champollion de trouver les clés du mystère.
Sa maison natale, située comme par hasard Place Champollion a été transformée en "Musée de l'écriture", un musée remarquable de 7 salles sur 4 niveaux qui retrace la merveilleuse histoire de l'écriture, des premiers caractères cunéïformes, jusqu'à "E-book" d'Apple.
Si les origines du langage humain restent à ce jour mystérieuses, l'origine des écritures s'explique beaucoup plus facilement. Comment a-t-on inventé l'écriture ? Simplement parce qu'on ne peut pas tenir de registres de compte oralement. Les premiers signes écrits découverts à Sumer sont en fait des comptes de sacs de grain et de têtes de bétail ! Voila une des choses qu'on peut apprendre en parcourant ce musée.
Quant à l'invention géniale de l'alphabet par les Phéniciens, on y apprend qu'elle est à l'origine de tous les alphabets : arabe, hébreu, grec, latin, etc. Etonnant non ?

En sortant du musée, un peu moins bête qu'en y entrant, on peut toutefois aller déguster une bière locale au bar "Le Sphinx" ou déguster un foie gras au resto "La Pyramide". Certes on descend d'un cran dans le domaine de l'esprit, mais on reste néanmoins dans une ambiance égyptienne propice à la rêverie ...


Place des Ecritures : Agrandissement de la pierre de Rosette


Détail d'icelle : partie supérieure. Texte en hiéroglyphes (et non pas escogriffes !)


Le musée Champollion dans la maison natale de Champollion, situé Place Champollion (étrange coïncidence !)


Bar très énigmatique, n'est-il pas ?


Normal : c'est les Egyptiens qui ont inventé le foie gras !


Face au musée Champollion : un Egyp...chien !

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