Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

153 articles avec pays lointains

Eloge de Salers

Publié le par TSF36

A quoi bon faire l’éloge de Salers, un des plus beaux villages de France, sur lequel tout a été dit et redit ?

C’est un village touristique, certes, mais sans excès. On ne risque pas d’y être piétiné par des hordes de Nippons bardés de Nikons. On peut déambuler tranquillement dans les ruelles le nez en l’air sans risque majeur.  Il y a même un parking gratuit pour ceux qui arrivent tôt. Les autres devront payer leur obole, mais c’est pour une bonne cause : l’entretien du village, dont l’unique ressource est le tourisme pendant 6 mois de l’année seulement. Pendant la période hivernale, Salers est un village fantôme où les quelques centaines de locaux ne voient pas l’ombre d’un touriste.

Contrairement à ce que pensent la plupart des gens, Salers n’est pas un village médiéval. Bien que s’étant à l’origine développé autour d’une forteresse médiévale, il ne reste rien de cette période et toutes les constructions qu’on peut y voir datent de la Renaissance. Certes cela ne ressemble pas au style Renaissance des Châteaux de la Loire car ici c’est de la pierre volcanique noire ou grise et pas du tuffeau comme en Touraine. Mais c’est bien une architecture typique des XV ème et XVI ème siècles merveilleusement préservée et entretenue. Une mention spéciale pour l’église, récemment restaurée qui abrite de superbes œuvres d’art dont une admirable « mise au tombeau » aux personnages si expressifs.

On peut se contenter de flâner dans les ruelles étroites et d’admirer, mais il est beaucoup plus judicieux de suivre la visite guidée qui permet de comprendre vraiment ce qu’on voit et de repartir le soir moins bête que le matin.

A propos de bêtes, signalons que la renommée mondiale de Salers doit beaucoup à la vache éponyme, une belle bête à la robe acajou et aux cornes lyriques, portant généralement une clarine autour du cou et gambadant joyeusement dans les estives, heureuse et fière d’être une viande de qualité exceptionnelle « label rouge ». On trouve d’ailleurs des vaches de Salers en peluche dans toutes les boutiques de souvenirs, certainement fabriquées en Chine par la même usine qui produit les cigognes alsaciennes et les ânes en culotte de Ré. A rapporter impérativement (?) à moins d’opter plus judicieusement pour les carrés de Salers, délicieux biscuits au beurre de vache Salers ou les diverses déclinaisons de breuvages à la gentiane, une saveur typiquement cantalienne. Les gens sobres seront peut-être tentés par l’Auvergnat Cola, autre boisson typique de la région !

Les restaurants ne manquent pas à Salers, par contre c’est du lourd : entre les truffades, saucisses, aligots, bourriols, pountis, choux farcis, tripoux, potées, fromages divers, charcuteries, on reste dans le rustique et le roboratif et une présentation minimaliste.

Un bon point néanmoins pour l’hôtel- restaurant « Le Bailliage », certainement de meilleur du coin,  qui, grâce à un louable effort de présentation, parvient à alléger, voire sublimer les spécialités locales : le pounti au pruneaux devient autre chose qu’un étouffe-chrétien et la tarte aux myrtilles accompagnée de glace à la gentiane atteint des sommets !

Ah ! une dernière chose avant de quitter Salers. Sur la route qui mène au Puy Mary, un arrêt prolongé s’impose aux « Burons de Salers », musée de la buronnerie, du fromage et de la gentiane. La visite guidée par le Maître des lieux, personnage haut en couleurs, intarissable et authentique passionné est quasiment obligatoire. Pour un prix d’entrée modique, on bénéficie d’un (long) cours magistral mais toujours passionnant sur la géographie, l’histoire, l’architecture, l’élevage, la fabrication du fromage, la cueillette de la gentiane, la fabrication des apéritifs. On a même droit à quelques dégustations et le droit d’acheter des produits locaux.

Au cas où on se sentirait un peu lourd en quittant Salers, il est vivement conseillé de se diriger vers le Puy Mary et de se préparer à la périlleuse ascension. Idéal pour compenser les excès et se sentir tout léger ! Mais ceci fera l'objet d'un autre chapitre … (à suivre)


Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

Eloge d'Aurillac

Publié le par TSF36

 

DSC03174.jpg

Objectivement, Aurillac est loin d’être une ville moche, dans son écrin de vertes collines. Il y a un vieux château qui la surplombe, une jolie rivière qui la traverse. Il y a aussi des vieilles rues moyenâgeuses bordées de vénérables bâtisses en pierre volcanique, une  vieille église, un bel hôtel de ville de couleur orange, un beau square avec des arbres centenaires et pas de hideux buildings dans le centre.

DSC03190.jpg

Il y a une monumentale statue du Pape Gerbert, premier français à devenir pape sous le nom de Sylvestre II aux alentours de l’an 1000. Ledit Gerbert était un petit pâtre du coin dont l’intelligence hors normes avait été remarquée par les moines locaux et qui, après des études brillantes, avait gravi tous les échelons jusqu’au poste suprême.

DSC03177.jpg

Un destin étonnant pour un berger qui n’avait jamais été à l’école primaire. Sur le socle de sa statue, on peut voir un bas relief où un moine porte la main à son front comme pour dire « il en a dans le ciboulot, le petit ! »

DSC03179.jpg

Il y a aussi un monument aux Droits de l’Homme, qui est assez sympa, car nettement plus rare que les monuments aux morts. Voilà, sommairement résumées les principales curiosités d’Aurillac.

DSC03184.jpg

 

Hélas quand on débarque un lundi de juillet dans la capitale du Cantal, on ne voit que des magasins et des restaurants fermés, certains parce que c’est lundi, d’autres parce que c’est leurs congés annuels, et d’autres fermés pour cause de fermeture. Pas un chat dans les rues et aucun touriste étant donné que la ville n’est pas touristique pour deux sous. On se croirait presque à Châteauroux, et on se dit que ce n’était la peine d’aller si loin …

Le lundi est aussi le jour où les poubelles sont de sortie, car le ramassage –du moins on le suppose - doit avoir lieu le mardi matin ; ce qui n’apporte pas grand chose en termes d’esthétique urbaine. La première impression d’Aurillac serait donc assez déprimante s’il n’y avait quelques petits trucs rigolos à se mettre sous l’objectif  afin de retrouver le moral :

 DSC03199.jpg

Portail XVII ème siècle . Poubelles XXI ème siècle

 

 

DSC03185.jpg

Eglise Notre Dame aux Neiges / Bar-Brasserie l’Abside :

La seule église avec troquet intégré


DSC03186.jpg 

Avertissement divin à l ‘entrée de la susdite église


DSC03356.jpg 

Le célèbre magasin de Parapluies Piganiol. Fermé le lundi. Pas grave, il ne pleuvait pas ...

 

P.S. Eugène Lemaigne n'a hélas pas déniché de petit resto sympa à Aurillac, ville de grande misère gastronomique. Les seuls qui semblaient prometteurs étaient fermés pour des raisons diverses.

Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

Eloge de Vichy

Publié le par TSF36

Le touriste étranger qui désirerait avoir un bref aperçu de l’Auvergne serait mal avisé de commencer par Vichy. En effet, cette belle ville, triplement étoilée au Guide Michelin, bien que faisant indiscutablement partie de l’Auvergne, est totalement atypique, sans le moindre caractère auvergnat, semblant même ne relever d’aucun style régional ni d’aucune époque précise. C’est une ville unique en son genre, comme une ville artificielle, construite en  Utopie.

Bien que très ancienne, Vichy n’a rien conservé de son passé médiéval si ce n’est qu’une seule maison à pans de bois et un quartier dénommé « vieux Vichy » où il n’y a plus rien de vieux.

La ville ne s’est développée qu’à partir du XIX ème siècle sous le règne de Napoléon III. C’est l’or blanc de ses sources thermales aux vertus miraculeuses qui ont assuré l’âge d’or de la ville, une période de grande prospérité qui dura jusqu’en 1940. Ce furent alors les années noires et une parenthèse peu glorieuse de notre histoire, dont le souvenir tacite semble planer encore et assombrir la reine des villes d’eaux. Il faudra bien encore une génération pour assumer cette part d’ombre derrière les façades immaculées, où ont sévi des personnages peu recommandables.

 Aujourd’hui, la mode du thermalisme est un peu passée, mais le cadre exceptionnel de Vichy en fait toujours une destination touristique très fréquentée. Une preuve de la prospérité de la ville : la plupart des magasins restent ouverts le dimanche. La vie semble ne jamais s’arrêter.

Ceci dit, Vichy est un véritable enchantement pour l’amateur de curiosités architecturales. Ici, on ne trouvera pas de maisons médiévales, pas de cathédrale gothique, ni de château renaissance, mais par contre une extraordinaire palette de tous les styles « modernes », depuis le style pompeux second empire du Grand Casino, en passant par l’Art Nouveau, tout en courbes végétales, puis par l’art déco plus sobre et géométrique jusqu’au style épuré des années 50 et 60. On y trouve aussi d’incroyables fantaisies telles que ces faux chalets montagnards de l’Avenue des Etats-Unis, ces fausses maisons anglaises à bow-windows de la rue Alquier, un faux palais vénitien et une fausse maison flamande en briques dans la rue de Belgique. Et que dire des coupoles mauresques des Thermes, toutes couvertes de mosaïque et autres délires architecturaux ? On ne peut que s’émerveiller devant cette incroyable collection sans unité apparente mais qui, précisément, fait tout le charme étrange de la ville. Une ville imaginaire dans un écrin de verdure, située au pays de nulle part.

Une mention spéciale pour l’Eglise Saint Blaise, curieuse construction en béton armé des années 20 et 30, certes un peu massive vue de l’extérieur, mais dont l’intérieur recèle une décoration Art-Déco exceptionnelle : fresques, mosaïques, vitraux, qualité des matériaux (onyx, marbre bleu, émaux) en font une des plus belles réalisations de ce style. 

Enfin, pour conclure, signalons un petit troquet bien sympa déniché par Eugène Lemaigre : la Source des Célestins où l’on peut déguster gratuitement (on peut quand même laisser une petite pièce) le céleste breuvage local, servi dans des gobelets en plastique par de jeunes et charmantes « donneuses d’eau » en costume folklorique vichyssois. Cette eau miraculeuse est subtilement gazeuse et bicarbonatée. Un pur délice par une journée torride de Juillet…

 

 


Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

Eloge de la Rochelle (post scriptum)

Publié le par TSF36

Oups ! j'avais oublié de citer le magnifique Hôtel de Ville, le joyau du patrimoine historique rochelais. Honte à moi !

Re-oups ! j'avais même totalement zappé la visite, me contentant de quelques aperçus de l'extérieur, loin d'imaginer qu'une semaine plus tard il partirait en fumée (du moins partiellement). Quelle tristesse ! Ce superbe monument méritait pourtant de s'y attarder. Maintenant, c'est râpé, il faudra attendre de nombreuses années avant qu'il ne soit réouvert au public.

Si, selon la théorie du Chaos,  le battement d'ailes d'un papillon au Japon peut entraîner un ouragan en Amérique, peut-être la visite d'un touriste berrichon à l'Hôtel de Ville de la Rochelle eût-elle suffi à éviter ce terrible incendie ? 

Je ne puis m'empêcher de me sentir responsable ...

Quelques images d'avant le désastre :

DSC02743.jpg

 

DSC02747.jpg

 

DSC02748.jpg


Et le reportage sur la TV locale de Charente Maritime :

 

                               Pas de victimes, heureusement, mais quel gâchis ...

 

Publié dans Pays lointains

Partager cet article

Repost 0

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>