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153 articles avec pays lointains

Prenons de l'altitude

Publié le par TSF36

Jadis, au Paléozoïque, il y avait de hautes montagnes en Bretagne. Mais hélas, l’érosion a fait son œuvre et, comme personne à l’époque n’a rien fait pour y remédier, le massif armoricain s’est aplati comme une galette de sarrasin. C’est à peine s’il subsiste quelques monticules appelés « menez » quand ils sont arrondis et « roc’h » quand ils sont pointus. Le point culminant, à 385 mètres, est situé dans les monts d’Arrée au Roc’h  Ruz, suivi de près par le Roc’h Trevezel à 384 mètres. Autre sommet digne d’intérêt : le Mont St Michel de Brasparts à 380 mètres.

Néanmoins, les Monts d’Arrée, avec leurs landes désolées de bruyères constituent des paysages singuliers qui évoquent fortement ceux qu’on trouve outre-Manche. On se croirait presque dans les monts du Shropshire.

Du sommet du mont St Michel de Brasparts (beaucoup moins fréquenté que celui de Normandie) on bénéficie d’une vue imprenable sur le Yeun Elez, vaste marais-tourbière au centre duquel les légendes situaient le Youdig, l’entrée des enfers. Maintenant, il y a un lac artificiel à cet endroit et une jolie centrale nucléaire désaffectée depuis 1985. Le démantèlement prévu est toujours à l’arrêt car c’est peut-être une mission impossible et seuls les vestiaires du personnels ont été démantelés avec succès à ce jour ! Et la silhouette inquiétante de la centrale accentue encore le caractère infernal du lieu qu’il faudrait voir par mauvais temps noyé dans la brume pour en ressentir l’atmosphère si particulière.

 A quelques encablures de là, il y a encore un enclos paroissial à ne pas manquer, celui de Pleyben. Il est plus petit et moins fréquenté que ceux vus précédemment, mais il forme un ensemble particulièrement harmonieux. On y trouve aussi une représentation de Katel Kollet dans la gueule du Leviathan.

Pour sortir des sentiers battus, il est une petite église qui, vue de l'extérieur, ne semble pas exceptionnelle mais qui  mérite vraiment la visite : celle de Brennilis. Attention, on n’y entre pas comme dans un moulin. Elle est toujours fermée, en raison des vols d’objets d’art qui y ont été commis. Il faut se renseigner à la mairie pour avoir l’adresse de la dame qui la fait visiter. C’est d’ailleurs une dame charmante et très investie dans la sauvegarde de son patrimoine. Ce qui frappe d’abord dans cette église, c’est le plafond caréné peint en bleu avec des étoiles, comme la voûte céleste. Il y a un retable magnifique et de nombreuses statues en bois polychrome dans leurs niches, comme celle de Notre Dame de Brennilis écrasant sous ses pieds la Marie Morgane, et celle de Saint Yves entre le riche et le pauvre, curieusement rebaptisé « Sant Yeun ». Il y a aussi de nombreuses « sablières » sculptées avec des figures étranges, comme ces oiseaux à têtes humaines.

Puisqu’on est dans le coin, un petit tour à Huelgoat s’impose. C’est un lieu assez fréquenté par les touristes, où l’on peut faire une agréable promenade en sous-bois parmi quelques chaos granitiques. Il y a une grotte du diable peu diabolique et une roche tremblante qui ne tremble guère. Bref, rien d’extraordinaire. Cela ressemble à des sites qu’on peut trouver dans le Limousin.

Pour terminer, une petite visite à la chapelle Saint Herbot, une mini-cathédrale au milieu de nulle part avec une étonnante décoration intérieure qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans ce coin perdu. Saint Herbot est le saint guérisseur des bovins, et il suffit de répandre une poignée de crins arrachés à la queue d’un bœuf autour de son sarcophage pour que soit guérie la bête susdite. Etonnants, ces bretons !

 

 

 

 

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Vous reprendrez bien un petit calvaire ?

Publié le par TSF36

Un petit calvaire ça ne se refuse pas, quand on a rien d’autre à se mettre sous la dent …

Surtout quand il s’agit du magnifique calvaire de Plougastel-Daoulas avec ses 182 statues de kersantite bleue sur leur socle de  granite jaune. Un chef d’œuvre qui fut fortement endommagé par un bombardement américain le 23 août 1944. Fort heureusement, un officier américain qui était aussi un amateur d’art éclairé fit en sorte de recueillir aux Etats Unis les fonds nécessaires pour la restauration du calvaire. Grâce à lui, on peut maintenant admirer cette merveille telle qu’elle était auparavant. Sympas, les ricains !

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En dehors des scènes classiques de la vie du Christ, on peut y voir la scène légendaire de Katel Kollet représentant l’infortunée Katel que des démons enfournent dans la gueule dentée du monstrueux Léviathan. Une scène insoutenable !

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Quand on est dans le coin on peut aussi tenter de se perdre dans la presqu’île de Plougastel avec ses minuscules routes à une voie où tout croisement est problématique. Un labyrinthe de petites routes menant à des hameaux perdus, à des ports minuscules au bout du monde, à des plages désertes où la main du touriste normal ne met jamais le pied …

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et en prime la crêperie secrète "An ty coz" , traduction : la vieille maison !

 

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C'est-ty pas beau la Bretagne ?


 

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Eloge des enclos paroissiaux

Publié le par TSF36

Non, les enclos paroissiaux ne sont pas, ainsi que je le croyais naguère, des pâturages collectifs où les habitants de la paroisse viennent faire paître leurs chèvres ou leurs moutons.

Ce sont en fait des ensembles architecturaux religieux spécifiquement bretons regroupant dans leurs murs une église, un calvaire et un ossuaire. C’est donc un espace clos mais accessible par une porte triomphale richement ornementée. C’est le lieu où le monde des morts rejoint celui des vivants. On en voit surtout dans le nord du Finistère et trois des plus beaux sont regroupés près de Morlaix : ce sont Saint Thégonnec, Guimiliau et Lampaul Guimiliau. Ce sont les trois incontournables à ne manquer à aucun prix.

Ces architectures uniques en leur genre datent du XVI ème et du XVII ème siècle, c’est à dire la période de grande prospérité bretonne. Certes la foi chrétienne était bien ancrée en Bretagne, mais elle n’aurait pas suffi pour construire ces merveilles s’il n’y avait eu des personnages très fortunés pour les financer.

Les calvaires sont de véritables représentations à grand spectacle avec des personnages principaux, des seconds rôles et des centaines de figurants sculptés dans le granit. Celui de Guimiliau en compte deux cent. Certains (les méchants) ont des traits caricaturaux voire grotesques. D’autres sont plus réalistes avec des visages très expressifs et émouvants. Il est amusant de constater que ces personnages de la Bible sont vêtus à la mode bretonne du XVII ème siècle. En tout cas, chapeau aux sculpteurs, car le granit, même celui de Kersanton, c’est nettement plus dur que le tuffeau de Touraine !

L’autre motif d’émerveillement est la décoration intérieure des églises. Avec leurs plafonds carénés, leurs vitraux, leurs poutres à têtes de dragons ornées de sculptures polychromes, avec leurs retables dorés à colonnes torsadées encadrant des personnages par centaines, avec leurs angelots joufflus soufflant dans des trompettes, avec les statues en bois peint de tous les saints bretons, avec leurs baptistères et leurs chaires et leurs buffets d’orgues à l’ornementation exubérante, ces églises n’ont rien de commun avec celles du centre de la France. Ici on est loin de la sobriété romane ou gothique ;  on est même aux antipodes des temples Zen : on est dans le pur baroque flamboyant, dans l’ornementation poussée à l’extrême. Il faudrait passer des journées entières pour détailler toutes les histoires gravées dans le bois et dans la pierre. Il y a de la lecture, même pour ceux qui ne savent pas lire !

Le foisonnement ornemental rejoint ici le foisonnement de la religion catholique qui est, comme chacun sait, une religion polythéiste avec sa trinité, ses anges, ses archanges, et tous ses saints, dont les saints bretons forment le gros du peloton. Et sans parler des créatures infernales et autres démons qui forment l’équipe adverse !

Mais ici, le plus mécréant des touristes ressent un profond respect pour une religion qui a, plus que toute autre, suscité une telle création artistique. 

Chose étonnante, cette tournée des enclos paroissiaux n’engendre aucune tristesse, car la contemplation des œuvres d’art est toujours source de bonheur. Et même si ce modeste diaporama se termine sur la devise « memento mori » gravée à l’entrée de l’ossuaire de Lampaul-Guimiliau, elle n’exclut pas le « carpe diem » qui en est le corollaire…


 

 

  

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Escapade morlaisienne

Publié le par TSF36

Morlaix ne figure certes pas parmi les premières destinations touristiques de Bretagne étant donné qu’elle ne bénéficie pas d’une situation côtière. Elle n’est reliée à la mer que par un maigre chenal appelé « la rivière de Morlaix » La ville s’étire dans une sorte de vallée étroite que surplombe un monumental viaduc du XIX è siècle qui est l’emblème de la ville. Du fait de son site très encaissé, Morlaix « bénéficie » par contre fréquemment d’inondations comme ce fut le cas l’hiver dernier. Les commerces du centre-ville (Kreis Kêr) ont souvent les pieds dans l’eau. Les quartiers résidentiels s’étagent sur les flancs de la cuvette et sont donc épargnés. A cause de son relief, Morlaix est un labyrinthe de venelles et d’escaliers plus ou moins tortueux, sympathiques dans les descentes mais terribles dans les montées. Le premier étage du viaduc offre une superbe vue d’ensemble de la cité. Quant au maigre chenal de la rivière, il abrite un petit port de plaisance qui est fort … plaisant bien que peu maritime.

Les rues piétonnes, pavées de bonnes intentions, sont nombreuses et bordées de superbes maisons à pans de bois dont les façades à encorbellement sont parfois vêtues d'imperméables en ardoises. Il y a aussi des alignements de cossus immeubles de style classique en granit. Et des massifs de fleurs partout ...

Morlaix, malgré sa taille modeste, donne une impression de luxe et de richesse. En fait, elle a connu jadis une période de grande prospérité avec le commerce de la toile de lin, une plante qui était cultivée dans la région.

 

 

 

Actuellement, Morlaix apparaît comme une ville agréable, dynamique et commerçante, malgré sa population de seulement 16000 habitants. Il y a même quelques petits restaurants sympathiques, dont un qui se nomme « An Dol vad » (traduction : la bonne table) où Eugène Lemaigre a pu enfin tester la grande spécialité du Leon : le Kig ha Farz, un plat typique que peu de restaurateurs proposent car sa préparation est assez complexe. Kig, c’est la viande (de boeuf et de cochon) ; et Farz, c’est une préparation étrange à base de farine de sarrasin dont le secret est bien gardé. En tout cas c’est très léger et ça se mange sans faim !

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Kig ha Farz : un pur délice !

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