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158 articles avec pays lointains

Eloge du radôme de Pleumeur-Bodou

Publié le par TSF36

Quand on est sur la côte de granit rose et qu’on est d’autre part gravement atteint par le virus de la radio, des ondes et des antennes, il est impératif de se rendre à Pleumeur-Bodou afin de visiter le « radôme » la seule antenne à ma connaissance qui soit classée monument historique.

C’était en des temps très anciens, en 1962, donc au siècle dernier que fut construit ce chef d’œuvre technologique. En ce temps là, les Bretons du coin avaient été informés qu’il s’agissait d’un centre de télécommunications par satellite, et certains avaient grand peur qu’on y construisît une base de lancement de fusées pour envoyer en orbite lesdits satellites. Mais bon, ce n’était qu’une antenne, beaucoup plus rassurante. Mais quelle antenne !

Cet énorme dôme de 50 m de haut et 64 mètres de large pourrait contenir sans problème l’Arc de Triomphe (et la tour Eiffel en la coupant en morceaux !) Il a pour seule utilité de protéger la colossale antenne de 60 mètres de long, orientable en azimut et en site. Cette antenne avait pour but de transmettre pour la première fois les images TV entre l’Europe et les USA via le satellite Telstar. Ce satellite, à l’époque n’était pas géostationnaire comme ceux qu’on utilise maintenant, mais défilant, c’est à dire qu’il fallait le suivre avec une grande précision quand il passait au dessus de l’Atlantique, d’où les mécanismes très complexes qu’on peut admirer.

C’est grâce à Pleumeur-Bodou qu’on put voir en 1969 les premiers pas de l’homme sur la lune.

Maintenant obsolète, cette fabuleuse antenne en forme de coquillage, ou d’oreille, est désormais la seule au monde de ce type (celle des USA ayant été démantelée) et on l'a justement classée au patrimoine historique.

La visite, quand elle est commentée par un ancien du site, est vraiment passionnante, et la mise en scène de l’antenne par un spectacle « son et lumière » est particulièrement réussie.

D’ailleurs, même ceux et celles qui ne sont pas particulièrement branchés sur la technique des télécommunications (c’est à dire 99 % des visiteurs) sont toujours très impressionnés par ce monument unique en son genre.

Ils ont un radôme rond, vive les Bretons !

Pleumeur-Bodou: le Radôme (1962)
Pleumeur-Bodou: le Radôme (1962)
Pleumeur-Bodou: le Radôme (1962)

Pleumeur-Bodou: le Radôme (1962)

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Bréhat : une journée au paradis

Publié le par TSF36

De passage à Paimpol, j’ai voulu voir sa célèbre falaise, chantée par Théodore Botrel. Hélas on me dit qu’elle avait été démontée. Alors, sans me démonter, j’ai filé vers la pointe de l’Arcouest et pris la première vedette en direction de l’île de Bréhat, l’ile aux fleurs, que tous les guides décrivent comme paradisiaque.

Poser le pied à Bréhat, c’est comme changer d’univers, entrer dans un espace-temps différent. Les distances n’ont plus la même signification. Le temps s’écoule différemment. L’absence totale d’automobiles y est pour beaucoup. Aller du port à la pointe nord de l’île à pied en passant par d’étroites venelles et en revenir constitue un long voyage.

Si on débarque à Bréhat à marée basse, il faudra parcourir une longue jetée de ciment avant d’arriver au Bourg, la seule agglomération de l’île ressemblant à un village avec sa curieuse église, son cimetière, sa mairie, son office de tourisme et ses quelques boutiques et restaurants à touristes. La place centrale, avec ses terrasses, bordée de palmiers en constitue l’hypercentre. Bréhat est loin d’être une île déserte. Partout il y a des maisons disséminées, parfois bien cachées, dans une végétation luxuriante et presque tropicale en raison du micro climat qui y règne. De jolies petites maisons grises ou roses, surtout résidences secondaires, entourées de fleurs. Ici pas de hideux buildings ! En Avril, certes, on ne verra pas les hortensias ni les agapanthes qui sont les floraisons les plus spectaculaires, mais il y a des buissons de camélias et des magnolias et toutes sortes de fleurs odorantes et non identifiées pour faire patienter.

Pour découvrir l’île, le mieux est encore de s’y perdre, d’aller au hasard des chemins bordés de murets de pierre, de déambuler parmi ce dédale de petites routes étroites où seuls peuvent passer les piétons et les cyclistes. Au gré du hasard, on tombera inévitablement sur les curiosités locales : la chapelle Saint-Michel, le point culminant de l’île, à 30 mètres d’altitude, d’où on a un panorama sublime, la croix de Maudez avec une vue pas mal non plus, le moulin à marée de Birlot parfaitement restauré, le sémaphore, le phare du Rosedo. Mais le lieu à ne pas manquer, c’est l’extrémité nord de l’île avec son phare du Paon. Là, Bréhat prend un aspect totalement différent, un aspect âpre, minéral, tourmenté avec une côte de granit rose très déchiquetée, avec des rochers aux formes étranges et une quasi absence de végétation. C’est le but ultime de la visite de l’île. On n’ira pas plus loin. Il faudra ensuite parcourir 3,5 kms pour rejoindre le port, alors attention à ne pas rater le dernier départ de la vedette sous peine de se retrouver exilé jusqu’au lendemain.

A ce bout du monde, une pause s’impose au Paradis rose. Ce n’est qu’ une modeste baraque à crêpes-buvette au fond d’un beau jardin fleuri. Certes pas un haut lieu de la gastronomie bretonne, mais un endroit sympathique pour se désaltérer par une torride journée d’avril, d’autant plus que c’est la seule buvette de l’île du nord.

Un dernier tour dans le bourg avant de regagner la terre ferme, en se disant qu’on n’a pas fait le tour de toutes les curiosités de cette île paradisiaque, qu’on a raté quelques coins figurant sur le plan gracieusement offert par l’office de tourisme,  et qu’il faudra y revenir un jour. Une pensée compatissante aussi pour les quatre cent « pauvres » îliens qui voient chaque année leur paradis devenir un enfer touristique en juillet et en août.

Eh oui, les lieux touristiques seraient encore plus agréables s’il n’y avait pas de touristes …

Publié dans Pays lointains, Botanique

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La vie en rose à Ploumanac'h

Publié le par TSF36

Des sardines du phare d’Eckmühl à la côte de granit rose, il n’y avait qu’un pas. Car ces sardines, telles des madeleines de Proust avaient fait ressurgir de vieux souvenirs d’enfance, des vacances familiales en Bretagne dont il ne me restait qu’une photo en noir et blanc représentant le phare de Ploumanac’h sur son promontoire de granit … rose. C’était en 1962 et à l’époque, seuls les riches prenaient des photos en couleurs.

La vie en rose à Ploumanac'h

 Et comme le besoin impérieux se faisait sentir de vérifier si ces rochers étaient vraiment roses, et quelle nuance de rose, je décidai donc de me téléporter en ces lieux. Quelques clics avaient suffi.

Le sentier qui permet de parcourir le site, et dont les guides touristiques ne tarissent pas d’éloges, commence à la plage de Trestraou à Perros-Guirec, une plage qui avait le bon goût d’être déserte. On emprunte donc le sentier dit « des douaniers », bien qu’on n’y rencontre pas le moindre douanier, mais seulement quelques touristes, d’ailleurs peu nombreux en avril. Et on longe la côte jusqu’à Ploumanac’h dans des paysages sans cesse grandioses. Et qu’y voit on ?

La mer couleur d’émeraude, le ciel couleur d’azur, les ajoncs en fleurs et des rochers aux formes étranges dans lesquels l’imagination peut se donner libre cours. Il y a un rocher en forme de grenouille, un autre évoquant un lapin, une tortue et même le chapeau de Napoléon. Mais c’est le phare de Min-Ruz (pierre rouge) qui est la vedette absolue. Il n’avait pas changé depuis ma première visite, pour le grand bonheur des photographes, prenant depuis des lustres le même cliché sous le même angle.

Mais l’endroit le plus charmant demande encore quelques minutes de marche. C'est sans conteste la petite plage de Saint Guirec, avec son oratoire baigné par la marée haute, avec ses curieux rochers roses et avec sa petite île sur laquelle est construit un château rose.

Encore quelques pas pour admirer le petit port de Ploumanac’h, mignon comme tout, et s’attabler à une terrasse afin d’y déguster une galette-saucisse si on est pauvre, un homard si on est riche, ou rien du tout si on a emmené un sandwich dans le sac à dos.

Le retour se fait par le même sentier car ce paysage sublime mérite d’être admiré sous deux angles différents. On peut même s’attarder longuement pour contempler le ressac écumeux de la mer à l’assaut du granite, un spectacle fascinant qu’on voit rarement dans le Bas-Berry.

Voici donc quelques images en couleurs de la côte de granite rose. Ya pas à dire, c’est quand même mieux qu’en noir et blanc ! 

Publié dans Pays lointains

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Eloge de la Comète Tchouri

Publié le par TSF36

Pour une fois, la catégorie « pays lointains » n’est pas usurpée. En effet, voici une photo de la comète en question, située à environ 500 millions de kilomètres de Châteauroux. Comme on peut le constater, c’est un gros caillou biscornu sans grand intérêt touristique. Il y fait un froid de canard et en plus il n'y a quasiment pas de gravité permettant de tenir au sol ! Pas un arbre, pas un brin d’herbe, pas un oiseau, pas un écureuil, pas un chat. Pas une église romane, pas une cathédrale gothique, même pas un immeuble art-déco. Quant aux infrastructures touristiques, elles brillent aussi par leur absence : pas un hôtel, pas un resto sympa, même pas une crêperie bretonne.

J’avoue avoir été déçu par cette comète qui a été brièvement sous les feux de l’actualité (entre deux ragots de notre classe politique). Finalement, je ne conseillerais pas au touriste ordinaire de faire 500 millions de kilomètres pour voir ce gros caillou biscornu. Il y a en a d’aussi beaux aux Pierres Jaumâtres, dans la Creuse.

 

tchouri.jpg

 

Plus sérieusement, mon éloge ira aux scientifiques qui ont réussi cet admirable exploit consistant à faire atterrir un robot sur un objet aussi improbable qu’une comète. Une mission de longue haleine qui s’est déroulée sans anicroche. Cette victoire de l’intelligence humaine console un peu de la bêtise ambiante et nous dit qu’il y a peut-être encore de l’espoir pour l’avenir de l’espèce homo sapiens...

Publié dans Pays lointains

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