Techniques anciennes : le lointain ancêtre de l'Iphone

Publié le par TSF36

Les nouvelles inventions naissent-elles d'un besoin existant ou bien font-elles naître de nouveaux besoins qui n'existaient pas auparavant ?  Vaste question qu'il n'est pas de mon propos d'aborder ici et que je laisserai aux philosophes.
En tant que spécialiste des techniques anciennes, j'en resterai à une approche purement observationelle.
Une chose, d'abord, semble certaine : les objets technologiques ne sortent pas tout droit de l'esprit de leur concepteur. L'iphone, par exemple, n'est pas sorti directement du crâne de Steve Jobs, comme la Déesse Minerve, toute armée, du crâne de Jupiter.
Non, en fait, toute nouvelle invention est le fruit d'un long processus d'évolution s'appuyant sur les inventions précédentes. Une évolution foisonnante, irrépressible, tout à fait comparable à celle qui régit le vivant, avec ses mutations, ses adaptations à l'environnement, ses fausses routes et ses réussites. Ainsi, l'invention de l'automobile ne pouvait-elle pas précéder l'invention de la roue; et l'invention de la clé à sardines a dû attendre l'invention préalable de la boîte de sardines.
Pour en revenir à l'Iphone, il représente la synthèse de nombreuses techniques, dont celle de la téléphonie. Et à cet égard, on peut considérer qu'il est le dernier descendant d'une longue lignée d'appareils de plus en plus compacts et performants, dont le plus lontain ancêtre a été découvert récemment au vide-grenier  de La Pérouille (voir article plus bas).
Voici donc cet objet extrêmement rare : cet antique téléphone de marque Charron, Bellanger et Merkel datant de 1913 faisait déjà partie de la catégorie "mobile" puisque, malgré sa conception filaire, on pouvait le déplacer à la main et le poser à volonté sur le bureau, sur la commode, sur la table de nuit, etc., contrairement aux téléphones fixes muraux, par essence inamovibles. Comme on peut le constater, la base octogonale en acajou verni ne comporte pas de clavier mais un seul bouton qui permettait d'appeler la standardiste et de lui demander son correspondant. Le combiné à cornet en métal nickelé était suspendu à un crochet d'une potence à section hexagonale. Un second crochet fixé à l'arrière de ladite potence servait normalement à accrocher un écouteur. Mais comme cet écouteur était fort peu utile, on l'enlevait généralement et, dans les régions rurales du Bas-Berry, on avait trouvé un usage fort astucieux à ce crochet : on s'en servait pour y suspendre les gousses d'ail.
C'est ce que nos ancêtres berrichons appelaient un "ail-phone".

 

ailphone.jpg

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Claude F5NER 01/04/2010 16:50


Bravo l'Artiste !!!!
Toujours autant de plaisir à te lire


Duszka 01/04/2010 10:36


Ah! le génie berrichon !! Superbe.