Modernisons les vieux poèmes ringards (rediffusion)

Publié le par TSF36

 

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes

Des jours heureux où nous étions amis.

En ce temps-là la vie était plus belle,

Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.

Les feuilles mortes se ramassent avec un aspirateur de feuilles autotracté

Ca va plus vite qu’à la pelle.

Les feuilles mortes se ramassent avec un aspirateur de feuilles autotracté

Car la modernitude est belle.

Et le puissant moteur les entraîne

Dans la benne grillagée de l'oubli.

Tu vois, je n'ai pas oublié

La chanson que tu me chantais.

 

C'est une chanson qui nous ressemble.

Toi, tu m'aimais et je t'aimais

Et nous vivions tous deux ensemble,

Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.

Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,

Violemment, dans les vrombissements de l’aspirateur à feuilles autotracté

Et les services municipaux effacent sur les avenues

Les feuilles à jamais désunies.

 

                                                                       Prévert / Ledoux

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Publié dans Poésie

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Patricia 22/11/2014 07:13


Les services municipaux feraient mieux de laisser les feuilles là où elles tombent, surtout quand c'est sur l'herbe, ça fait de l'humus, ça protège et ça régénère la terre pendant l'hiver. Et ça
éviterait que nos villes et (surtout) nos villages ne ressemblent au monde enchanté (!?) de Disneyland.