Marais de Bourges, un patrimoine en grand péril

Publié le par TSF36

La capitale du Berry possède un patrimoine très riche. On pense bien sûr à la Cathédrale et au Palais Jacques Cœur, mais un peu moins aux Marais qui sont à la fois un patrimoine naturel et culturel. Cette vaste étendue de 135 hectares en plein milieu de la ville est en effet un paysage crée par l’homme. Elle abrite un grand nombre d’espèces protégées, comme la rousserolle effarvate, le phragmite des joncs, le bruant des roseaux, le grèbe castagneux et le joggeur du dimanche…

A l’origine, ce n’était qu’une zone marécageuse impénétrable, un obstacle providentiel  contre les envahisseurs de tous poils, romains, barbares etc. Ce n’est qu’au XVII ème siècle que des communautés religieuses séparèrent la terre de l’eau (conformément à ce qui est dit dans la Genèse). C’est ainsi que fut crée cet extraordinaire réseau de canaux et de parcelles maraichères qu’on peut admirer sur la vue satellite.

Les journées du patrimoine furent l’occasion de redécouvrir ce site avec les explications d’un guide local particulièrement engagé pour la défense des marais en périls. En effet, ce petit paradis risque de devenir à court terme un paradis perdu. Parmi les dangers qui le menacent, il y a tout d’abord la pression immobilière qui risque de grignoter les marais, bien que le site soit maintenant classé.  

Il y a aussi la mauvaise utilisation des parcelles par les propriétaires et locataires qui oublient la vocation exclusivement maraichère et transforment des parcelles fertiles en pelouses, avec des plantations de conifères et des cabanes de jardin grand luxe et tout confort devenues résidences secondaires.

Le maintien de ce fragile écosystème nécessite un travail permanent sans lequel les marais cultivés retourneront au marécage. Il faut constamment curer les coulants (canaux) qui s’envasent et ramener cette vase fertile sur les parcelles ; sinon la circulation des plates (barques) devient impossible.

Et il y a enfin la jussie, horrible plante invasive dont personne ne sait comment se débarrasser définitivement.

Selon notre guide engagé mais assez pessimiste,  les  responsables de la décadence des marais sont les élus municipaux qui n’ont pas le courage de prendre les bonnes mesures, ni d’appliquer la réglementation de peur de perdre quelques voix aux élections (sic).

La visite s’est terminée toutefois sur une note d'espoir avec la visite d’un potager exemplaire crée par un couple de retraités parisiens revenus au pays. Un jardin entouré de haies vives, avec des carrés parfaitement entretenus, séparés par des bordures en plessis de saule. Les bonnes vieilles méthodes du passé semblent donc être l’avenir de ce petit paradis.

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Articles précédents sur les marais de Bourges :

Apologie des marais de Bourges

Apologie des marais de Bourges (suite)

Les marais de Bourges en hiver

Le Printemps à Bourges

Publié dans Berrichonnitude

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sittelle 27/09/2014 14:19


Superbe en effet, j'aime beaucoup ces "hortillonnages", comme nous disons,  plus au nord. Ainsi à Amiens, pas de jussie mais des ragondins, qui creusent les berges; mais l'association et les
vrais maraichers en activité,  gèrent bien, après des années de luttes contre la soif immobilière locale. Je connais aussi St Omer et son marais, une région magnifique; comme tout le Nord !


http://www.hortillonnages-amiens.fr/


http://www.kizoa.fr/Montage/d13619495kP192964030o2/amiens-hortillonnages

claude boulet 22/09/2014 21:11

bonsoir Faut leur suggérer d' aller visiter l' audomarois ! seul marais de France encore cultivé par une quarantaine de maraichers ! http://www.tourisme-saintomer.com/vis-mar.htm cordialement