Le tour de la vallée de Chaudefour par les crêtes

Publié le par TSF36

Eh oui, on y revient … et pas plus tard que le lendemain. Mais cette fois-ci, il est temps de passer aux choses sérieuses, de quitter le fond de la vallée, de prendre de l’altitude, pour atteindre les sommets inviolés.

Sur la petite plaquette vendue à la maison de la réserve, il est indiqué que la grande boucle de 15 kilomètres est un parcours difficile, réservé aux bons marcheurs, avec une dénivelée de 700 mètres. Un défi que votre Humble Serviteur, adepte des sports extrêmes,  ne pouvait pas manquer de relever !

On pénètre donc de nouveau dans la vallée de Chaudefour, mais arrivé au grand carrefour des sentiers, on prend celui qui monte sur les crêtes, d’abord en sous-bois, avant d’atteindre les pentes dénudées où on est salué quelques sympathiques chevaux. Il y a ensuite une descente bien agréable, avec des horizons dégagés, comme un boulevard de moquette verte et moelleuse  avant d’attaquer une piste en zigzag, raide et caillouteuse menant au Puy de la Perdrix, un moment pénible pour les petits petons et les petits poumons. Ensuite on arrive au Puy Ferrand (1854 mètres) et on bénéficie alors d’un parcours relativement plat avec des paysages grandioses. Au col de la Cabane, un obstacle inattendu se présente : un bouchon de moutons ! En effet le troupeau de randonneurs se voit confronté à un troupeau de moutons obstruant le sentier. Ces animaux n’ont aucune notion du code de la route et ne se gênent pas pour perturber la circulation, parfois très chargée sur le sentier des crêtes ! Fort heureusement, le berger de service et ses chiens sont là pour les déloger provisoirement et permettre le passage des bipèdes.

Quand on est au col de la Cabane, on est confronté à un terrible dilemme : poursuivre la boucle balisée en jaune du « tour de la vallée par les crêtes » ou se payer un petit supplément en grimpant jusqu’au sommet du Sancy qu’on a là sous les yeux et qui paraît si proche ?

Bon, après tout, au diable l’avarice. Ca ne fera que 2 heures de marche en plus.

Quand on arrive au pied du Sancy, encore un dilemme : monter au plus court par la piste en zigzag, raide et caillouteuse ou bien effectuer un contournement stratégique et prendre les escaliers en bois qui vont de la station du téléphérique jusqu’au sommet ? Ayant déjà goûté à la piste en zigzag, raide et caillouteuse du Puy de la Perdrix, et n’étant pas totalement maso, ce sera donc la voie de la sagesse qui sera choisie. En fait, cet escalier monumental aux 850 marches irrégulières et disjointes n’est pas non plus une sinécure et l’arrivée au sommet du Sancy, le toit du monde culminant à 1886 mètres, est un vrai chemin de croix, d’autant plus qu’il est envahi par des hordes de touristes, frais comme des gardons, qui sont venus du Mont-Dore par le téléphérique. Le sommet, un échafaudage hétéroclite de bouts de bois supportant une petite plateforme et une table d’orientation (inaccessible à cause du troupeau de touristes qui s’y presse) ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable. Certes, le paysage est grandiose, mais gâché par cette foule bruyante, et par les fourmis volantes qui n’incitent pas à y rester plus longtemps que nécessaire.

Il est temps de redescendre par l’escalier monumental, de laisser derrière soi les affreux bâtiments en béton du téléphérique et de reprendre le chemin « normal » au col de la Cabane, toujours embouteillé par les moutons immobiles, qui s’abritent du chaud soleil d’Août, en mettant leur tête sous le ventre de leurs congénères. Un système fort ingénieux auquel on n’avait pas pensé.

Le reste de la balade ne présente pas de difficulté majeure, sinon quelques raidillons, récompensés par de belles descentes et on bénéficie des plus beaux paysages qui soient, loin de la foule moutonnière du Sancy. On redescend lentement par un sentier en sous-bois et on retrouve le fond de la vallée familière avec son carrefour des chemins, avec sa dent de la rancune et sa crête de coq, avec sa source d’eau ferrugineuse.  Mais ce n’est pas ce breuvage qui fait fantasmer le randonneur dont le gosier est sec et dont les rotules ondulent après 8 heures de marche. Car il y a, juste face au parking, un endroit merveilleux, nommé le Buron de Chaudefour, où on pourra déguster en terrasse, un délicieux Auvergnat Cola dans un grand verre avec des glaçons. On les entend déjà tinter, ces jolis glaçons, à moins que ce ne soient les clarines des vaches dans le pré en contrebas. Après une journée de marche dans les grands espaces et les grandes solitudes (ou presque) ce sera, à n'en point douter,  un bonheur ineffable …

 

 

Version HD 1080 p sur VIMEO :

 

Publié dans Pays lointains

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