Escapade morlaisienne

Publié le par TSF36

Morlaix ne figure certes pas parmi les premières destinations touristiques de Bretagne étant donné qu’elle ne bénéficie pas d’une situation côtière. Elle n’est reliée à la mer que par un maigre chenal appelé « la rivière de Morlaix » La ville s’étire dans une sorte de vallée étroite que surplombe un monumental viaduc du XIX è siècle qui est l’emblème de la ville. Du fait de son site très encaissé, Morlaix « bénéficie » par contre fréquemment d’inondations comme ce fut le cas l’hiver dernier. Les commerces du centre-ville (Kreis Kêr) ont souvent les pieds dans l’eau. Les quartiers résidentiels s’étagent sur les flancs de la cuvette et sont donc épargnés. A cause de son relief, Morlaix est un labyrinthe de venelles et d’escaliers plus ou moins tortueux, sympathiques dans les descentes mais terribles dans les montées. Le premier étage du viaduc offre une superbe vue d’ensemble de la cité. Quant au maigre chenal de la rivière, il abrite un petit port de plaisance qui est fort … plaisant bien que peu maritime.

Les rues piétonnes, pavées de bonnes intentions, sont nombreuses et bordées de superbes maisons à pans de bois dont les façades à encorbellement sont parfois vêtues d'imperméables en ardoises. Il y a aussi des alignements de cossus immeubles de style classique en granit. Et des massifs de fleurs partout ...

Morlaix, malgré sa taille modeste, donne une impression de luxe et de richesse. En fait, elle a connu jadis une période de grande prospérité avec le commerce de la toile de lin, une plante qui était cultivée dans la région.

 

 

 

Actuellement, Morlaix apparaît comme une ville agréable, dynamique et commerçante, malgré sa population de seulement 16000 habitants. Il y a même quelques petits restaurants sympathiques, dont un qui se nomme « An Dol vad » (traduction : la bonne table) où Eugène Lemaigre a pu enfin tester la grande spécialité du Leon : le Kig ha Farz, un plat typique que peu de restaurateurs proposent car sa préparation est assez complexe. Kig, c’est la viande (de boeuf et de cochon) ; et Farz, c’est une préparation étrange à base de farine de sarrasin dont le secret est bien gardé. En tout cas c’est très léger et ça se mange sans faim !

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Kig ha Farz : un pur délice !

Publié dans Pays lointains

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sittelle 12/09/2014 18:23


ho trugarekaat ! (lexilogos dixit )

sittelle 11/09/2014 09:28


Le farz, c'est le petit truc jaune en haut de la terrine ? c'est de l'ethno cuisine gauloise !  cuit comme le pudding dans un sac en toile, c'était bon ? j'en cherchais justement la recette,
mais sans connaitre le nom breton, merci !

TSF36 11/09/2014 13:07



Oui, le petit truc jaune, c'est le farz blanc (froment) en tranche.


Le gros truc marron, c'est le farz noir (sarrazin) émietté façon couscous 


Et la sauce dans le petit ramequin, c'est le lipig (voir plus haut la recette de notre ami breton )



Jean Luc Fournier 10/09/2014 18:52


Comment ????
Tu vins à Morlaix (s'ils te mordent ...) soit 40 Km environs de ma masure, sans venir partager avec moi lapinte de l'amitié dans la corne d'auroch ?
Pas bien, ça ...

Je te pardonne pour cette fois ... pour cette fois seulement !


Quant au Kig Ha Farz, il s'agit plutôt, vous l'avez deviné, d'un plat d'hiver. Car il donne chaud. trés chaud.
Aujourd'hui, quand la maîtresse de maison fait Kig Ha Farz, c'est jour de fete. Seules les anciennes font encore ça (ça demande des immenses gamelles et un pochon spécial pour les Farz, le blanc
au froment, sucré, et le noir, de sarrazin, salé). Les retaurants ouvriers s'y collent aussi les jeudi d'hiver, et font table pleine à chaque fois.


C'est trés roboratif, comme vouspouvez le voir. Heureusement, pour faire passer le farz noir, il y a une petite sauce délicate d'accompagnement, le LIPIG :
Pour quatre convives, faites confire (et non bruler ou griller) 8 ou 10 échalottes du cru, émincées, dans une grosse noix de beurre salé. Quand c'est bien confit, rajouter le reste de la
demie livre de beure, continuer à cuire à feu doux en mélangeant sans cesse jusqu'à ce que le mélange prenne une jolie couleur dorée.
Chacun nappera sa tranche de farz noir avec ce léger liquide. (y'en a qui mange le farz en tranches, d'autres qui le preferent émietté).
Bref, ça remplit son homme, et il ne faut pas oublier que nos ancêtres, apres ce frugal repas, s'en allaient planter des menhir ou vaporiser des legions romaines ...

TSF36 10/09/2014 20:24



Salut JL


Je retiens ton aimable invitation pour ma prochaine expédition en Breizh Izel. Mais il est vrai que j'ai fait seulement une brève incursion (au pas de course) dans ton coin et que je n'ai pas
chômé ces quelques jours. A suivre sur le blog quelques calvaires, quelques sommets montagneux d'Arrée, un marais diabolique où se situe l'entrée des enfers, et une île tropicale .... C'est un
dur métier, touriste 


En tout cas merci pour ton vibrant éloge du Kig ha Farz. Je vois que tu es un fin connaisseur !


OK pour la recette du lipig, ça n'a pas l'air trop compliqué et en plus c'est super diététique ; ça peut même accompagner éventuellement le pâté berrichon ...


Vive la Bretagne (et le Berry) libres 



Duszka 10/09/2014 10:00


Je veux bien croire que ça se mange sans faim, mais à voir les ingrédients je me dis qu'une petite faim ne serait pas de trop. Fort belle balade dans une atmosphère si loin du Berry où je suis
immobile. J'adore ! MERCI. Partager est le fait d'une belle âme !