Eloge du machinisme agricole

Publié le par TSF36

 

Parmi les très nombreux musées berrichons, il en était un que je n’avais pas encore visité (et qui figurait d’ailleurs sur ma liste des 99 choses à voir avant de mourir). Il s’agit du musée du machinisme agricole situé à Prissac, une obscure bourgade du Sud Ouest de l’Indre où personne ne va jamais vu qu’il n’y a rien à y faire hormis visiter le musée susnommé.

Il faut dire que l’agriculture ne m’a jamais beaucoup passionné. La campagne a toujours été pour moi un lieu agréable pour se balader, respirer l’air pur, observer la faune et la flore mais certainement pas un lieu pour travailler.

Cette visite fut donc une révélation : il y a aussi eu, de tous temps,  des hommes qui travaillaient la terre et d’autres hommes qui ont inventé de merveilleuses machines pour faciliter leur travail. De superbes machines aux couleurs vives, avec des roues, des engrenages, des courroies, des bras munis de griffes, parfaitement adaptées à leur usage, d’une beauté parfaitement fonctionnelle.

Ce dut être le même éblouissement pour Darius Milhaud, compositeur français du groupe des  six, qui, après une visite au salon de l’agriculture, composa un cycle de six mélodies intitulé « Machines agricoles » aux titres improbables : 

1) La Moissonneuse Espigadora

2) La Faucheuse

3) La Lieuse

4) La Déchaumeuse-Semeuse-Enfouisseuse

5) La Fouilleuse-Draineuse

6) La Faneuse 

Ce qui est extraordinaire dans cette composition, c’est qu’il se contenta de mettre en musique des extraits d’un catalogue de machines agricoles de 1913 !

Tout à fait dans l’esprit de Marcel Duchamp, qui décida en 1914 d’exposer un porte-bouteille et de déclarer qu’il s’agissait d’une œuvre d’art, Darius Milhaud avait décidé que ces textes technico-publicitaires étaient des poèmes. L’œuvre d’art n’existe que par le regard qu’on porte sur elle.

Et il ne faut surtout pas voir dans ces mélodies de Milhaud la moindre trace d’ironie ni de second degré. Ce n’était pas une plaisanterie musicale mais un éloge sincère du machinisme agricole. 

«  J’avais été tellement saisi par la beauté de ces grands insectes de fer multicolores, magnifiques frères modernes de la charrue et de la faux, que l’idée me vint de les célébrer », écrit-il dans ses mémoires.

Ce sera donc un double éloge du machinisme agricole ...

 

                                                                             

                                                                                     Isidorius Agricola 

 

Voici le texte (lacunaire) du merveilleux poème mis en musique par Darius Milhaud.

Merci de m'aider à compléter les mots manquants et corrriger les éventuelles erreurs.

Celui ou celle qui retrouvera le texte parfait d'origine (introuvable sur le net) gagnera (outre mon estime) une médaille du mérite agricole  !

 

                               La faneuse 

 

Le foin fané sèche en peu de temps.

Aussi la Faneuse est elle une machine inappréciable pour l’Agriculteur

Car elle lui permet de rentrer la récolte rapidement,

Le foin pouvant grâce à elle être fané aussitôt coupé.

 

Les roues dotées d’ une fourche, sont en acier,

Ce qui assure une construction solide.

La machine est commandée par des engrenages :

L’engrenage principal fixé au centre de l’essieu

Entraîne une poulie sur laquelle sont montés

Des bras portant des fourches.

Celles-ci reçoivent de cette façon

Toute la force d’entraînement transmise par les deux roues,

Une roue ………

Les foins les plus fournis ne retardent pas leur mouvement.

Chaque bras est pourvu d’un ressort boudin

……………………   de fauche

Et protège la machine contre les secousses résultant

De leur travail alternatif.

La Faneuse a une action très efficace :

Elle secoue parfaitement les andains, même humides.

Elle les dispose en amas floconneux

Qui facilitent le séchage de la récolte.

 

Au moyen de cette machine,

Le foin peut être coupé le matin,

Fané un peu plus tard

Et rentré avant la nuit.

 

 

 

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sittelle 31/08/2012 15:10


En 1919, il fallait semer et récolter; et ces fichues bonnes femmes restées planquées, à se la couler douce n'avaient pas fait grand'chose de bon pendant la guerre ! ( re-belote en 1945, la mère
d'une vieille copine se souvient d'avoir été mâ/alement écartée de l'exploitation - qu'elle avait fait prospérer - au retour de l'époux prisonnier)  Alors, il fallait des machines viriles et
mécaniques qui obéissent au doigt et à l'oeil, sans barguigner;  il y a un peu de cela, tout de même... C'est beau au cinéma, en décors d'époque, avec une belle histoire et l'avenir radieux
devant les jeunes mariés; en réalité, j'en ai un à la maison qui n'a pas que de bons souvenirs de ces temps, placé en 55 chez des Normands. Par contre je réalise que je connais bien mal Darius
Milhaud, c'est vertigineux; j'aimerais bien écouter sa "lessive" , que je ne retrouve plus dans ses oeuvres, une vraie friche   merci...


 http://claude.torres1.perso.sfr.fr/Milhaud/Works.html