Eloge des marronniers et des cognassiers

Publié le par TSF36

            C'est en marronnant qu'on fait les marronniers

C'est en cognant qu'on fait les cognassiers

(Proverbe berrichon)

 

C’est bien pratique les marronniers, pas les arbres à marrons, mais, en terme journalistique, ces sujets récurrents qui d’année en année réapparaissent à date fixe dans les media, grands ou petits. Ce Modeste Blogounet n’y déroge d’ailleurs pas, car c’est bien pratique de copier-coller un vieux sujet dont aucun lecteur n’a gardé la mémoire, étant donné qu’il n’avait rien de bien mémorable. Personne n’y voit que du feu. On change quand même une virgule par-ci par-là, conscience professionnelle oblige.

Le nec plus ultra en matière de marronniers reste néanmoins la Fête du marron à Mâron qui tombe tous les ans le troisième dimanche d’Octobre. Et cette année, sans surprise, elle tomba, sans blesser personne, à la date susdite.

Mais ce qui fut beaucoup plus inattendu cette année, c’est qu’elle coïncida avec la Fête du Coing qui se tenait, non pas à Coings comme la logique élémentaire l’eût exigé, mais à Argy, village qui ne rime pas le moins du monde avec le fruit susmentionné, bien qu’il soit tout de même dans le coin. Cette année vous allez donc échapper aux habituels jeux de mots consternants sur les marrons.

Le coing, pour les étrangers qui ne sont pas du coin, est le fruit du cognassier (cydonia oblonga), de forme intermédiaire entre la poire et la pomme (oserai-je dire cunéiforme ?) dont la maturation complète ne se fait qu’en climat méditerranéen. Ici dans le Berry, il y a bien des cognassiers mais les fruits ne parviennent jamais à maturité. Ils restent durs comme du bois, bien que très odorants, et on ne peut les consommer que sous forme de gelée, ou bien cuits comme légume d'accompagnement dans des préparations sucrées-salées. Le goût se rapproche de celui de la pomme mais en plus parfumé.

Cette célébration d’un fruit souvent sous-estimé était fort sympathique, d’autant plus que les bénéfices de la manifestation étaient destinés à la restauration du superbe château renaissance. D’ailleurs le « coing des gourmands » a fait la une de tous les media locaux, nationaux et internationaux. Même le célèbre Michel Denisot, en personne, s’était déplacé ; mais il faut dire qu’il habite dans le coin.

Donc, inutile d’en rajouter, vu que le monde entier s’est passionné pour cet événement majeur de la berrichonnitude à Argy, modeste village situé dans un coin perdu, devenu pour un dimanche la capitale mondiale du Coing.

Quelques images, néanmoins …

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Publié dans Berrichonnitude

Commenter cet article

sittelle 27/10/2012 11:35


Une recette avec des pommes ce matin ? avec un p'tit tour en Picardie ! fin diminche

Georges Pitropakis 22/10/2012 20:46


Eh bien voilà: les nèfles avaient donc été déjà ensencées, et de quelles manière!


Voilà donc un fruit qui fait les délices des élites berrichones et rhodiennes. Le miracle de Proust réunit délicieusement le Berry et les îles de l'Egée. Ceci pour pondérer un peu ma provenance
du Nord.


Mille mercis pour ces lectures délicieuses et parfumées.

sittelle 22/10/2012 19:01


Les commentateuses nordistes n'hésitent pas à franchir itou nos frontières z'internes, quitte à affronter les sortilèges berrichons et beaucerons ; en revanche... pas trop de visite au
nord  ci-joint un laisser-passer permanent en cours de validité; à signer ! allez,  bonne soirée, les
Gars du Berry !  

Georges Pitropakis 22/10/2012 16:17


Mille mercis pour cette vibrante réhabilitation di coing, mon cher Jean-Luc. Ce fruit mérite toute notre considération. S'il était possible de militer pour un autre fruit tout aussi décrié: les
nèfles... Grand merci pour eux.


 


Georges

TSF36 22/10/2012 16:48



Merci, ami Georges, de contribuer à rétablir la parité, car il y a actuellement une écrasante majorité de commentateuses et peu de commentateurs ! 


Ceci dit, les nèfles ont déjà fait l'objet d'un éloge dithyrambique l'an dernier. Yaka cliquer ici !


 


 


 



sittelle 22/10/2012 15:44


Il manque juste un canard pour la sono ?

TSF36 22/10/2012 16:34



Bon d'accord ...


"coin-coin !"


OK je sors ...



Duszka 22/10/2012 15:05


Hélas, hélas, chez nous à Gargilesse hameau des Girauds, tous les congassiers ont été boudés par des abeilles n'ayant pu jouer leur rôle à cause d'un temps détestable en fin d'hiver et au
printemps. J'adore les coings et les cuisine à la grande joie de ma famille. Cela embaume la maison. Qu'il était triste mon cognassier tout nu de fruits ! Alors, vexée, je suis allée voir les
sorcières à Bonnu... pour que l'an prochain...

TSF36 22/10/2012 16:32



Confidence pour confidence, les coings d'Argy ne venaient pas non plus du coin (pour raisons analogues on suppose) mais du Vaucluse ! Ils étaient nez en moins très bons et parfumés !