Eloge de Tulle

Publié le par TSF36

La premier aperçu de Tulle, quand on vient de Brive-la-Gaillarde, c’est le mémorial des 99 martyrs pendus en juin 1944 par la division das Reich, de sinistre mémoire. Comme entrée de ville, on trouve certainement plus gai ailleurs, et ça ne laisse présager rien de bon pour le touriste qui s’est engagé dans l’étroite vallée encaissée de la Corrèze où s’étire péniblement la capitale administrative du département éponyme, habitée par seulement 16 582 Tullistes.  On suit docilement pendant des kilomètres les panneaux « centre ville » en se demandant si ce long ruban urbain possède un centre et si on va y arriver un jour. On longe les quais bétonnés d’une maigre rivière presque à sec bordée d’immeubles sans âme s’agrippant aux collines pour finalement arriver dans l’hypercentre qu’on reconnaît à la présence incongrue d’un hideux gratte-ciel, encore plus haut et plus laid que le « building » de Châteauroux ; c’est dire !

C’est pourtant à proximité de cette tour monstrueuse que se niche la ville ancienne. Car il y en a une !

Tulle est une ville étrange qui, à défaut d’un séjour prolongé, mérite réellement le détour. Le site encaissé où elle est née ne lui a pas permis de croître par cercles concentriques au fil des siècles, comme la plupart des villes. La ville ancienne s’est développée d’abord de façon linéaire en suivant le cours de la rivière, au pied des collines. Puis on est monté progressivement à l’assaut de l’espace libre sur les collines. On a rajouté une couche de bâtiments au dessus, puis une autre encore au dessus, ce qui donne une sorte de stratification allant du style médiéval au modernisme le plus attristant. Tulle est une ville faite de bric et de broc, sans aucune cohérence, et c’est peut-être ça qui fait son charme …

En fait, si l’on prend la peine de s’y arrêter et de se balader dans la vieille ville le nez en l’air, on trouvera un patrimoine architectural d’une grande richesse. Le problème, c’est qu’en dehors de la place de la cathédrale Saint-Martin bordée de merveilleuses façades, on n’a pas beaucoup de recul pour admirer les hautes maisons médiévales de quatre étages, encastrées dans des rues très étroites et pentues  qui sont d’ailleurs souvent des escaliers. Il faut vraiment ouvrir l’œil et ne pas craindre le torticolis pour découvrir ses trésors cachés. A noter aussi le très beau théâtre et sa façade Art Déco jouxtant hélas un parallélépipède de béton des années 70.

Tulle est célèbre pour sa dentelle (le fameux poinct de Tulle), pour sa manufacture d’armes ( qui ne fait pas dans la dentelle) et pour sa fabrique d’accordéons Maugein (instrument ringard aux yeux de certaines oreilles, mais que personnellement j’aime bien). Voilà, c’est à peu près tout ce que le touriste de passage dans cette ville mal aimée peut en retenir. Ah si ! C’est également la ville où un certain François a régné pendant quelques années avant de devenir président de la république. On se demande d’ailleurs comment un président normal a pu gérer une ville aussi … anormale !


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Publié dans Pays lointains

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Commenter cet article

sittelle 25/09/2012 16:56


 j'aime bien cette ville ! et juste au pied de la belle maison photo n°  4, qui était une vraie librairie
 il faut grimper, c'est raide, mais c'est sympa ! la fabrique d'accordéons est géniale et le musée d'armement tout compte fait est passionnant; les commerçants sont de style ancien, comme
nous les regrettons chez nous. Mais nous l'avons visité plusieurs fois avec des amis ça facilite les choses. La campagne est belle; merci de la nouvelle ballade; peut-être retour par Ventadour ?
ou par là ... http://jardinducentaure.perso.sfr.fr/index.html ! à voir !