Dimanche 19 décembre 2010
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Il est vraiment triste de constater qu'aucune radio ne passe plus les disques de Mireille Mathieu. Et si parfois on entend encore parler d'elle, c'est toujours sur le ton de la raillerie par de pseudo humoristes experts en méchanceté et en bêtise. Triste époque où l'on ne repecte plus rien ...
Il est vrai que, depuis des lustres, une certaine intelligentsia s'acharne à ringardiser tous les grands artistes
d'hier au profit d'une prétendue "nouvelle chanson française".
Et pourtant, Mireille Mathieu, c'était une grande voix. Elle avait même suivi des cours de chant et elle était capable de chanter toutes les notes (sans fausse note) des chansons qu'on lui disait de chanter.
Mais, comme nulle n'est prophétesse en son pays, ce sont les étrangers, principalement les allemands, les russes et les japonais
(qui sont des gens raffinés) qui ont su reconnaître l'immense talent de Mireille Mathieu.
Chez nous, seul notre bien aimé Président, qui est un homme de goût (et qui en connaît un rayon en fait de chanteuses) est un
grand fan de Mireille Mathieu.
On se souvient de son émouvante prestation du 6 mai 2007 place de la Concorde, où elle avait entonné a capella (et sans
accompagnement) La Marseillaise et Mille Colombes pour les cérémonies du couronnement, démontrant qu'elle était aussi une chanteuse engagée. Quelle émotion ce jour là !
C'est pourquoi, en cette merveilleuse période de Noël, je tenais à rendre hommage à cette Grande Dame de la chanson française
injustement oubliée.
Il existe un disque rarissime de Mireille Mathieu que les collectionneurs du monde entier s'arrachent à prix d'or et que j'ai la
chance de posséder. C'est celui des chants de Noël, un vinyle 30 cm paru en 1968 chez Barclay.
Rappelons aux jeunes qu'en ces temps très anciens, on n'écoutait pas de CDs ni de MP3, mais des grands disques vinyles
qu'il fallait sortir avec précaution de leur pochette d'autant plus crépitante que le temps était sec (car le vinyle est électrostatique). Il fallait ensuite les poser sur le plateau d'un tourne
disque et les dépoussiérer avec une petite brosse idoine ou avec un chiffon antistatique, poser religieusement la tête de lecture sur le bord externe avant de pouvoir se délecter de la musique
qui y était gravée. On pouvait alors s'asseoir tranquillement dans son fauteuil pendant tout le temps que durait une face avant d'avoir à se relever pour retourner le disque et écouter l'autre
face. On pouvait aussi lire tout ce qui était écrit sur la pochette du disque sans avoir à se munir de lunettes grossissantes, comme c'est actuellement le cas pour les pochettes de CD.
Donc, ce merveilleux disque, sorti chez Barclay en 1968 (l'année de la Révolution) représentait sur sa couverture au fond bleu
constellé Mireille en "Mère Noël " entourée de sa famille de 14 enfants. Au verso dudit album, on pouvait lire un beau texte de Johnny Stark disant en substance :
"Ce disque n'a pas de prétention. C'est un ouvrage simple, sans fioritures, le chœur heureux d'une famille française qui ne
craint pas d'affirmer son bonheur dans une tradition millénaire ..." Quelle émouvante modestie !
Mais là où on atteint le sublime, c'est quand on ouvre l'album, découvrant une véritable crèche en relief, avec le bœuf, l'âne
gris, les rois mages, le petit Jésus et tout le reste...
Non seulement le sujet est inattendu mais son traitement en 3D est d'un réalisme époustouflant.
On comprend dès lors que ce disque, véritable oeuvre d'art, soit devenu ce qu'on appelle un "collector"...
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