Mercredi 21 décembre 2011
3
21
/12
/Déc
/2011
14:49
Le PEPSI d’Issoudun, contrairement à ce que pourraient croire les étrangers pas berrichons, n’est pas une spécialité locale de boisson brune, gazeuse et très sucrée, que les Issoldunois auraient inventée pour tenter de concurrencer le Breizh Cola (la
boisson du phare ouest) qui fait la fierté des Bretons. Non en fait, sous l’acronyme passablement capillotracté de PEPSI, il faut
entendre « Palais des ExPositions et des Sports d’Issoudun ». Et dimanche dernier, on y célébrait la truffe noire du Berry, un produit rare
et saisonnier produit par quelques trufficulteurs locaux. Vingt-cinq kilos du précieux champignon seulement furent vendus, pas de quoi concurrencer le Tricastin, ni le Périgord.
Après le passage des canifeurs et renifleurs professionnels chargés de contrôler la qualité des produits, ce
fut une belle foire d’empoigne pour les acheteurs qui se ruèrent, dès que la cloche eut sonné, sur les maigres étalages qui furent dévalisés en 20 minutes. Un délire total. Et contrairement à ce
qu’on observe sur les brocantes, personne ne marchanda, l’offre étant bien inférieure à la demande ; et tout fut vendu aux prix fixés, allant de 900 à 1100 roupies berrichonnes le kilo.
Evidemment, ce n’est pas donné, mais on peut parfaitement, sans se ruiner, s’offrir une truffe de 25 grammes qui permettra de faire un petit plat sympa et parfumé.
Les retardataires ne purent contempler que des paniers vides et se consoler en allant déguster les spécialités
culinaires à la truffe, royalement offertes à dose homéopathique dans de minuscules coupelles. Une mention spéciale pour la brouillade aux truffes. Sublime !
Cette première intrusion dans la secte étrange des adorateurs de la truffe m’a tout de même laissé pensif.
Pourquoi certains produits du terroir sont-ils idolâtrés à ce point alors que d’autres sont si mal aimés ?
Au marché de Châteauroux, j’ai récemment acheté des nèfles pour … zéro centime. Le marchand m’en a
généreusement fait cadeau. Ou peut-être voulait-il se débarrasser de ces fruits peu appétissants dont personne ne veut ?
Et pourtant elles étaient mures à point et délicieuses.
Le monde de la gastronomie est bien injuste …
Eugène Lemaigre, chroniqueur
gastronomique
Cliquez ci-dessus pour sentir le parfum de la truffe
Dernières commentations