Eloge de la langue bretonne (Meuleudi ar Brezhoneg ?)

Publié le par TSF36

Pour en finir provisoirement avec la Bretagne, bien qu’en fait il eût fallu commencer par là, un éloge de la langue bretonne s’imposait. En effet, sans la langue bretonne, la Bretagne ne serait pas ce qu’elle est. Elle n’aurait pas cette si forte identité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Bien que le touriste ne soit jamais confronté directement à la nécessité vitale de la comprendre, puisque tout le monde parle français en Bretagne, le breton est bien visible dans les noms de lieux, dans les prénoms et les noms de famille, dans la double signalisation et dans les enseignes des boutiques. On finit par s’en imprégner involontairement et on apprend vite que Kreiz Kêr, c’est le centre ville, Ty an douristed, c’est l’office de tourisme et Ty Krampoueizh, c’est une crêperie !

Le Breton est une langue celtique très ancienne, très proche du Gallois et du Cornique, et très éloignée du français et autres langues latines. Elle a failli disparaître, victime du centralisme français qui faisait tout pour en décourager l’usage, puis elle est miraculeusement ressuscitée dans les années 1960. Elle se porte maintenant à merveille et nombreux sont les jeunes, de langue maternelle française, qui l’apprennent comme seconde langue. La renaissance de la musique bretonne, dans les années 1970 a aussi beaucoup fait pour le rayonnement du breton.

Ce n’est donc plus une langue de "ploucs", mais une langue très branchée !

Bien que le Breton n’ait guère de rapport avec le français, pas plus d’ailleurs qu’avec l’anglais ou l’allemand, il appartient à la grande famille indo-européenne et on trouvera certaines parentés dans le vocabulaire. C’est une langue exotique, certes, mais nettement moins que le chinois ou le Swahili. En se bornant à une connaissance passive (car il serait prétentieux et ridicule pour un étranger de vouloir parler breton avec les indigènes qui parlent tous français !) elle reste abordable, ne serait-ce que pour apprendre modestement quelques douzaines de mots et se sentir moins bête. Aussi pour le plaisir de savoir de quoi parlent les chansons bretonnes ou la météo sur France Bleu Breizh Izel. (Amzer fall : mauvais temps Amzer brav : beau temps)

La prononciation est assez régulière, beaucoup plus simple que le français, et il suffira d’apprendre quelques règles pour le prononcer à peu près correctement. Les lettres se prononcent généralement comme elles s’écrivent. Rien de vraiment sorcier. Seul le c’h (qui se prononce parfois comme le ch allemand ou la jota espagnole, et parfois comme un h aspiré) pourra poser problème aux délicats palais francophones

Les conjugaisons ne sont pas très compliquées et il y a très peu de verbes irréguliers.

Et il n’y a pas de déclinaisons. Chouette !

Par contre, la grosse difficulté, ce sont les mutations, un trait commun à toutes les langues celtiques. La consonne de certains mots change selon le mot qui le précède. Exemple : taol (table)  >  an daol (la table). Et les règles des mutations ne sont pas simples.

Et quelle est l’utilité de ces mutations ? Est-ce pour embêter les étrangers qui essayent d' apprendre le breton?

Non, c’est simplement pour faire plus joli, pour adoucir les sonorités, bref pour que la langue soit belle, plus fluide, plus musicale. 

Car c’est vrai que c’est une belle langue. Il suffit d’écouter chanter Yann Fañch Kemener ou Denez Prigent et quelques autres grandes voix bretonnes pour s’en convaincre. Dire que le Breton a failli disparaître. Quelle perte c'eût été pour la culture mondiale ! On l'a échappé belle...

 Allez, pour conclure, une petite chanson : Karantez Vro (L’amour du pays), non pas par Nolwenn Leroy (qui le chante d’ailleurs fort bien) mais  par sa compositrice Véronique Autret et le groupe Gwalarn. Sublime !

 

 

Et pour les paroles et la traduction (indispensable) c'est ici :

 http://www.trovern.eu/Songs.php

 

Kenavo !

 

Publié dans Pays lointains

Commenter cet article

sittelle 12/06/2014 22:56


Et Alan Stivell, le meilleur !  et en français Gilles Servat, et sa Blanche Hermine...


Merci pour Karantez Vro, je ne connaissais pas. Il vous faudra aller à Lorient début août, au festival interceltique, inoubliable; et écouter les bagadou locaux qui jouent dans les écoles du
centre ville, de la vraie bonne musique !