Eloge de la dématérialisation

Publié le par TSF36

On vit vraiment une époque formidable.

Jadis quand on voulait acheter un disque entendu par hasard à la TSF, qui nous avait vraiment plu au point de vouloir en faire l’acquisition, il fallait pousser la porte des petits disquaires du coin et se mettre en quête de l’objet désiré qui ne serait surement pas disponible, sinon sur commande, ce qui demanderait des semaines.

Maintenant les petits disquaires ont tous disparu, comme les maréchaux-ferrants, comme les savetiers, les bonnetiers et autres commerces obsolètes emportés par le flot impitoyable de la modernitude. Il ne reste plus, du moins pour le moment, que quelques grandes enseignes vendant, entre autres, des disques, mais elles aussi sont vouées à une disparition prochaine.

Maintenant, parfois au hasard de l’ameublement sonore que produit la radio qu’on entend passivement en vaquant à ses occupations, il arrive que l’oreille se dresse et se mette à écouter.

Ainsi, l’autre jour, alors que j’épluchais méthodiquement des pommes de terre (Et alors ? les tâches domestiques ne sont pas dépourvues de grandeur) j’entendis une voix céleste sortant de mon vieux transistor Schneider de 1969. Je posai aussitôt l’épluche-légumes et me rapprochai du poste pour écouter attentivement. Mes oreilles n’en croyaient pas leurs yeux tellement c’était beau. C’était une voix de contreténor d’une pureté extraordinaire. C’était, de toute évidence, de la musique religieuse baroque en latin. Bach ? Haendel peut-être ?

Je ne sus qu’à la fin qu’il s’agissait du Stabat Mater de Vivaldi par Andreas Scholl. Je n’étais pas tombé très loin.

Il restait donc à me procurer cet enregistrement afin de l’écouter en boucle. Et, en 2013, je n’aurais pas besoin de pousser la porte des disquaires pour de vaines recherches. Il suffisait de demander gentiment à Google-qui-sait-tout avant d’atterrir en quelques secondes sur Youtube où cette œuvre était disponible dans son intégralité par Andreas Scholl en personne !

Il suffisait d’un petit clic pour écouter en "streaming" cette musique céleste et … totalement dématérialisée.

Une musique lumineuse pour éclairer une triste journée d’hiver.

 Ne vit-on pas une époque formidable ?

Publié dans Musique

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victor 07/01/2013 19:46


En attendant vous oubliez les pommes de terre.  La nourriture céleste, c'est une chose, mais les BF15 destinées à la nourriture terrestre que sont-elles devenues, hum ?  


Bon, allez, je vais être sérieux. J'ai vu et écouté (!)  ce été au festival de musique baroque de Beaune (21) ce même artiste chantant Haendel, Purcell et Vivaldi. Un régal ! 


Victor Bintje

Philippe Woessner 07/01/2013 14:12


Alors... on finit par aimer la musique baroque sur instruments anciens? J'en profite pour faire de la pub pour une association dont je fais parti: lors du pélerinage annuel à Riquewihr,
passez aussi à Strasbourg (le 3 mai) écouter les concertos pour orgue de Haendel par B. Alard (orgue) et la Petite Bande dirigée par S.Kuijken (excusez du peu).

TSF36 07/01/2013 15:24



Bonjjour Philippe,


Oui! ces belles oeuvres m'ont réconcilié avec Vivaldi. Je lui a même pardonné les 4 saisons que j'aime bien dans l'interprétation du Giardino Armonico !


Merci pour les infos.



Yves 06/01/2013 13:31


ce Stabat Mater est très beau, encore plus céleste est son Nisi Dominus, je posséde les deux sur un 33 T. enregistré par Decca en
1976 avec James Bowman un disque l'Oiseau Lyre.


Cliquez ici et oyez

Duszka 06/01/2013 09:50


Oui, certes, un beau début de dimanche. Merci infiniment. La tenace grisaille qui cherche à nous embrumer le cerveau n'est pas de taille. Il y a des pépites à dégoter par voie d'ordinateur pour
qui a l'oreille aux aguets.

sittelle 06/01/2013 07:17


Merci, le dimanche démarre bien... on n'en finit plus de découvrir le baroque italien; comme Falvetti que j'ai en vrai CD, avec cet orchestre belge ici en direct, sans montage ni réglages,
musiciens et chanteurs en danger; à poil dans le jargon  !


http://youtu.be/214VRk-wVQM