Eloge de la brocante des Marins

Publié le par TSF36

On dira ce qu’on dira, mais les brocantes professionnelles c’est quand même autre chose que les vide-greniers qui ont connu un développement exponentiel ces dernières années.

Certes, il y a la crise. Et loin de moi l’idée de jeter la pierre aux particuliers qui essaient de gagner quelques roupies en se débarrassant d’objets inutiles qui peuvent être utiles à d’autres victimes de la crise, d’autant plus que cela contribue à lutter contre le gaspillage, en donnant une seconde vie à des objets qui sinon cela finiraient à la déchèterie. Les vide-greniers (qu’on devrait plus judicieusement nommer vide-armoires ou bourses aux vêtements et aux jouets en plastique, électroménager, ustensiles de cuisine) s’inscrivent dans une démarche écologique parfaitement vertueuse.

Par contre, les amateurs d’art, d’objets anciens ou insolites, bref d’inutile, trouveront rarement leur bonheur dans ce genre de manifestation, où les objets les plus anciens remontent tout au plus au début du XXI è siècle !

Pour espérer trouver l’objet de son désir, il n’y a que les vraies brocantes, c’est à dire celles réservées aux professionnels qui ne déballent pas n’importe quoi. Car les brocanteurs, qui ne sont pas des imbéciles, opèrent un tri judicieux dans les objets qu’ils exposent. Ils nous épargnent la vue des vêtements d’occasion et des jouets en plastique, cocottes-minute et autres objets peu antiques. Certes, quand ils ont des beaux objets, ils n’en font pas cadeau, mais au moins on a le plaisir de les admirer, faute de pouvoir les acquérir.

Parmi les brocantes professionnelles les plus renommées du Berry, celle dite « des Marins » est incontournable. Crée en 1968 (l’année de la révolution) dans l’Avenue des Marins, elle a su traverser les décennies avec une réputation qui, malgré des hauts et des bas, s’est maintenue jusqu’à nos jours. Chaque année, début Octobre, c’est la reprise après la pause estivale et les chineurs, en foule,  y déboulent dès potron-minet, armés de lampes électriques et d’espérances folles.

Les espérances seront souvent déçues, mais qu’importe. On aura au moins eu le plaisir de voir de beaux objets qui ne sont pas laids, des vieilleries qui ne sont pas jeunes, des curiosités très curieuses, et des choses insolites qu’on ne voit pas habituellement.

Ce matin, l’objet qui a le plus attiré l’attention était certainement cette sirène faite d’un vieux mannequin aux cheveux de filasse habillé de coquilles Saint Jacques, ayant peut-être servi jadis de décor pour un restaurant, ou pour une poissonnerie. Une œuvre d’art  kitchissime que personne ne songerait à acheter, mais que tout le monde photographiait … bêtement.

 

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sittelle 08/10/2013 10:51


La pauvre p'tite Danoise attend son coursier, elle est à Longchamp !