Ceci n'est pas un poème ...

Publié le par TSF36

Non, c’est un miracle ! Ecrit par un gamin à l’âge de  17 ans. On peine encore à le croire.

Des vers inspirés, flamboyants, pleins d’images et de musique, écrits dans un moment de grâce et de génie.

Un génie qui, par la suite, devait le quitter définitivement. En effet, Rimbaud cessa d’écrire à l’âge de 20 ans et mena une vie aventureuse en Orient et en Afrique avec la seule obsession de s’enrichir, même en devenant trafiquant d’armes. Un destin médiocre en somme pour celui qui est actuellement considéré comme un de nos plus grands poètes.  Il mourut à 37 ans, ayant renié le meilleur de lui même : sa poésie. Il dut se contenter d’une gloire posthume !

 C’est là tout le « mystère Rimbaud », étoile filante au firmament de la poésie…

 

Voici donc une lecture du Bateau Ivre qui n’était pas encore disponible sur le web, celle que Sacha Pitoëff enregistra jadis sur disque microsillon. La présente version est tirée d’un disque 33 tours Adès consacré à Verlaine et Rimbaud, qui à ma connaissance n’est pas disponible en CD. Ayant eu la chance d'avoir un exemplaire pratiquement neuf de ce disque entre les mains, en voici une transcription numérique.

La diction de Sacha Pitoëff est parfaite, de même que son interprétation particulièrement sobre qui s’accorde idéalement à l’esprit du texte. Pas de grandiloquence, pas d’effets théâtraux, tout est en retenue et en sensibilité ; il est aux antipodes de ce qu’avait commis Gérard Philippe, pourtant merveilleux interprète dans d’autres registres. Egalement aux antipodes de la version parlée-chantée de Leo Ferré avec gros effets et gros orchestre très décevante de la part de Ferré qui avait pourtant livré de très belles interprétations d’autres poèmes de Rimbaud …

Pour s’accorder à la sobriété de la lecture, la « mise en images » que j’ai faite est également très sobre, se limitant à afficher blanc sur noir le texte original. Pas d’images, pas de musique (ou si peu) qui viendraient distraire de l’essentiel : le texte sublime de Rimbaud.

 

 

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Bonus : Un peu frustrant ce si court extrait de la Mer de Debussy ? je sais, mais c'était fait exprès pour encadrer discrètement le texte sans interférer avec lui.

Voici donc, non pas une, mais deux versions de cette troisième partie de La Mer  "dialogue du vent et de la mer" !

La première, bien connue, pour orchestre par Charles Munch

La seconde pour deux pianos par Christian Ivaldi et Noël Lee. C'est d'ailleurs les 3 mouvements de La Mer dans leur intégralité ! 23 minutes de bonheur ...


 

 

 

 

Publié dans Poésie

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sittelle 09/11/2012 23:01


Oui c'est bien cela; mais il faut bien des années pour entrer dans ces images et le  poète était lui, bien jeune; il avait peut-être sorti quasiment tout son génie en une seule oeuvre et
l'avait compris, d'où sa vie ensuite ? 

sittelle 09/11/2012 20:14


Et dire qu'en terminale philo, durant l'heure de français facultative, le prof avait tenté de nous "expliquer" ce chef-d'oeuvre... Texte graphique pur,  Debussy, du bonheur; mais des
couleurs et des images fugurantes, qu'il faudra saisir et mettre en une sorte de sténo picturale colorée. Merci à vous


Et je note le cher Denis Manuel parti bien trop tôt lui aussi

TSF36 09/11/2012 22:04



Il ne faut peut-être pas tenter d'expliquer le "Bateau Ivre" qui reste un profond mystère. Ce sont des mots, des images qu'on prend en pleine figure si on est accordé sur la bonne fréquence.


Idem pour La Mer de Debussy. Il n'y a rien à comprendre. Soit on prend la mer ou on reste sur le quai ...



Duszka 08/11/2012 14:35


Un vrai trésor. Quel cadeau ! MERCI !