Back from Black Perigord

Publié le par TSF36

Le Berrichon, en général, ça voyage pas beaucoup. On compte en effet très peu de grands explorateurs ou de grands navigateurs berrichons qui aient laissé une trace dans l’Histoire de l’humanité.

Normal, quand on a le rare privilège d’habiter le centre de la France (qui est, comme chacun sait, le centre du monde), un pays de cocagne où le fromage de chieuve et le vin blanc de Valençay sont classés AOC, on n’éprouve pas le besoin d’aller chercher ailleurs le paradis qu’on a sous la main, sous le nez et sous les pieds. Comme l’a écrit un philosophe berrichon, "  le tourisme, c’est l’art de transporter des gens qui seraient bien mieux chez eux dans des endroits qui seraient bien mieux sans eux ". Et, de cela, les berrichons sont intimement convaincus. D’où leur caractère profondément sédentaire, pour ne pas dire casanier.

Il est cependant quelques rares aventuriers de l’extrême, comme votre humble serviteur, qui éprouvent parfois l’impérieuse nécessité de franchir les frontières du Bas Berry et d’aller dans des pays lointains pour voir ce qu’il y a de l’autre côté, pour voir s’il y a aussi du vin et du fromage chez les peuplades étrangères.

C’est ainsi que, profitant d’un superbe début de Septembre, je m’aventurai, au péril de ma vie, vers le Grand Sud, encore plus au sud qu’Argenton sur Creuse, encore plus bas que Crozant.

A plus de 200 kilomètres de Châteauroux, au cœur du Périgord Noir !

Le Périgord, c’est un pays étrange. On y parle encore le français, mais l’anglais a tendance à y devenir la première langue. Pour le moment, tout y est écrit dans les deux langues. Exemple vu dans une grande surface de Sarlat : White Wines / Vins Blancs. Ouf ! Les ceusses qui parlent pas la langue du chat qu’expire peuvent encore s’y retrouver dans le pinard, qui ne se vend pas encore à la pinte, ni au gallon, Dieu merci.

Il paraît que du temps de la guerre de Cent Ans, cette province fut le terrain de luttes acharnées entre les Périgourdins et les meschanz angloys. On leur avait pourtant bien fichu la pâtée à l’époque, mais ça n’a servi à rien puisqu’ils sont revenus en force et qu’ils occupent maintenant à plein temps cette belle région située seulement à quelques centaines de miles, à quelques heures d’avion de la perfide Albion.

Bon, trêve d’anglophobie primaire ! En fait, je les aime bien les anglais et le fait qu’ils aient élu domicile en Périgord est plutôt une preuve de leur bon goût et une reconnaissance de la douceur de vivre française particulièrement sensible dans cette région. D’ailleurs, ils s’intègrent bien à la population locale et il y en a même, paraît-il, qui parlent quelques mots de français. Un effort méritoire qui mérite d’être signalé !

Ceci dit, le Périgord, c’est quand même un beau pays. Le Périgord noir, ainsi nommé parce qu’il est très vert, bénéficie de paysages harmonieux, d’un climat agréable, de superbes vallées encaissées bordées de villages escarpés, de bastides, de châteaux. Rien à proprement parler de grandiose. Non tout y est à l’échelle humaine et le charme périgourdin fonctionne parfaitement.

Surtout en septembre, quand les hordes des juilletistes et des aoûtiens ont déserté les lieux pour le plus grand bonheur des septembriens qui sont, comme chacun sait, des touristes nettement plus civilisés…

(à suivre / to be continued)

Publié dans Préhistoire

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