Ornithologie : Loizeau rare ...

Publié le par TSF36

Je ne sais plus si c’était sur France Inter, France Musique ou Radio Classique, mais ce n’était pas sur Fun Radio ni sur Skyrock, (stations que j’écoute rarement !)

En tout cas, quelle ne fut pas ma surprise, hier matin, d’entendre une mélodie de Fauré que je connaissais bien, mais chantée par une petite voix frêle et charmante apparemment plus habituée à la variété qu’au répertoire de la mélodie classique. Surprenant, mais nullement désagréable, et j’attendis, toutes affaires cessantes, l’oreille scotchée à mon poste de TSF portatif à transistors que l’annonceur daignât annoncer enfin le nom de l’interprète, et satisfaire ma curiosité. Ce qu’il fit …

Eh bien, je vous le donne en mille, il s’agissait d’une dénommée Emilie L'oiseau. Un nom qui ne m’était pas inconnu, mais dont j’eusse bien été en peine de citer une seule chanson.

L'oiseau, l'oiseau ? demandai-je à Google Celui-Qui-Sait-Tout. Il me répondit que j’étais un ignorant et un analphabète. Chacun savait, en effet, qu’ Emily Loizeau (avec un Y et avec un Z) faisait partie des étoiles montantes de la nouvelle chanson française, qu’elle avait enregistré cette mélodie de Fauré, intitulée Tristesse sur le disque " D’1 siècle à l’autre " et qu’on pouvait l’écouter sur My Space à l’adresse suivante :

http://www.myspace.com/melodiesfrancaises

Merci Monsieur Google ! Ce qui me permit de ré-entendre Loizeau en question. Certes la voix est frêle parfois à la limite de la fêlure mais elle suit scrupuleusement la mélodie. L’accompagnement de piano est également celui de Fauré et les autres instruments qui entrent ensuite en jeu savent rester discrets dans un arrangement légèrement pop mais très sobre.

Ca reste du Fauré et ça démontre que de la mélodie classique à la chanson française de qualité, il n’y a pas un si grand abîme. Tristesse, opus 6 N°2 de 1876 est néanmoins une œuvre mineure, tout à fait strophique et ne demandant pas de grandes qualités vocales et il est fort heureux qu’Emily Loizeau ne se soit pas attaquée à des chefs d’œuvre comme " Mirages " opus 113 de 1919 ni, a fortiori, à " L’horizon chimérique " opus 118 de 1921.

Maintenant, voici une interprétation classique de cette mélodie par Gérard Souzay qui fut l’un des plus grands interprètes de Fauré . Evidemment c’est autre chose :

http://perso.wanadoo.fr/deschatre/tsf36/15-Tristesse.wma

 

Le texte de Théophile Gautier, pris au premier degré est certes d’un romantisme un peu larmoyant, mais grâce à Fauré, il se trouve merveilleusement tempéré par la partie de piano (qui n’est pas un simple accompagnement mais une partie d’importance égale à celle de la voix) En réponse aux accents pathétiques du jeune homme désespéré, que sa petite amie a quitté, le piano est un grand frère consolateur qui, sur un rythme léger de barcarolle, semble lui dire que ce n’est pas très sérieux et que la vie est belle ! Comme un sourire à travers les larmes. Il n’y a jamais chez Fauré de gravité à laquelle ne succèdent pas la joie et la sérénité.

Publié dans Zoziologie

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