Le nouveau berger et le mouton rose

Publié le par TSF36

Au siècle dernier, dans la province du Berry, entre Nohant et La Berthenoux, vivait un paisible troupeau de moutons gardé par un brave berger. Comme ce brave berger se faisait vieux, il sentit qu’il était temps de confier à son fils la garde de son troupeau. Le fils, un jeune ambitieux aux dents longues, fraîchement émoulu de l’Ecole de Bergerie de La Châtre, s’adressa alors aux moutons en ces termes :

" Mes chers moutons, maintenant c’est moi qui vais vous reprendre en main et je vous promets un changement radical. Tout d’abord, sachez que désormais il va falloir être productifs. J’aime avant tout les moutons qui se lèvent tôt. Certes, ils seront tondus comme les autres, mais je reconnaîtrai leur mérite et ils gagneront mon estime "

Bêêêêê Bêêêêê répondirent en chœur les moutons, ce qui en langue ovine signifie "  Vive notre nouveau berger ! "

Le nouveau berger continua son discours :

" Pour assurer votre sécurité, mes chers moutons, je recruterai des gros chiens aux dents aussi longues que les miennes et je renforcerai la clôture, afin de vous mettre à l’abri des loups, des ours, des lions et autres racailles. "

Or, parmi ce troupeau à la toison immaculée, il y avait un mouton rose. Ce pauvre mouton rose, terriblement complexé par rapport à ses congénères, avait cependant un quotient intellectuel nettement supérieur et un individualisme peu commun parmi la gente ovine. Il interrompit le nouveau maître en ces termes :

Eêêêêêêb Eêêêêêêb, ce qui peut se traduire ainsi :

" Mais, notre sécurité n’est pas menacée ! Faut pas nous prendre pour des pigeons ! Il n’y a pas d’ours ni de loups dans le Berry. Et encore moins de lions ! "

" Il n’y en a pas pour l’instant, mais il pourrait y en avoir ", reprit le berger. "  De toute façon, j’appliquerai ces mesures sécuritaires pour le bien du troupeau, car j’aime tous les moutons y compris les moutons roses "

Bêêêêê Bêêêêê répondirent en chœur les moutons, à l’exception du mouton rose qui n’était pas dupe.

 Et c’est ainsi que le troupeau entra dans une ère nouvelle de travail, de mérite, de sécurité et de tonsure...y compris le pauvre mouton rose, hélas trop minoritaire, qui garda néanmoins … sa liberté de penser.

(Conte traditionnel du Bas-Berry, traduit du berrichon par J.L.F.)

 

Publié dans Politique

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Isidore Ledoux 19/05/2007 20:56

Ah ! Que c'est beau un "grand silence frisé" !
Surtout dans ce contexte moutonneux et moutonnier ;-)))

Ellie 16/05/2007 22:44

Un p'tit coucou puisque c'est gratuit. Et je m'en vais dans un grand silence frisé.
Mais je reviendrai, sur la pointe des pieds.
Puisque c'est gratuit.
^^

Victor 12/05/2007 09:57

Bonjour
En bourgogne,étonnement,on raconte à peu près la même histoire.La seule différence, c'est que le boeuf (bourguignon bien sûr...)remplace le mouton...
Victor

Roselyne 12/05/2007 09:32

Un mouton qui a de la jugeotte !

le bloggueur de service 11/05/2007 20:31

Bah, 5 ans de droite décomplexée (ou 10 ans selon Charlie Hebdo !) c'est pas la mer à boire. Après ça, on sera mûrs pour une droite pure et dure. Et on aura peut-être enfin une belle blonde comme présidente, dont le prénom plaira certainement aux marins !!!!!!!

JL
toujours optimiste

Jean Luc Fournier 10/05/2007 18:30

Par là ou j'ai mal, je n'entends pas grand chose, Jean Luc ...

Mais bien evidemment, moi aussi je respecte l'autorité, je suis tres respectueux d'ailleurs, je me prosterne et je tends l'autre joue.

faudrait voir à pas rigoler, non plus ...

JL
qui emmenage son sous sol pour y cacher des socialistes ...

Le bloggeur de service 09/05/2007 20:33

Je ne vois pas ce que tu entends par là, Jean-Luc ! Ce conte fait partie du folklore local berrichon et je me suis contenté de traduire en français moderne. Toute ressemblance avec des personnages ou des situations réelles ne saurait être que pure coïncidence !!!!!!!!!!!
JLF
Mouton respectueux de l'autorité

Jean Luc Fournier 09/05/2007 19:28

Salut à notre poete Berrichon.

Je connais bien cette histoire.
Si je peux me permettre, Jean Luc, ta trop grande pudeur t'a fait occulter certains passages un peu légers, en particulier celui ou les moutons s'aperçoivent, mais un peu tard, que l'intromission d'un corps etranger, même avec des produits gras, est ma foi bien désagréable, et celle ou ces mêmes moutons s'aperçoivent que pour diner avec le diable, ils n'ont pas choisi une cuillere assez longue ...

Le mouton rose ci devant a décidé de ne plus se déplacer aux urnes, puisque la majorité du troupeau s'estime tres heureuse de son sort, et en redemande ...

JL Fournier
Mouton resistant

alain hautier 09/05/2007 01:06

oh ! 20/20