Clés pour une approche de "Merveilles de chine"

Publié le par TSF36

5 épisodes de " merveilles de chine " + 2 épilogues. Tout çà gratuit, pour pas une roupie … et pas un seul commentaire ! Je suppose que personne parmi les 3 pelés et 4 tondus qui lisent ce blog, n’a compris le vrai sens de l’histoire. Ou alors tout le monde a compris et personne n’a jugé utile de le faire savoir !

Tant pis, je m’y colle et je vais faire moi-même le commentaire.

 

Merveilles de chine est en effet une de ces œuvres qui malgré leur apparente simplicité peuvent se lire à différents niveaux.

Tout d’abord, on peut y voir la petite histoire rigolote du chineur qui ramasse des merveilles invraisemblables et qui se réveille brutalement en réalisant que ce n’était qu’un rêve. Bon d’accord, c’est amusant, mais çà fait partie des vieux poncifs et des scénarios les plus éculés des séries B.

Mais, à y regarder de plus près, on s’aperçoit ensuite que le récit possède une autre dimension plus subtile, plus symbolique dont les implications dépassent de loin le caractère anecdotique de l’histoire.

Le choix des couleurs récurrentes est loin d’être innocent : la couleur bleue est omniprésente dans la première partie du récit. Le premier marchand rencontré sur la brocante des Marins a une 4L bleue. Il dépose ses objets sur une bâche bleue. Lui-même est un bleu , puisqu’il ignore la valeur de sa marchandise et semble être un parfait débutant en matière de brocante. Les lampes du poste de TSF sont bleues…

Le bleu symbolise ici l’aspiration de tout homme vers l’azur, vers un idéal inaccessible.

Dans la seconde partie du récit, l’atmosphère change radicalement, avec un passage brutal au noir : le 4 x 4 du second marchand est noir. Il dépose des objets sur un velours noir. Il a une barbiche noire. Et, c’est dans cet environnement sinistre qu’apparaît l’objet maléfique, l’Iris Noir, un objet dont l’existence est très improbable. L’auteur le compare d’ailleurs au monolithe de 2001 l’Odyssée de l’Espace, qui est , selon moi, un trou noir dans lequel s’abolissent toutes nos notions familières sur l’espace et le temps.

Les lecteurs les plus érudits auront tout de suite compris que le marchand à barbiche pointue n’est autre que le Malin (le Diable), essayant d’acheter l’âme du narrateur en le tentant par des promesses mirifiques de pouvoirs contre nature. C’est le mythe de Faust qui resurgit, plus ou moins modernisé. C’est aussi une réminiscence de l’ " Histoire du Soldat " de Ramuz, mise en musique par Stravinski, dans laquelle le Diable échange au soldat son petit violon (qui avait aussi une âme !) contre un livre magique qui permet de savoir l’avenir.

Dans l’épilogue pessimiste, la couleur noire est encore omniprésente. Il fait nuit noire quand le narrateur se réveille au son des informations très sombres de la radio. Il se rase (au sens propre et au figuré symbolisant l’ennui) en ruminant des idées noires.

Dans l’épilogue optimiste, on assiste au retour en demi-teinte de la couleur bleue. Le ciel est teinté d’azur pâle mais prometteur. Il évoque la prophétie de France Bleu Berry et la dernière phrase qui s’achève sur " la mer bleue de Chine " (avec enfin un C majuscule pour Chine) renvoie, avec des termes presque identiques, au début du récit qui pourrait alors se répéter à l’infini…

La puissance du hasard qui est évoquée à plusieurs reprises, est l’idée principale du récit. La théorie du Chaos et l’ " effet papillon " sont les moteurs principaux de la chine, et de toute existence sur cette planète. Le chineur, et tout être humain en général peut, par divers moyens, augmenter ses chances, mais en dernier recours, ce sera toujours le hasard qui aura le dernier mot.

Donc, malgré son apparence simpliste, " Merveilles de chine " est une profonde méditation métaphysique sur le Bien et le Mal, sur les aspirations de l’homme vers un idéal inaccessible qui se butte sans cesse à la noirceur du réel. Derrière tout cela, il n’y a aucun Dieu compatissant ou malveillant, seulement la force implacable d’un hasard aveugle et sourd.

J.L.F. critique littéraire berrichon

 

Publié dans Littérature

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Philippe 27/09/2006 10:26

Il y a encore de la moquette dans le Berry ou Jean-Luc a tout fumé ?

Jean Luc Fournier 10/09/2006 15:11

Salut, JL

Pour les commentaires, tu as quand même été servi sur radiomaritime.com, et je te remercie de nous avoir choisi comme tribune ...
;-))))))

Mais t'es sur que de pareils noeuds au cerveau sont une saine activité pour un dimanche ?

En tous cas, on s'est bien marrés ...

Bon dimanche !

No china this week end in deep Berry ?

JLF

Pierre 10/09/2006 15:07

J avais pris ton histoire au premier degré !!
je m attendais pas a un piege , salut Pierre