Esquisses pittoresques du Pays d'Oc : Albi

Publié le par TSF36


Michelin a écrit dans le Saint Livre Vert : "Albi est une ville fascinante, au charme fou, dont le rouge de la brique se reflète dans les eaux vert émeraude du Tarn". Michelin lui a d'ailleurs attribué trois étoiles, ce qui n'est pas rien.
Albi c'est en fait une ville rose, mais sans les inconvénients de la grande Ville Rose qui n'est pas très loin. Une petite ville aux dimensions modestes où l'on peut encore stationner gratuitement, ce qui devient rare et mérite d'être noté. Une petite ville qu'on redécouvre avec ravissement à chaque visite.
Maintenant l'immense grue qui défigurait le centre historique a disparu avec la fin des travaux de restauration du palais de la Berbie et le paysage urbain a retrouvé sa ligne d' horizon familière.

On peut enfin admirer Albi sans pollution visuelle, avec son imposante cathédrale en briques abritant dans ses entrailles de merveilleuses dentelles de pierre.
Albi avec son musée de peinture consacré à Toulouse-Lautrec, avec son petit cloître Saint Salvy aux allures de patio andalou, havre de fraîcheur pour s'abriter des canicules albigeoises, avec ses longues promenades au bord du Tarn où glissent les gabarres paisibles, avec son Pont Vieux, avec son Pont Neuf.
Albi avec son petit musée à la gloire de Lapérouse, grand navigateur disparu mystérieusement à l'autre bout du monde, avec sa pâtisserie Gally aux horaires d'ouverture sporadiques, célèbre pour ses délicieux croquants aux amandes.
Albi avec ses petits restaurants dont les tables coquettes, croulant sous les cassoulets, les confits de canard et les bouteilles de Gaillac, débordent sur les pavés des rues piétonnes  bordées d'antiques demeures de bois et de briques roses merveilleusement préservées.
Albi avec ses couchers de soleil sur Sainte Cécile contemplés de la terrasse de l'Auberge du Pont Vieux un verre de Gaillac perlé à la main, en méditant sur les temps anciens de la Croisade contre les Albigeois ...
Les pauvres Albigeois, autrement dit les cathares, avaient le grand tort de ne pas avoir la même lecture des Évangiles que celle de l'église catholique, par conséquent c'était des affreux hérétiques. Il fallait donc dans un premier temps essayer de les ramener dans le droit chemin par la persuasion (voir Saint Dominique, nique, nique) et dans un second temps, comme ils voulaient n'en faire qu'à leur tête, les massacrer en bonne et dûe forme (voir Simon de Montfort). Ce qui fut fait avec brio, notamment à Béziers,  où le massacre fut particulièrement massacrant, puis finalement à Montségur. Mais il faut dire que les Catholiques étaient beaucoup plus nombreux que les Cathares et par conséquent le match était déjà truqué au départ !
Tout ça c'était en des temps très anciens. L'humanité a fait de gros progrès depuis ces tristes épisodes dont les leçons sont édifiantes. Maintenant, chacun est libre de n'avoir pas les mêmes croyances que son voisin, et même de n'avoir pas de croyance du tout. Et plus personne n'aurait l'idée stupide d'aller massacrer son prochain au nom de la religion ..... (hmmm ?)

Enfin, Albi avec sa grande brasserie sur la Place du Vigan juste devant le jet d'eau, où lorsqu'on demande un café croissant, on vous apporte - en plus -  un verre d'eau fraiche, une mini-salade de fruits frais, un gâteau sec et une addition fort légère, le tout servi avec l'accent et le sourire ... bref, toutes ces petites choses et ces grandes choses qui font le "charme fou" d'Albi.
Le Saint Livre Vert n'a pas menti. D'ailleurs il ne ment jamais. Seuls quelques hérétiques prétendent le contraire ...

                  Vue générale du Vieil Alby avec sa cathédrale Sainte Cécile


Le jubé "en dentelle" de la cathédrale


Le Cloître Saint Salvy


L'autre rive du Tarn


Le café-croissant albigeois



Publié dans Pays lointains

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Duszka 08/09/2009 22:49

Autre "ville rose" que je n'ai pas visitée, hélas. Merci de nous y emmener si joliment.