Pas de miracle à Pellevoisin …

Publié le par TSF36

Ce matin, c’était le traditionnel marché-brocante de Noël à Pellevoisin, petite bourgade du Bas-Berry célèbre pour les apparitions miraculeuses (et homologuées) de la Vierge en 1879. Le lecteur curieux pourra approfondir la question en allant sur ce site : http://www.total.net/~erger/index.htm

Personnellement, je suis plus que sceptique, croyant qu’il y a toujours une explication rationnelle, scientifique ou psychologique à ce genre de chose et que les interprétations religieuses appartiennent à un temps définitivement révolu… Mais je n’en dirai pas plus, des fois que la Sainte Inquisition lirait ce blog . Je n’ai pas envie de finir sur le bûcher !

Adonc, il faisait un froid de 6 Berrys (1) quand j’y débarquai et le clair de lune gibbeuse dans le pâle azur d’une nuit glaciale s’estompait doucement à l’occident alors que le soleil se hissait paresseusement à l’horizon oriental, parvenant à peine à réchauffer l’atmosphère de cette ultime brocante de l’année. Seuls les grands braséros des grilleurs de saucisses et d’andouillette ainsi que le vin chaud coulant à flots dans les gobelets en plastique apportaient une note chaleureuse à cette froidure aigüe qui piquait vivement les oreilles bleuâtres ou verdâtres des oublieurs de bonnet, couvre-chef désormais obligé du chineur hivernal…

Le givre couvrait de dessins abstraits tous les objets exposés, embellissant même les pires affreusetés innommables que les exposants étalaient à la vue des rares chineurs matinaux , mais on avait même pas l’idée d’ouvrir la bouche pour demander les prix et marchander, de peur que les paroles ne gelâssent et qu’il fallût les faire fondre pour comprendre son interlocuteur (2)…

Inutile de dire que le miracle de Pellevoisin ne se produisit pas ce matin et qu’il n’y eut pas la moindre apparition du moindre Horace Hurm (le Saint Graal du sans-filiste). Pas même le moindre Vitus ni le moindre Ducretet à lampes externes, internes ni même demi-pensionnaires !

C’est ainsi qu’ une fois de plus je regagnai la capitale du Bas Berry, la mine piteuse et l’oreille basse (et bleue en plus !) mais nullement découragé en me disant qu’au royaume de la chine, les miracles ont statistiquement plus de chance de se produire si on se lève tôt que si on reste au lit.

Une profonde pensée philosophique qui, à défaut de la Muse, m’habite.

JL oiseau berrichon du matin

 

1) Unité locale de température équivalent à – 6 degrés Celsius

2) Les lecteurs de Rabelais, ainsi que ceux de l’Histoire illustrée du phonographe de Daniel Marty comprendront cette allusion littéraire.

3)Non, il n’y a jamais de contrepèteries sur mon blog. Ne cherchez pas. C’est pas le genre de la maison !

Pellevoisin, par un froid matin de chine .....

Publié dans normalitude

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