Le côté obscur du rock

Publié le par TSF36

Never mind the bollocks par les Sex Pistols (1977)

Avec cette autre œuvre incontournable, nous voici à 100 années lumière des excursions interstellaires et planantes de Pink Floyd, dont les membres étaient plutôt gentils et polis, malgré leurs cheveux longs ! 

Retour sur terre avec le cynique Johnny Rotten et sa bande de punks teigneux. Ici, on ne fait pas dans la dentelle. Les guitares ne font pas dans la virtuosité. Un rythme d’enfer et des guitares saturées sur trois accords. La volonté affichée de rompre radicalement avec le rock sophistiqué, dit progressif qui fleurissait à l’époque. Le rejet de la culture hippie de la génération précédente, le rejet de la société, le rejet de TOUT.

Des textes corrosifs mi chantés, mi hurlés sur une ligne mélodique quasi-monocorde.

Voici un petit échantillon du sublime " God save the Queen " :

" God save the queen we mean it man

there is no future in England's dreaming

No future for you No future for me

No future no future for you "

La pauvre reine d’Angleterre, à l’époque, n’avait guère apprécié cette version de l’hymne national ! Et pourtant, si on lit les textes, on doit bien reconnaître qu’ils ne contiennent pas de message politique sérieux. C’est plutôt de la dérision, du cynisme, du pied de nez, du bras d'honneur sans aucune véritable idéologie. On a parlé d’anarchisme, de nihilisme à propos du mouvement punk ! Maintenant les punks, comme les hippies, se sont embourgeoisés et le " No future " appartient au passé après avoir été récupéré par la mode et le commercialisme.

Et pourtant, malgré ce minimalisme musical absolu,ce disque datant de 1977 dégage toujours une incroyable énergie même s’il s’agit d’une énergie se disant destructrice. La façon inimitable dont Johnny Rotten chante en roulant les R et en maltraitant la langue anglaise a quelque chose de merveilleux et de jubilatoire : 

" I am the antichrist

I am an anarchist

Don't know what I want but I know how to get it

I wanna destroy the passer by

'Cause I wanna be anarchy "

Bref, une musique irrésistible qui continue à exercer sa fascination, à défaut d’adhésion. La fascination du côté obscur des choses… Eh oui, il y a aussi une certaine beauté dans la destruction. On trouve déjà cela dans le Crépuscule des Dieux de Richard Wagner (1).

JL critique musical berrichon 

1) Richard Wagner était un musicien punk allemand qui avait monté un groupe à Bayreuth au XIX ème siècle. On le connaît surtout pour son opéra rock destroy " Der Ring des Nibelungen " qui est resté très longtemps N° 1 dans les charts.

 

 

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