Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau

Publié le par TSF36

Le métier de chineur n’est vraiment pas une sinécure. D’abord, le chineur doit se lever tôt le dimanche et se rendre sur les brocantes lointaines aux premières lueurs du jour afin d’être (c’est du moins ce qu’il l’espère) sur le terrain avant la concurrence. Et le réveil matinal devient de plus en plus pénible avec l’âge. Mais ceci ne serait rien s’il n’avait, de surcroît,  à subir fréquemment de cruelles désillusions au moins égales à l’espoir qu’il persiste à nourrir après des décennies de chine.

C’est ainsi que, par une pluvieuse matinée de septembre, j’atterris au Pêchereau, petite commune du Bas-Berry jouxtant Argenton-sur-Creuse. Pourtant Météo France n’annonçait pas de pluie. Escrocs !

Bien entendu, sur les 100 exposants qu’annonçait Broc-à-Brac (escrocs également !) il y en avait tout juste une petite douzaine, avec les stands recouverts de bâches en plastique entre lesquels trois ou quatre chineurs invétérés, munis de parapluies, déambulaient l’œil hagard. Encore un vide-greniers qui tombait à l’eau…

L’espoir s’était une fois de plus enfui par cette matinée de septembre sentant déjà l’automne à plein nez. Une fois de plus, ce serait un retour bredouille, l’oreille basse et la mine piteuse …

Mais tandis que je ruminais ces sombres pensées, le pittoresque du lieu vint soudain me frapper, sans violence mais avec douceur.

C’était la première fois que je mettais les pieds ici. Et le petit château, dans le parc duquel se tenait cette brocante aqueuse, m’apparut soudain splendide dans le ciel gris et sous la pluie qui ruisselait du toit de mon parapluie.

Un véritable petit bijou, ourlé de fleurs dans son écrin de verdure. On eût dit que le gris du ciel saturait les couleurs, donnait une brillance inhabituelle à l'édifice qui, sous un ciel bleu d’azur, eût semblé ordinaire. Le château du Courbat, entouré d’eau fait maintenant office de mairie du Pêchereau. Il a été merveilleusement restauré et fleuri, de même que ses dépendances. Un modeste château, un peu biscornu, à des années lumière des châteaux de la Loire, mais qui possède un charme rustique, typiquement berrichon, avec son crêpi beige et ses toits de tuiles patinées se mirant dans les douves.

C’est ainsi que je ne partis pas bredouille de ce lamentable vide-grenier déliquescent, mais avec de belles images d’un minuscule coin de Berry que je venais de découvrir par le plus grand des hasards …

 

Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau
Eloge du Château du Courbat, au Pêchereau

Publié dans Berrichonnitude, Chine

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